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Le rap français ne se mobilise plus contre la présence de l’extrême droite au second tour de la présidentielle

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Affiche de campagne officielle de Marine Le Pen
Affiche de campagne officielle de Marine Le Pen
© AFP - Martin Bertrand/ Hans Lucas

Ils étaient alors en première ligne. En avril 2002, au lendemain de la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour, les rappeurs avaient multiplié les initiatives pour faire barrage à l'extrême droite. Vingt ans plus tard, c'est le silence radio.

Dès son arrivée en France dans les années 1980, le rap s'est imposé comme une musique contestataire. Dans le sillage du punk et des gangs de chasseurs de skins, les rappeurs ne manquent jamais une occasion de dire non au racisme et de déplorer la montée de l'extrême-droite.

Quand le rap français se mobilisait contre le FN

Il y a un quart de siècle, les groupes Assassin, IAM et Ministère AMER, entre autres, s'étaient par exemple associés pour un morceau-fleuve devenu mythique : 11'30 contre les lois racistes.

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Alors, quand Jean-Marie Le Pen se retrouve au second tour de la présidentielle, c'est l'explosion. En ce mois d'avril 2002, les producteurs de "Sachons Dire Non" organisent un freestyle de plus de 10 minutes au casting VIP (Sniper, Tandem, Ärsenik, Wallen, etc.)

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La rappeuse Princess Aniès initie dans l'urgence le morceau collectif Hip Hop Citoyen.

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Stomy Bugsy et Passi reforment même le groupe Ministère AMER pour l'occasion

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Vingt ans plus tard, l'extrême droite "banalisée"

Vingt ans plus tard, la mode n'est plus du tout au bras d'honneur à l'extrême-droite. Pour la jeune garde du hip-hop, la présence de Marine Le Pen au second tour ne semble pas un sujet, ni dans leurs morceaux, ni sur leurs réseaux sociaux.

Cette génération de rappeurs est beaucoup moins politisée, comme nous le confirme le journaliste rap Raphaël Da Cruz, auteur pour Mouv' du podcast Du béton aux nuages : "En 2002, dans l'inconscient collectif du rap, l'extrême droite c'est l'ennemi principal. Depuis 20 ans, avec la banalisation des idées d'extrême droite, les rappeurs sont revenus à quelque chose de beaucoup plus pragmatique : la survie économique en temps de crise, via l'illégal ou via l'argent qu'ils peuvent gagner grâce au rap. On assiste à une forme de détachement de l'idéal politique en place dans les décennies 1980 et 1990."

"Bravo monsieur Zemmour" a même récemment osé sur Twitter la superstar Booba, partageant avec ses 5 millions d'abonnés une vidéo du leader de Reconquête !. Voilà qui crée forcément une sacrée dissonance avec la lettre écrite par Diam's en 2004, à l'attention de la future double finaliste de la présidentielle : "Marine, si je m'adresse à toi ce soir
c'est que t'y es pour quelque chose, t'as tout fait pour qu'ça foire...
"

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