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"Le Tigre et le président" : une comédie politique à éviter à tout prix selon Le Masque

Par
Jacques Gamblin et André Dussollier dans "Le Tigre et le Président" de Jean-Marc Peyrefitte (2022)
Jacques Gamblin et André Dussollier dans "Le Tigre et le Président" de Jean-Marc Peyrefitte (2022)
- Tandem films

Jean-Marc Peyrefitte opère la réhabilitation d'un des présidents les plus méconnus de notre histoire politique, Paul Deschanel, le président resté le moins longtemps à l'Élysée dont le grand rival, défait aux élections de 1920 n'était autre que Clémenceau. Les critiques se sont arrachés les cheveux.

Le film résumé par Jérôme Garcin

C'est le premier film de Jean-Marc Peyrefitte, qui s'ouvre par une scène surréaliste mais maintes fois racontée dans les livres d'histoire : cette scène d'une nuit où le président de la République Paul Deschanel (Jacques Gamblin), déraille au sens propre puisqu'il tombe du train en pyjama du côté de Montargis et qu'il va errer sur les voies. C'est par cette crise de démence et de somnambulisme que se termine son mandat qui aura duré sept mois. C'est le président de la République française qui est resté le moins longtemps à l'Élysée. Et pourtant, si on en juge par le scénario, il n'était pas si fou que cela ce Deschanel, qui l'avait emporté à la présidentielle de 1920 sur le Père de la Victoire, Georges Clemenceau (André Dussollier) très grimé.

Non seulement, dans ce film, Deschanel aurait prédit les effets désastreux du traité de Versailles, mais il aurait aussi été le partisan du droit de vote aux femmes, de l'abolition de la peine de mort, de la décolonisation. Un sujet historique assez passionnant dont le cinéaste a tiré une comédie totalement boulevardière à la Feydeau avec d'ailleurs Christian Hecq de la Comédie française, dans le rôle d'Alexandre Millerand qui succéda à Deschanel.

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Eric Neuhoff déplore "un truc vieillot comme tout"

Le critique pour Le Figaro s'est plutôt ennuyé et regrette une adaptation plus dérisoire qu'autre chose sur un sujet historique qui avait beaucoup de potentiel : "Au moins, il y a une cohérence, on découvre le héros en pyjama, en robe de chambre et le réalisateur lui filme avec des charentaises… C'est un truc vieillot comme tout. On a envie de râler parce qu'il y avait un très bon sujet au départ ! Mais le portrait de Deschanel est beaucoup trop idyllique. Le film est très, très lourdaud.

Il y a des trucs marrants quand on pense à la joute oratoire à laquelle Deschanel se livre face à son rival, mais on ne sent pas tellement ce verbe du côté de Clémenceau… On adore Dussollier, mais avec 4 h de maquillage chaque matin pour avoir cette tête-là… pour ne ressembler en rien à Clémenceau… On dirait plutôt un des deux vieux du "Muppet Show".

Pour Pierre Murat, "c'est nul et balourd"

Le journaliste pour Télérama estime que c'est un film qui, s'il prétend réhabiliter un président peu connu, offre un scenario dénué de délicatesse et de sens cinématographique : "Ce n'est pas bon du tout, c'est nul. Il s'agit de réhabiliter un président, mais le tout est accompagné d'une trop grande exagération. Le film fait de Paul Deschanel un saint laïc, ce qu'il n'était pas du tout. C'est tellement balourd…"

"Une ultra caricature politique contreproductive" selon Xavier Leherpeur

Il y a selon le journaliste de 7e Obsession, un vrai problème d'adaptation et de construction scénaristique qui gâche tout le film, qui n'est jamais à la hauteur de ses ambitions car "outre la vérité, historique ou pas, pourquoi invente-t-il ou prête-t-il autant de qualités progressives, visionnaires à Deschanel ? Pourquoi est-ce qu'il en fait une espèce d'imbécile au bout d'un moment ? Pourquoi il ne promeut pas mieux son personnage ?

Il y a une espèce d'ultra caricature des deux personnages qui tue dans l'œuf son principe narratif et dramaturgique… Si on peut relever de jolies idées, le découpage en termes de cinéma est tellement moche et nul qu'il tue même la cocasserie et le côté un peu tragico comique de la séquence !

On se demande systématiquement ce qu'il veut nous raconter. C'est trop une farce pour être un film politiquement incorrect ou pour réhabiliter une mémoire. Le film est trop historique pour être vraiment le pamphlet auquel on pourrait avoir envie d'assister. C'est un film qui est constamment contre productif".

Sophie Avon : "C'est vraiment très très mauvais"

Franchement, être allé chercher un parcours aussi pathétique, le réhabiliter et s'en moquer de cette manière-là, on se demande vraiment ce que ce film a voulu faire…

Le film est toujours très fabriqué et un peu vieillot. On se demande pourquoi le film se moque de cet homme qu'il a voulu réhabiliter ? Pourquoi il en fait un idiot complet ? Quant à Arnaud Dussolier dans le rôle de Clémenceau, il en fait des caisses, il est vraiment caricatural".

Le film

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de ce film sur le plateau du Masque et la Plume :

"Le Tigre et le président" de Jean-Marc Peyrefitte

7 min

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