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Le variant Delta plus dangereux pour les femmes enceintes, selon une étude de l'université d'Oxford

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Une étude de l'université d'Oxford tend à montrer une plus grande dangerosité du variant Delta pour les femmes enceintes.
Une étude de l'université d'Oxford tend à montrer une plus grande dangerosité du variant Delta pour les femmes enceintes.
© Maxppp - François Destoc

Selon une étude prépubliée de l'université d'Oxford, portant sur plus de 3 000 femmes enceintes atteintes du Covid-19, le variant Delta augmente les risques de complications durant la grossesse. La meilleure arme face à la multiplication des variants semble être la vaccination.

La MFME de Martinique (Maison de la femme, de la mère et de l'enfant) a récemment enregistré des naissances prématurées chez des femmes enceintes atteintes du Covid-19, dont la situation respiratoire nécessitait la mise en place d'une césarienne. Alors que de nombreuses études montrent un risque plus important de développer des formes sévères du virus durant la grossesse, la question de la gravité du variant Delta, par rapport aux autres mutations, se pose.

Une étude "preprint" (qui n'a pas encore été revue par les pairs) réalisée au Royaume-Uni par l'université d'Oxford tend à prouver que le variant Delta augmente les risques de formes sévères du Covid-19 chez les femmes enceintes non-vaccinées. L'objectif de l'étude britannique était de comparer l'impact du variant Delta par rapport au variant Alpha, qui était dominant dans le pays jusqu'à la fin de l'année 2020, et à la première souche du virus.

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La quasi-totalité des femmes enceintes hospitalisées non-vaccinées

Il apparaît qu'au fur et à mesure de l'arrivée des nouveaux variants, le nombre de femmes enceintes hospitalisées présentant des formes graves du virus a augmenté. Entre mars 2020 et juillet 2021, la proportion de femmes enceintes hospitalisées avec des formes graves de Covid-19 est passé de 24 % (avec le variant d'origine) à 36% (lorsque le variant Alpha était majoritaire) puis à 45 % (lorsque le Delta l'avait supplanté). 

Par ailleurs, les femmes enceintes admises lors de la propagation du variant Delta ont plus souvent développé des pneumonies que lors des précédentes vagues (36,8 % contre 27,5 % avec le variant Alpha). Un tiers d'entre elles ont même dû recevoir une assistance respiratoire. L'étude observe d'autre part que sur les 742 femmes enceintes hospitalisées après le début de la campagne de vaccination, 99 % n'étaient pas vaccinées.

La vaccination semble protéger les femmes enceintes des formes graves

Les scientifiques remarquent que la corticothérapie (traitement à base de corticoïdes), pourtant recommandée par le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists, lorsque l'état de santé des femmes enceintes contaminées se détériore, a été très peu employée durant la période étudiée (14,6% pendant la période Delta). Les chercheurs recommandent donc aux professionnels de santé d'être attentifs quant à la détérioration de l'état de santé des femmes enceintes atteintes du Covid afin de leur proposer une prise en charge adaptée.

Point rassurant de l'étude, il existe un moyen de préserver sa santé ainsi que celle du bébé : la vaccination. Les médecins britanniques ont en effet noté qu'aucune femme enceinte complètement vaccinée n'a été admise à l'hôpital entre février 2021, date de début de collecte des données de vaccination, et mi-juillet 2021. 

Néanmoins, la réticence persiste chez les femmes enceintes. Au Royaume-Uni, bien que la vaccination leur soit ouverte depuis la mi-avril, 58% des femmes enceintes interrogées refusaient le vaccin par crainte pour leur santé ou celle du nourrisson, selon une étude menée par le Royal College of Obstetricians and Gynecologists. Il faut dire que les autorités sanitaires britanniques ont parfois envoyé des messages contradictoires : en fin d'année 2020, le National Health Service (NHS) préconisait encore aux femmes enceintes d'attendre le terme de leur grossesse ou le sevrage de leur enfant avant de se faire vacciner.