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Les amandiers un film de Valéria Bruni Tedeschi, sortie en salles le 16 novembre 2022

Par
Les Amandiers
Les Amandiers
- Jérôme Prébois

A Nanterre dans les années 80, Patrice Chéreau et Pierre Romans montent une école de théâtre. Plus de trente ans après, Valéria Bruni Tedeschi réveille ces années bouillonnantes.

Résumé : Fin des années 80, Stella, Etienne, Adèle et toute la troupe ont vingt ans. Ils passent le concours d’entrée de la célèbre école créée par Patrice Chéreau et Pierre Romans au théâtre des Amandiers de Nanterre. Lancés à pleine vitesse dans la vie, la passion, le jeu, l’amour, ensemble ils vont vivre le tournant de leur vie mais aussi leurs premières grandes tragédies.

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Valéria Bruni Tedeschi raconte :

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« Cette école a été fondatrice pour moi, dans mon travail et dans ma vie. Les gens que j’y ai rencontrés, les choses que j’y ai vécues, sont toujours fortement en moi. Quelques mois après le début de l’écriture, Noémie (Lvovsky) a eu l’idée de faire des entretiens avec les anciens élèves de l’école. Je les ai recontactés un à un, on s’est retrouvé. Ça a été joyeux, j’avais l’impression étrange que le temps n’était pas passé. Ils savaient que le film serait de la fiction, qu’on allait modifier la réalité et que leurs noms n’apparaitraient pas.

Tout ça, c’est notre terrain de jeu. L’imaginaire doit s’amuser sans se censurer, sans trop d’interdits… Dans Les Amandiers, il s’agit de ma famille de travail, de ma famille artistique. Je peux dire que Chéreau est un peu mon père dans le travail.

Chéreau était moderne. Il nous a envoyé tout de suite, au tout début de l’école, là où se trouvait la modernité du jeu à cette époque : en Amérique, où était née, quelques années avant, la méthode de Lee Strasberg. La méthode de Strasberg a été pour moi comme une fenêtre qu’on ouvrait sur l’horizon, elle a été décisive dans mon travail d’actrice…

La méthode de Strasberg est accueillante, d’une certaine manière douce. La manière de diriger de Chéreau était plus masculine, plus brutale. Mais ils visaient, Chéreau et Strasberg, le même but : la vérité…

On n’a pas gardé le nom des élèves mais, après longue réflexion, on a décidé de garder les noms de Patrice Chéreau et de Pierre Romans. Même si Pierre Romans est moins connu, Chéreau et Romans sont entrés dans la légende et dans l’inconscient collectif, et on n’a pas voulu renoncer à cette légende. On n’a pas voulu non plus renoncer à l’étrangeté de cette école. L’école des Amandiers, ce n’était pas le Conservatoire, c’était une école alternative, bizarre, « pas vraiment une école ». Ces deux hommes étaient pour nous comme des dieux de l’Olympe, ils étaient très beaux, très jeunes, très charismatiques. Ils arrivaient dans un couloir et tout le monde se taisait.

Le goût du tragicomique me vient sûrement un peu de Chéreau. Il aimait beaucoup rire. Pendant les répétitions, ou sur ses tournages, on l’entendait parfois pouffer de rire, et on était content, c’était bon signe. Il n’avait pas l’esprit de sérieux. »

Les Amandiers
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- Jérôme Prébois

Noémie Lvovsky reprend :

« Grâce à la fiction, des personnes deviennent des personnages, et ensuite, grâce aux acteurs, ces personnages deviennent à nouveau des personnes. Et ces personnes, vivantes et présentes devant la caméra, permettent au passé qui est en nous de ne pas être momifié, mais vivant, de redevenir du présent. Seule la fiction permet d’arracher les souvenirs à la nostalgie. »

La génération des Amandiers était celle des années sida, quand la maladie fauchait les jeunes par milliers. Valéria Bruni Tedeschi explique :

« On avait envie de montrer la vitalité de la jeunesse et en même temps de toucher à la tragédie. Dans le film, il y a tout le temps ces deux forces contraires de vie et de mort. »

Les Amandiers brouille la frontière entre le théâtre et la vie, entre les sentiments vraiment éprouvés et les sentiments joués ;

« Cette confusion, dans mon souvenir, c’est ce que Chéreau et Romans nous ont donné à vivre, comme s’ils avaient voulu effacer la frontière entre la vie et le travail. D’ailleurs, on vivait presque tout le temps là-bas, à Nanterre, on était immergé dans le travail… Il a fallu chercher sans cesse, l'alternance entre l'histoire d'amour et l'histoire du groupe. Cette alternance, c'est l'équilibre intérieur du film… »

Les Amandiers
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- Jérôme Prébois

Patrice Chéreau, à propos de sa mise en scène de La Dispute de Marivaux :

« Regardez ces enfants, regardez les crimes qu’ils commettent, regardez comme ils se mentent à eux-mêmes, comme ils veulent apprendre et ne peuvent pas, comme ils veulent faire le tour de toutes les expériences et les épuisent en si peu de temps, et quels espoirs pourtant ils portent encore en eux quand la lune est pleine. Je vous laisse avec eux, ils sont comme nous, ils ont envie d’être aimés. »

Les Amandiers
Les Amandiers
- Ad Vitam Production – Agat Films et Cie – Bibi Film TV – Arte France Cinéma

►►► Distribution

  • Réalisatrice : Valeria BRUNI TEDESCHI
  • Scénario et dialogues de Valeria BRUNI TEDESCHI, Noémie LVOVSKY, Agnès DE SACY
  • Avec la collaboration de Caroline DERUAS PEANO

Avec :

  • Stella : Nadia TERESZKIEWICZ
  • Etienne : Sofiane BENNACER
  • Patrice CHEREAU : Louis GARREL
  • Pierre ROMANS : Micha LESCOT
  • Adèle : Clara BRETHEAU
  • Franck : Noham EDJE
  • Victor : Vassili SCHNEIDER
  • Claire : Eva DANINO
  • Juliette : Liv HENNEGUIER
  • Baptiste : Baptiste CARRION-WEISS
  • Anais : Léna GARREL
  • Laurence : Sarah HENOCHSBERG
  • Stéphane : Oscar LESAGE
  • Camille : Alexia CHARDARD
  • La serveuse : Suzanne LINDON
  • Alain le gardien : Franck DEMULES
  • L’Assistante de Patrice CHEREAU : Isabelle RENAULD
  • Professeur New York : Sandra NKAKE
  • Gaspard : Bernard NISSILLE

Propos recueillis par Ad Vitam