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Les Jeux Olympiques de Tokyo ont déjà été annulés (en 1940)

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Travailleurs japonais sur le chantier du stade olympique de Tokyo, en 1964 : les précédents JO au Japon avaient été annulés en 1940
Travailleurs japonais sur le chantier du stade olympique de Tokyo, en 1964 : les précédents JO au Japon avaient été annulés en 1940
© AFP - Pressens Bild

À deux mois jour pour jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 (reportés l'an passé), tout le monde assure que l'événement sera bien maintenu. Et ce, malgré la situation sanitaire et l'impopularité de l'évènement au Japon. Il faut dire qu'une annulation rappellerait aussi de mauvais souvenirs…

"Après 8 ans de préparation, la ligne d’arrivée est en vue", assurait vendredi John Coates, l'un des vice-présidents du Comité International Olympique, qui préside la commission de coordination des JO de Tokyo 2020 (organisés l'été prochain). Et cette ligne, pas question de la perdre de vue, puisqu'il assure que les Jeux auront lieu, même si la capitale japonaise est encore en état d'urgence sanitaire le 23 juillet.

Le CIO promet que toutes les mesures seront prises pour assurer la sécurité des athlètes : 75 % d'entre eux seront vaccinés avant leur arrivée, grâce à un partenariat avec le laboratoire américain Pfizer.

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Pourtant ces JO sont encore loin de faire l'unanimité au Japon : pétition "anti-JO" qui a déjà rassemblé des centaines de milliers de signatures, refus de certaines villes d'accueillir des camps d'entraînement, mobilisation dans les hôpitaux (où des lits seront réservés aux athlètes internationaux au détriment des habitants). Certains ont même repris le slogan, tiré du manga "Akira" publié au début des années 80, demandant de "renoncer aux JO".

Mais abandonner les Jeux Olympiques est-il possible ? Historiquement, oui, c'est déjà arrivé à trois reprises, à chaque fois pour des raisons liées... à des conflits internationaux.

Des olympiades victimes collatérales des deux guerres mondiales

En 1916, par exemple, les JO de Berlin ont dû être annulés pour cause de Première Guerre mondiale. Les préparatifs s'étaient pourtant poursuivis même après le début des hostilités, les organisateurs estimant en 1914 que le conflit serait sans doute de courte durée.

Les JO ont été annulés également lors de la Seconde Guerre Mondiale, en 1940 puis en 1944 (été comme hiver). Et justement, en 1940, c'est Tokyo qui devait les accueillir.

Le Japon devait organiser ces Jeux du 21 septembre au 6 octobre 1940, mais y avait renoncé quelques mois après le début de la seconde guerre sino-japonaise, en 1937. Là encore, les préparatifs s'étaient pourtant prolongés un long moment, puisqu'un programme en quatre langues (japonais, anglais, français et allemand) datant de 1938 a même été retrouvé il y a quelques années.

Reportés et réattribués à Helsinki, ces Jeux de la XIIe Olympiade furent finalement annulés lorsque la Finlande a été attaquée par l'Union soviétique en novembre 1939.

Une compétition pour l'image aussi

Tokyo a ensuite dû patienter plus de 20 ans avant d'avoir à nouveau le droit d'accueillir des Jeux Olympiques : ceux de 1964. Des Jeux très importants pour l'image du Japon, qui a investi des fonds énormes pour construire des infrastructures ultra-modernes, et présenter une bonne image au monde entier, puisqu'il s'agissait également des premiers JO diffusés en direct sur toute la planète.

Cette année, la visibilité est encore plus importante. Déjà reportés une première fois l'an passé en raison de la crise du Covid-19, maintenus cette année malgré une situation sanitaire encore particulièrement grave, les JO de Tokyo semblent être devenus là encore un enjeu de communication. Pour le Japon, pour le CIO, mais aussi peut-être pour le reste du monde qui rêve toujours d'un retour à la normale.