Publicité

Législatives dans le Loiret : Jean-Michel Blanquer peut-il gagner son pari ?

Par
L'ancien ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, en campagne à Amilly, dans le Loiret.
L'ancien ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, en campagne à Amilly, dans le Loiret.
© AFP - Guillaume Souvant

L’ancien ministre de l’Education joue sa survie politique aux législatives. Parachuté dans le Loiret, il est la cible d’attaques de tous ses adversaires dans une circonscription qui a placé Marine le Pen en tête au second tour.

"Je me suis fait avoir, c’est vrai qu’il lui ressemble !" Bruno est tombé dans le panneau. Vendredi dernier, alors qu’il se balade dans la rue commerçante de Montargis, le cinquantenaire croise celui qu’il pense être Jean-Michel Blanquer, avant de comprendre que ce n’est pas le vrai, mais un sosie. Militant EELV, Nour Durand-Raucher, devenu célèbre tant il ressemble à celui qui était encore ministre il y a dix jours, est venu prêter main forte au candidat NUPES, le communiste Bruno Nottin. Un coup de com’ bien huilé.

EELV a imprimé des tracts dénonçant le bilan de Jean-Michel Blanquer. "Malgré lui, il est devenu le symbole de la casse du service public (de l’Education nationale)" explique Nour Durant-Raucher à la meute de journalistes venus pour l’occasion qui lance à qui veut l’entendre "Je ferai à Montargis ce que j’ai fait à l’Éducation nationale". "Moi je suis prof, et Jean-Michel Blanquer je le remercie. Pendant la pandémie, il a gardé les écoles ouvertes. Dommage le prof avait le Covid, les enfants aussi" s’agace une militante.

Publicité
Le sosie de Jean-Michel Blanquer dans les rues de Montargis.
Le sosie de Jean-Michel Blanquer dans les rues de Montargis.
© Maxppp - Ph Lavieille

Première campagne en son nom pour Blanquer

"Tiens, c’est mon ministre de tutelle !" S’il fait face à quelques questions sur son bilan, une poignée d’heures plus tôt, au marché de Châlette-sur-Loing, Jean-Michel Blanquer (le vrai !) souffre plutôt d’un déficit de notoriété. Malgré cinq ans à la tête du ministère de l’Education nationale, un record, le candidat aux législatives n’est pas reconnu par grand monde. "Je ne sais pas qui c’est" confesse Eric, un tract fraichement distribué à la main. Jean-Michel Blanquer, agacé par le happening écologiste ? "Non, l’esprit satirique français c’est important. Quand j’ai défendu Charlie Hebdo c’est parce que je pense que la liberté d’expression passe aussi par la liberté de se moquer."

L’ancien ministre s’agace en revanche du procès en parachutage qui lui est fait depuis l’annonce de sa candidature. "J’ai souhaité venir ici, car il est important d’aller à la conquête de territoires qui risquent d’aller vers le vote protestataire. (…) Non, je ne suis pas né ici, mais ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est qu’est ce que je peux apporter ?" insiste celui qui ne pourra pas voter pour lui puisqu’il est inscrit sur les listes électorales dans un autre département. Et Jean-Michel Blanquer de lister ses priorités, les mêmes que celles de ses adversaires : lutte contre la désertification médicale et pour une meilleure formation de la jeunesse du Loiret.

Jean-Michel Blanquer, l'ancien ministre de l'Education nationale et candidat aux législatives dans le Loiret, à Montargis.
Jean-Michel Blanquer, l'ancien ministre de l'Education nationale et candidat aux législatives dans le Loiret, à Montargis.
© Radio France - Anne Soetemondt

Marine le Pen en tête dans la circonscription

Parachuté lui aussi, il était candidat dans le département voisin et sous une autre étiquette en 2017, Thomas Ménager, candidat RN, fait campagne sur le nom de Marine le Pen. La finaliste de la présidentielle l’a emporté au second tour dans la circonscription face à Emmanuel Macron. De quoi faire de lui le favori de cette élection ? Non. "Pour la première fois, je me pose la question, je ne suis pas sûre de me déplacer" explique Yvette, attablée à quelques mètres du candidat. Comme à chaque scrutin, le RN est suspendu à la mobilisation de son électorat.

Alors pour convaincre ses sympathisants d’aller voter les 12 et 19 juin, Thomas Ménager met en scène un supposé troisième tour. "Les électeurs ont le choix entre Jean-Michel Blanquer, comptable du bilan d’Emmanuel Macron, et moi, qui suis soutenu par Marine le Pen." Sa chance ? Une droite divisée. Le député LR sortant, Jean-Pierre Door raccroche les crampons et a mis en orbite Ariel Levy. Polytechnicien, installé dans la région "depuis le confinement" explique-t-il, le candidat estampillé LR veut croire à sa bonne étoile, malgré le score de Valérie Pécresse. "Les électeurs de droite n’ont pas disparu, il faut aller les chercher en leur parlant des sujets de fond."

Face à lui, Philippe Moreau, candidat dissident de droite, élu local qui pourrait bien lui grignoter quelques points. Jean-Michel Blanquer réussira-t-il à sauver sa peau dans cette équation politique à multiples facteurs ? "C’est très ouvert" concède le député sortant, Jean-Pierre Door.

Liste complète des candidats de la quatrième circonscription :

  • Olivier Rohaut (sans étiquette - citoyen)
  • Dominique Clergue (Lutte Ouvrière)
  • Philippe Moreau (indépendant - ex LR)
  • Sylvie Lechevalier
  • Bruno Nottin (Nupes - Parti communiste)
  • Thomas Ménagé (Rassemblement National)
  • Jean-Michel Blanquer (Renaissance)
  • Ariel Lévy (Les Républicains)
  • Alexandre Cuignache (Reconquête)
  • Romain D'Isoard de Chenerilles (Parti animaliste)