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Les jeunes sont plus de gauche mais s'abstiennent beaucoup, d'après la Fondation Jean-Jaurès

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Un soutient de Jean-Luc Mélenchon en marge de son meeting à Marseille, le 27 mars 2022
Un soutient de Jean-Luc Mélenchon en marge de son meeting à Marseille, le 27 mars 2022
© AFP - Nicolas Vallauri

Les jeunes générations penchent à gauche d'après une note de la Fondation Jean-Jaurès, rappelant que 36% des 18-24 ans ont voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle.

"Le vote des jeunes : clé des prochaines élections législatives", titre la Fondation Jean-Jaurès dans un note publiée mercredi par Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion. Pour le chercheur, "plus les générations sont récentes, plus elles ont des valeurs de gauche". Lors du premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a récolté 36% des voix chez les 18-24 ans rappelle la Fondation Jean Jaurès. C’est 15 points de plus qu’Emmanuel Macron dans cette tranche d’âge. L’écart est plus faible quand on se concentre sur les 25-34 ans.

Un effet générationnel

Il ne s’agit pas d’un effet d’âge, "qui se dissiperait au cours de la vie, mais bien d’un effet générationnel : les valeurs de gauche des nouvelles générations perdurent dans le temps", peut-on lire. "Ce que l'on observait pour la précédente présidentielle se retrouve également dans les intentions de vote pour le premier tour des législatives", analyse Antoine Bristielle.

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Les premiers sondages des élections législatives démontrent cet intérêt de la jeunesse pour l’alliance de gauche. 59% des 18-24 comptent voter pour la "Nouvelle Union populaire écologique et sociale" (Nupes) lors des élections législatives, contre 13% pour la coalition menée par La République en marche, 13% pour le Rassemblement national.

Une abstention plus forte chez les jeunes

Si la gauche attire les jeunes, elle ne mobilise pas en masse, elle n’est pas une réserve de voix suffisante pour faire pencher une élection. "De manière extrêmement flagrante, les jeunes sont beaucoup plus abstentionnistes que les autres générations", écrit Antoine Bristielle, de la Fondation Jean-Jaurès. 41% des 18-24 se sont abstenus lors du premier tour de l’élection présidentielle, c’est quasi le double de toute les autres tranches. 22% des 25-34 ans ne sont pas allés voter d’après les estimations de l’Ifop.

Une pratique 'intermittente' du vote.

La Fondation Jean-Jaurès parle de "situation paradoxale pour la gauche". "Les jeunes votent certes majoritairement à gauche, mais ils sont bien moins à voter qu’au sein des autres tranches d’âge" analyse Antoine Bristielle. Exemple concret : sur 100 électeurs ayant voté Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, 26 avaient entre 35 et 49 ans. 24 étaient âgés de 50 à 64 ans, seulement 14 de 18 à 24 ans.

Dans sa note, le chercheur estime que "les jeunes ont une pratique 'intermittente' du vote", autrement dit, ils ne se déplacent pas pour tous les scrutins. L’élection présidentielle semble à leur yeux un vote beaucoup plus important que celui des législatives. 70% des 18-24 ans s’étaient abstenus en juin 2017.

"Bien sûr, le résultat des prochaines élections législatives ne sera pas uniquement dépendant du comportement des plus jeunes électeurs" conclut la note de la Fondation Jean-Jaurès, "le risque est également grand pour la Nupes que cet électorat se démobilise largement entre la présidentielle et les législatives, ce que l’on constate de manière habituelle".