Les stations de ski s'organisent pour lutter contre la hausse des prix de l'électricité

Publicité

Les stations de ski s'organisent pour lutter contre la hausse des prix de l'électricité

Par
Des skieurs sur un télésiège de la station du Mourtis, le 30 janvier 2022, dans les Pyrénées.
Des skieurs sur un télésiège de la station du Mourtis, le 30 janvier 2022, dans les Pyrénées.
© AFP - Lilian Cazabet

L'augmentation du prix de l'électricité donne des sueurs froides dans les stations de ski. Si certains se demandent si ouvrir les remontées mécaniques sera viable économiquement, d'autres exploitants promettent des stations totalement ouvertes.

Après la neige, l’électricité est le second élément le plus important pour faire fonctionner une station de sports d’hiver. Mais l’envolée du prix de l’électricité pourrait-elle donner un coup de frein à la prochaine saison d’hiver ? En annonçant qu’elle pourrait ne pas ouvrir télésièges et télécabines l’hiver prochain à cause du prix de l’électricité, une petite station de l’Isère a provoqué une belle polémique chez les professionnels de la montagne qui se veulent rassurants.

La semaine dernière sur France 3, Guillaume Ruel, le président de la société des remontées mécanique de Villard de Lans en Isère était on ne peut plus clair face à l’augmentation de la facture d’électricité de la station. "On payait jusqu'à maintenant 50 euros le mégawatt, là les discussions, c'est autour de 800 euros", explique-t-il, "on est aujourd’hui incapable d’envisager une ouverture puisque l’on sera incapable d’honorer notre facture".

Publicité

Une nouvelle augmentation de 50% du prix l'électricité

La Compagnie des Alpes gère de très grands domaines skiables comme ceux de Meribel, La Plagne ou encore Tignes et Val d’Isère et se montre rassurante : "Tout sera ouvert !" affirme Dominique Thillaud, directeur général de cette entreprise filiale de la caisse des dépôts et leader dans le secteur des remontées mécaniques. Toutefois il reconnaît qu’après une augmentation de 50% de la facture d’électricité dans les stations l’année dernière, c’est une nouvelle augmentation de 50% à laquelle il va devoir faire face. "Cela restera viable même si cela pèsera dans les résultats de l’entreprise mais c’est notre devoir vis-à-vis de nos clients de pouvoir être là dans les bonnes années mais aussi dans les moins bonnes. On fera le gros dos".

Le spectre de la fermeture des stations comme aux pires heures de la crise du Covid-19, personne ne veut y croire. C’est le cas par exemple de Benjamin Berger, l’un des fondateurs de Cimalpes, une entreprise spécialisée dans l’immobilier de montagne dont le destin est de fait étroitement lié à l’activité des stations : "Les stations de ski, c’est un écosystème où tout est lié : les remontées mécaniques, les habitants, les hôteliers, les restaurateurs donc les remontées ne peuvent pas ne pas ouvrir et j’ajoute que les gestionnaires des remontées mécaniques ont recruté leurs salariés pour la saison."

Des télésièges ralentis

Reste à savoir comment les professionnels de la montagne arriveront à absorber le "choc électrique". À l’association Domaines Skiables de France, qui représente les gestionnaires de remontées mécaniques, l’heure est à l’économie, comme depuis quelques années déjà : "Nous allons sensiblement réduire la vitesse des télésièges, ce qui permettra de diminuer la consommation d’électricité", explique Alexandre Maulin, le président de DSF. Les skieurs ne s’en rendront même pas compte, selon les experts du secteur.

La Compagnie des Alpes réalisera également 15% d’économie d’électricité en utilisant un nouveau système de canon à neige et toutes les dameuses de ses stations seront alimentées par un carburant à base d’huile de friture. Enfin les professionnels de la montagne affirment que la hausse du prix de l’électricité ne devrait pas véritablement peser sur les prix des forfaits car, comme l'explique Dominique Thillaud, ils ont été fixés avec les communes où se trouvent les stations bien avant l’envolée du prix de l’énergie. Toutefois une hausse au niveau de l’inflation est à prévoir.