"Les miens" : le meilleur film de Roschdy Zem en tant que réalisateur selon Le Masque

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"Les miens" : le meilleur film de Roschdy Zem en tant que réalisateur selon Le Masque

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Affiche de "Les Miens" de Roschdy Zem (2022)
Affiche de "Les Miens" de Roschdy Zem (2022)
- Le Pacte

Après "Mauvaise foi", "Omar m’a tuer" et "Chocolat", Roschdy Zem réalise dans "Les Miens" un film sur les siens. Il filme, tel un miroir autobiographique, une famille qui prend conscience de ses liens distendus lorsque son frère, qui souffre d’un traumatisme crânien, creuse soudainement l'abcès.

Le film présenté par Jérôme Garcin

Le sixième film comme réalisateur de Roschdy Zem, qui était très présent cet automne comme acteur dans "Les Enfants des autres" de Rebecca Zlowtoski, dans "L'innocent" de Louis Garrel. Ici il raconte l'histoire, qui lui est là encore très personnelle et qui est vraiment arrivée à son frère, joué formidablement par Sami Bouajila, sans qu'on sache dans quelles conditions Moussa, que sa femme (l'actrice Maïwenn) vient de quitter, est victime du syndrome frontal suite à un traumatisme crânien. Et lui qui était un garçon adorable devient tout à coup cruel parce qu'il dit leurs quatre vérités à tous les membres de la famille. Le frère Ryad (Roschdy Zem) qui lui a réussi à la télé, anime une émission sur le foot, va alors s'occuper de Moussa. Il va l'emmener chez le neurologue. Ryad arrête de s'occuper de sa petite personne. Le film se clôt par un repas de famille, ce qui donne d'ailleurs à ce film franco-marocain un air de comédie italienne.

Ariane Allard salue "une comédie familiale attachante et universelle"

La critique pour le magazine Causette salue les sentiments universels de la famille et le pouvoir d'une comédie qui parle à tout le monde. Le tout au profit d'un vrai film de cinéma : "Tout de suite, ça tend vers l'universel puisque nous nous retrouvons aux côtés d'une famille française de classe moyenne. Je trouve assez plaisant ce sentiment qui fait qu'on peut se projeter d'une famille méditerranéenne, latine, française.

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Sans oublier cette formidable rencontre entre deux écritures, celle de Maïwenn, qui est une écriture un peu abrupte, un peu effervescente, qu'on entend et qu'on sent ; puis cette écriture plus ronde, plus sentimentale un peu plus classique de celle de Roschdy Zem. J'aime bien cette idée de collision parce que ça raconte exactement le sujet du film. C'est par les dialogues et par la forme du film qu'il nous raconte cette histoire qui en fait un vrai film de cinéma qui vaut vraiment la peine d'aller voir".

Michel Ciment applaudit un très beau film qui mérite d'être apprécié

Son sixième film est aussi son meilleur selon le critique de Télérama : "C'est un accomplissement formel dans la façon dont il dirige ses plans séquences absolument admirables. J'ai pensé au très grand metteur en scène Claude Sautet, dont j'ai retrouvé le talent, l'énergie, le réalisme, en même temps épuré, et la qualité d'interprétation. Il est digne de cette famille qui est en péril et qui se solidarise pour survivre, avec ce rôle que s'est donné Roschdy Zem, un personnage extirpé de sa famille et dont les gens ressentent la distance qu'il a à l'égard d'eux, tant il est outrageusement égocentrique. Cette famille dysfonctionnelle qui s'unit pour survivre, et accomplit un très beau film qui mérite de marcher parce qu'il le mérite".

Camille Nevers a vu deux films : un qu'elle aime beaucoup, l'autre beaucoup moins

Le grand atelier
1h 47

Selon Camille, il y a deux films, comme il y a deux frères : "Autant j'aime beaucoup le film qu'installe Sami Bouajila, autant je n'aime pas du tout le film de crise familiale continuelle qui casse littéralement les oreilles. Je préfère les crises au niveau de Sami Bouajila, avec cette espèce de genre qui se rapproche de "Le Roi Lear", filmé comme un film de Frankenstein à la Claude Lelouch, avec le côté monstre de Boujila.

Je vois ça sur un naturalisme français par rapport au film de genre que je trouve beaucoup plus horrifique et plus convaincant de Sami Bouajila qui, dans sa présence, est à la fois impassible et furax. Un film beaucoup plus convaincant que l'autre côté, un peu naturalisme, en crise perpétuelle avec une sorte de Lino Ventura revisité par Roschdy Zem".

Une magnifique synergie entre deux styles d'interprétation, selon Xavier Leherpeur

C'est clairement, selon le chroniqueur de France Inter, le meilleur film réalisé à ce jour par Roschdy Zem en tant que réalisateur ; "Je trouve que la fusion entre Maïwenn, dont on connaît le goût pour les crises familiales, les portes qui claquent et le côté très minéral dans le jeu de Roschdy Zem qui casse avec le reste et qui trouve un écho à travers le personnage de Sami Bouijila, qui ne bouge pas, eh bien la symbiose se fait là ! Il y a vraiment une synergie d'interprétation, d'écriture avec une incarnation très forte".

Le film

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"Les miens" de Roschdy Zem

4 min

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