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Duels RN-Nupes : la majorité peine à définir une consigne de vote claire pour le deuxième tour

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La semaine prochaine, certains duels RN / Nupes ne verront pas de consigne de vote de LREM
La semaine prochaine, certains duels RN / Nupes ne verront pas de consigne de vote de LREM
© AFP - Sophie Libermann / Hans Lucas

Au soir du premier tour des législatives, le camp présidentiel a annoncé qu'il ne donnerait pas de consigne de vote nationale pour les duels Nupes/RN, deux forces que plusieurs représentants LREM ont mis dos à dos. Les consignes se feront "au cas par cas". Lundi, léger revirement de certains ténors.

La République en marche ne donnera pas de consigne nationale mais des consignes "au cas par cas" dans les circonscriptions où s'opposeront des candidats du Rassemblement national et de la coalition mélenchoniste Nupes lors du deuxième tour des élections législatives. C'était en tous cas la position des ténors de la majorité présidentielle avant un léger rétro-pédalage lundi matin.

"Le Front républicain contre les extrêmes"

"C'est le Front Républicain contre les extrêmes", a expliqué le parti présidentiel à l'AFP dimanche soir, en faisant valoir que "certains candidats de la Nupes sont extrêmes : ce sera en fonction de la personnalité de la Nupes qui est qualifiée, notamment si c'est quelqu'un qui a les valeurs de la République". "Mais nous ne soutiendrons aucun candidat RN", a ajouté LREM.

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Borne parle d'une "confusion inédite entre les extrêmes"

La Première ministre Elisabeth Borne n'a pas donné de consigne dans son discours dimanche soir, dénonçant une "confusion inédite entre les extrêmes" et semblant renvoyer dos à dos extrême gauche et extrême droite.

"Face aux extrêmes, nous seuls portons un projet de cohérence, de clarté et de responsabilité", a-t-elle déclaré, refusant de donner une consigne de vote en cas de duel entre les candidats du Rassemblement national et ceux de la Nupes. La Première ministre a même semblé renvoyer les uns et les autres dos à dos. "Face aux extrêmes, nous ne céderons rien", a-t-elle déclaré, évoquant une "confusion inédite entre les extrêmes", "comme cela ne s'était jamais produit dans l'histoire politique de notre pays".

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Face à ces nombreuses réactions, Elisabeth Borne a clarifié sa position dans la soirée. Interpellée sur Twitter par le candidat communiste Fabien Roussel, investi par la Nupes dans le Nord et qui avait appelé, au second tour de la présidentielle, à faire barrage à l'extrême droite, elle a répondu : " Face à l’extrême droite nous soutiendrons toujours les candidats qui respectent les valeurs républicaines. C’est votre cas Fabien Roussel. Notre ligne : ne jamais donner une voix à l’extrême-droite ."

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"Ce sont des débats locaux", dit Olivia Grégoire

Même embarras du coté de la porte-parole du gouvernement. Interrogée sur France 2 en début de soirée sur l'attitude de la majorité en cas de duel RN-Nupes, Olivia Grégoire avait d'abord botté en touche. "C'est une question qui concerne très peu de circonscriptions ", a-t-elle dit avant d'ajouter: "Ce sont des débats locaux, ce n'est pas ce soir un enjeu national".

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Lundi matin, c'est un revirement. "Pas une seule voix pour le RN" dans les 58 duels RN-Nupes, demande Olivia Grégoire.

Le ministre du Budget Gabriel Attal était sur la même ligne que la porte-parole du gouvernement dimanche soir: "Il faut qu'on attende de voir les cas de figure qui vont se présenter ou pas", a-t-il dit sur TF1. "On a toujours été très clair sur notre opposition aux extrêmes et notamment au Rassemblement national. On verra les situations locales qui se présentent, quels sont les candidats qui sont en place et il y aura des positions qui seront prises."

"L'extrême-droite est un danger aussi important que l'extrême gauche", selon Jean-Michel Blanquer

Éliminé dès le premier tour dans le Loiret, l'ancien ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a lui aussi mis Nupes et RN sur le même plan, qualifiant l'extrême gauche de "danger aussi important" que l'extrême droite : "Il y a une volonté de détruire et il y a un danger de l'extrême gauche comme il y a un danger de l'extrême droite", a-t-il déclaré après sa défaite à Montargis. Lui non plus n'a pas donné de consigne de vote et a dit regretter que "la digue démocratique, parfois, semble s'effondrer".

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"Inadmissible", "scandaleux" pour la Nupes

Ces prises de position ont soulevé la colère et l'incompréhension à gauche, alors que la majorité a pu fustiger par le passé l'attitude de Jean-Luc Mélenchon face à des duels LREM-RN, jugeant que le leader LFI ne se prononçait pas de façon suffisamment claire en faveur du candidat "républicain".

"Les écologistes se sont massivement mobilisés pour faire battre Le Pen à la présidentielle. Entendre Olivia Grégoire et Gabriel Attal refuser de donner une indication de vote en cas de duel #Nupes #RN est absolument scandaleux!", a tweeté l'ex-candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot.

"LREM n'appelle pas à battre l'extrême-droite. Cela marque une rupture des valeurs républicaines et démocratiques de notre pays", a de son côté écrit sur le même réseau l'ancien patron des Verts et député européen David Cormand.

"Renvoyer dos à dos une coalition de gauche et écolo, et un parti qui s'inscrit dans l'histoire de l'extrême droite, qui a dans son parti des gens qui étaient des néo-nazis, je trouve cela indigne", a-t-il par ailleurs déclaré sur France Inter

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Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a jugé "scandaleuse" l'intervention de Mme Borne, "quand elle cherche maintenant à expliquer qu'il y aurait deux extrêmes contre lesquelles il faudrait se battre (…). Franchement ça sent beaucoup la panique", a-t-il dit sur France 2.