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Les plaintes pour violences sexuelles ont augmenté de 33% en 2021

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Manifestation à Lyon le 27 novembre 2021 contre les violences sexistes et sexuelles
Manifestation à Lyon le 27 novembre 2021 contre les violences sexistes et sexuelles
© AFP - Norbert Grisay / Hans Lucas

L'an dernier, 75.800 personnes ont déposé plainte pour des faits de viols, agressions sexuelles ou harcèlement sexuel. Une augmentation mise sur le compte de la libération de la parole, qui incite les victimes à dénoncer des faits même anciens.

Le chiffre interpelle. Les violences sexuelles enregistrées par les services de police et de gendarmeries ont bondi de 33% en 2021, selon des chiffres issus du bilan provisoire de la délinquance et communiqués ce jeudi par le ministère de l'Intérieur. L'an dernier, 75.800 personnes ont ainsi porté plainte pour ce type de faits : 45% pour des viols ou tentatives de viol, les autres pour des agressions sexuelles ou harcèlement. 

Cela représente 19.000 plaintes supplémentaires par rapport à 2020. La comparaison est certes délicate en raison de la crise sanitaire et des confinements successifs qui en font une année à part, mais la hausse reste du même ordre de grandeur par rapport à 2019 : + 20.300.

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Libération de la parole

Pour les services statistiques du ministère de l'Intérieur, cette augmentation sensible s'explique à la fois par la meilleure prise en considération de ce sujet par les forces de l'ordre, et par "une évolution du comportement de dépôt de plainte des victimes, y compris pour des violences subies plusieurs années auparavant, dans le climat de l'affaire Weinstein et des différents mouvements sur les réseaux sociaux pour la libération de la parole". 

Autrement dit, les victimes viennent porter plainte pour des faits de plus en plus anciens. En 2018, une personne sur deux venait dénoncer des faits de plus de trois mois. En 2021, la moitié des plaintes concernaient des violences commises au moins six mois plus tôt ; 19% dataient même de plus de 5 ans

Autre fait notable : un quart des faits dénoncés concernaient des mineurs, contre seulement 18% en 2018