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Les jeunes veulent du "bien-être au travail" plutôt que de la "performance", selon une étude

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De plus en plus de jeunes veulent avant tout être heureux dans leur emploi, et pas seulement travailler pour être heureux en-dehors
De plus en plus de jeunes veulent avant tout être heureux dans leur emploi, et pas seulement travailler pour être heureux en-dehors
© Maxppp - Sebastien JARRY

Plus de 40 % des jeunes placent le bien-être au travail devant le temps libre ou la rémunération, selon une étude réalisée par BVA Opinion pour l'école de commerce ISC Paris. Plus de huit sur dix estiment même que pour être performante, une entreprise doit veiller au bonheur de ses salariés.

Dans ce baromètre, réalisé en interrogeant 1102 jeunes de 18 à 24 ans, avec des niveaux d'études divers (avec ou sans bac, et jusqu'à bac+5), on apprend que pour la quasi-totalité des personnes interrogées, assurer le bien-être de ses salariés devrait être un passage obligé pour les entreprises. 85 % des jeunes estiment même que c'est un impératif pour être plus performant.

Lorsqu'on évoque leur job de rêve, les jeunes interrogés estiment le plus souvent qu'il doit procurer "un sentiment de bien-être au travail" (pour 41 % d'entre eux), plus encore que de fournir suffisamment de "temps libre pour la vie personnelle" (37 %), et loin devant la possibilité d'atteindre ses objectifs et d'être performants (seulement 15 % des réponses).

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Avant même le salaire, c'est donc l'épanouissement quotidien au travail qui passe avant tout pour ces jeunes. "Les jeunes paraissent moins carriéristes que leurs aînés" , précise Jean-Christophe Hauguel directeur général de l'école de commerce ISC-Paris. "Ils cherchent vraiment dans l'aspect du travail une sorte d'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. C'est pour cela qu'ils recherchent la flexibilité dans les horaires, ils cherchent aussi l'autonomie, l'initiative. De plus, 85% de ces jeunes pensent que l'entreprise dans laquelle ils vont travailler doit veiller à leur bonheur. C'est un point très important qui ressort dans cette enquête : la question du bonheur, la question du bien-être qui est pour eux quelque chose de fondamental pour se sentir bien dans leur travail."

Ils estiment ainsi majoritairement que le signe de la réussite professionnelle est avant tout d'être "épanoui au quotidien" (42 % des réponses), bien avant d'être "bien rémunéré" (33 %), de "vivre de sa passion" (21 %) ou d'avoir "le sentiment d'être utile" (11 %) ou "en phase avec ses valeurs" (10 %).

"La question de la rémunération reste un point important chez eux", ajoute Jean-Christophe Hauguel, "donc ils ne sont pas non plus dans une logique complètement hors-sol mais le salaire vient en deuxième position, devant le bien-être au travail." Lila, étudiante en sciences sociales, confirme : "Le salaire, c'est important aussi mais ce qui importe c'est d'abord d'aimer ce que je fais et d'être libre dans mon travail." Rania estime elle qu'"on devrait laisser le libre choix aux personnes de travailler tant que le travail est fait correctement. Je n'aime pas le fait de devoir avoir des horaires imposés. 10 heures par jour, je trouve que ce n'est pas très efficace au final."

Plus question donc pour une bonne partie des jeunes interrogés de mettre entre parenthèses d'autres aspects de leur vie pour réussir professionnellement : si 33 % se disent prêt à "tout sacrifier" pour leur travail, 45 % sont totalement contre.

Clara, étudiante en 2ème année dans une université parisienne, le reconnaît : ce qui compte pour elle, ce n'est "pas forcément le salaire, c'est plus les relations humaines avec les gens, avec les clients, l'ambiance de travail aussi, que ce soit une bonne ambiance de travail". Maxime, en 3ème année de licence, va dans le même sens : "Le plus important, c'est d'avoir une bonne équipe, qu'on puisse travailler main dans la main et qu'il y ait une bonne ambiance en général. Je pense que c'est ce qui aide les gens à venir bosser."

De même, dans un contexte où travailler toute sa carrière au même endroit devient de moins en moins fréquent, les jeunes n'estiment pas forcément, comme leurs aînés, que le contrat à durée indéterminée (et donc une plus grande stabilité professionnelle) est un "graal" à décrocher à tout prix. Si 63 % des personnes interrogées considèrent qu'obtenir ou conserver un CDI est un objectif prioritaire, ils sont tout de même 37 % à penser le contraire.

Dans ce même esprit, seuls 31 % des jeunes envisagent de faire de leur première expérience professionnelle la carrière d'une vie. Ils sont même 44 % à envisager du changement à l'issue de leurs 3 à 5 premières années de travail : la plupart (14 %) pour créer une entreprise ou se mettre à leur compte, mais aussi pour trouver un "métier plus porteur de sens" (11 %), "changer de cadre de vie" (11 %) ou juste pour changer de milieu (8 %).

"On est dans une génération qui a besoin de mouvement et qui a besoin d'évolution", explique le directeur d'ISC-Paris. "On retrouve cet aspect aussi dans l'enquête puisque ces jeunes sont prêts à bouger après 3 à 5 ans après leur diplôme : on voit bien cette volonté pour eux de ne pas rester dans les mêmes positions, dans les mêmes secteurs, dans les mêmes métiers."

Enfin, paradoxalement, "bien que ces jeunes soient très engagés, et inquiets par rapport au climat, par rapport à la transition énergétique que nous sommes en train de connaître, finalement quand on met cela face à la question du travail, on se rend compte que c'est un critère qui ne ressort pas immédiatement. Ils sont sensibles aux questions environnementales mais ce n'est pas en haut de la pile quand on leur demande leurs préoccupations ou la vision qu'ils ont de la qualité de leur travail."