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Le vaccin Janssen, la solution pour les populations les plus précaires ?

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La moyenne d'âge pour les SDF est de 49 ans ce qui ne les rend malheureusement pas éligibles au vaccin Jansen en une seule piqure
La moyenne d'âge pour les SDF est de 49 ans ce qui ne les rend malheureusement pas éligibles au vaccin Jansen en une seule piqure
© AFP - NurPhoto / Alain Pitton

Janssen aurait pu être le vaccin idéal pour faciliter la vaccination des populations précaires, dont les 350 000 sans-abris recensés par le ministère de la Santé et des Solidarités. Le vaccin de Johnson & Johnson vient de recevoir le feu vert des autorités sanitaires européennes. Mais seulement pour les plus de 55 ans.

Les associations de défense des sans-abris l'attendaient : le vaccin Janssen de Johnson & Johnson sera disponible en France dès la semaine prochaine. Son atout : il nécessite une seule injection, contre deux pour Pfizer, AstraZenca ou encore Moderna. Pour Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, ce sérum est le plus adapté aux sans-abris : "Administrer deux doses, c'est très compliqué pour des personnes qui vivent à la rue ou en campement, ou en bidonville et qui sont souvent perdues de vue". 

D'autant qu'il y a urgence. Peu de SDF ou de migrants ont été vaccinés jusqu'à présent. Sans comorbidités répertoriées et âgés de moins de 55 ans, ils ne font pas partie des populations prioritaires. Et ce, alors que leur santé est souvent déjà très fragile en raison de leurs conditions de vie. Et dans les centres d'accueil, le virus se propage rapidement. "Nous avons beaucoup de centres d'hébergement collectif, avec plusieurs personnes par chambre, où les taux de contamination s_ont très importants. Peu d'espaces permettent d'isoler les personnes. Et donc, les personnes qui y vivent sont les premières touchées_", s'alarme Fabien Gueguen. 

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Une poignée seulement de sans-abris concernés par le vaccin Janssen

En Europe, le vaccin Janssen sera autorisé seulement aux plus de 55 ans. Aux États-Unis, des cas de thrombose (huit sur 7 millions d'injections) ont été détectées. Par précaution, Janssen se pliera donc au même principe de précaution qu'AstraZeneca. 

La moyenne d'âge pour un SDF est de 49 ans. Au ministère de la Santé et des Solidarités, on le reconnaît, c'est la douche froide. Le sérum Johnson & Johnson, à une seule dose, permettait d'accélérer la campagne de vaccination, et d'éviter les absences lors de la deuxième injection. D'autant que les populations précaires sont souvent isolées et méfiantes. "Il faut faire preuve de pédagogie pour expliquer les bienfaits du vaccin. Lors des maraudes, les associations expliquent beaucoup de choses, c'est un travail de fond. Il faut aussi repérer les personnes concernées, qui correspondent aux critères d'âge. On fait dans la dentelle, mais petit à petit, on va y arriver", assure-t-on au ministère. 

Avancer pas à pas, c'est ce que préconise aussi Philippe De Botton, président de Médecins du Monde. "Il ne suffit pas de dire qu'on va les vacciner. Cela demande du temps, il faut des médiateurs. Ces personnes-là, leurs préoccupations, ce n'est pas uniquement le vaccin. C'est aussi de survivre, de se nourrir et d'avoir un toit". Médecins du Monde ne vaccine pas, mais se dit prêt à le faire "s'il est nécessaire d'aller au plus près des personnes précaires, avec qui un lien est déjà établi". 

"Des maraudes organisées d'ici l'été pour vacciner les SDF"

Ce travail de fourmi a débuté : depuis deux mois, les ARS ont envoyé des équipes mobiles dans des centres d'accueil de travailleurs en situation irrégulière. Trois milles personnes ont pu être vaccinées avec Pfizer ou AstraZeneca. Une goutte d'eau. D'ici l'été, et avec l'appui des associations, le ministère de la Santé souhaite développer des maraudes. Deux idées sont envisagées : proposer aux SDF de les véhiculer vers des centres de vaccination, ou alors de leur administrer directement le vaccin sur place. Une option de dernier recours, les autorités redoutant de perdre des doses de vaccin.