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Les trumpistes jugent les 100 premiers jours de Biden

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Pia et Kenneth Owens, un couple de supporters trumpistes croisés lors de la campagne électorale.
Pia et Kenneth Owens, un couple de supporters trumpistes croisés lors de la campagne électorale.
© Radio France - Gregory Philipps

Ce jeudi, Joe Biden passera le cap de ses cent premiers jours à la Maison-Blanche. Un début de mandat durant lequel on a vu le Président démocrate imaginer des plans à plusieurs centaines de milliards de dollars pour sauvegarder l’économie américaine. Comment les supporters de Trump jugent-ils ce début de mandat ?

Durant ces trois premiers mois de sa présidence, Joe Biden a réinstallé les États-Unis sur la scène internationale, a modernisé les infrastructures, a décidé des plans à plusieurs centaines de milliards de dollars pour protéger l’économie américaine et surtout a détricoté de nombreuses dispositions prises par l’administration précédente.

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Biden a ouvert les frontières

Dans cette très démocrate banlieue de Washington qu’est Arlington, en Virginie, Pia et Kenneth Owens font figure d’extraterrestres (en novembre, le comté a voté à 80% pour Joe Biden). D’ailleurs, Kenneth explique que, même avant l’élection présidentielle et la défaite du candidat Républicain, il ne sortait jamais dans la rue avec sa casquette rouge "Make America Great Again" sur la tête. Et les souvenirs de la campagne électorale sont désormais rangés dans un carton, posé en haut d’une armoire dans le salon.

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"Nous sommes en train de vivre une année complètement folle" attaque d’office Kenneth, car dit-il : "Nous avons là l’administration la plus anti-américaine que j’ai jamais vue". Ce qui a le plus choqué Pia et Kenneth depuis le début du mandat Biden, ce sont les images de la crise migratoire à la frontière sud. "Biden a complètement ouvert nos frontières", croit savoir le sexagénaire. "Et maintenant, des centaines de milliers d’immigrants illégaux arrivent aux États-Unis de partout, d’Amérique centrale, mais pas seulement. Pourquoi ? Parce que Biden leur a dit que rien de mal ne pouvait leur arriver"

Dans les faits, le nombre d’arrestations de migrants à la frontière sud a atteint un niveau inédit depuis quinze ans. En mars, les douanes et les gardes-frontières US ont interpellé plus de 170.000 personnes tentant d’entrer aux États-Unis clandestinement (+71% par rapport à février). Mais il est vrai aussi que le flux des candidats à l’immigration a grossi ces derniers mois. Et l’opposition républicaine accuse l’actuelle administration d’avoir créé un appel d’air en annonçant l’assouplissement des politiques migratoires mises en place par le gouvernement Trump.

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"Le vaccin, c’est Trump"

L’autre dossier qui énerve Kenneth, c’est la pandémie de coronavirus. Lui et Pia hésitent encore avant de recevoir leur dose de vaccin, et pensent qu’on leur ment sur l’étendue de l’épidémie aux États-Unis. "Et puis, explique le militant républicain, Biden veut que toute cette histoire de vaccination soit portée à son crédit. Mais qui le premier a poussé les Pfizer, Johnson & Johnson et autres Moderna, à se lancer là-dedans ? C’est Trump ! Et à l’époque, les Fauci (épidémiologiste en chef à la Maison-Blanche) et autres médecins et scientifiques disaient que c’était impossible d’obtenir un vaccin rapidement. Qu’il faudrait quatre ou cinq ans ! Tous se sont moqués de Trump ! Et qui avait raison ? Hé bien lui !" 

Dans les faits, 64% des américains approuvent aujourd’hui les mesures prises par l’administration Biden contre la maladie. Dans ce même sondage ABC/Washington Post publié dimanche, un peu plus de 30% des sympathisants républicains jugent bonne la gestion de la crise sanitaire par l’actuelle administration.

"Ce sont les générations futures qui paieront pour cela"

Pia et Kenneth se disent aussi effarés par les trois plans que l’administration Biden a mis sur la table pour relancer le pays (un plan de sauvegarde de l’économie à 1.900 milliards de dollars ; un plan pour les infrastructures à 2.300 milliards ; un plan pour les familles américaines à 1.500 milliards). "Mais qui va payer pour tout cela, s’étrangle Pia. Les générations futures ! Et en plus, Biden va essayer de passer en force au Congrès. Pas d’approche bipartisane.  Vous voulez que je vous dise ? Moi, j’ai le sentiment que c’est Obama qui tire encore les ficelles et que Biden n’est qu’une marionnette !"

Quand enfin, on demande à Kenneth et Pia comment ils voient l’avenir du parti républicain et les prochaines élections de mi-mandat (en novembre 2022), ils n’ont qu’un seul nom à la bouche : celui de Trump. "Certains dans le parti comme Liz Cheney (Représentante du Wyoming) tentent de nous faire croire qu’il faut passer à autre chose, oublier Trump. Mais elle ne parle que pour elle-même, elle ne se rend pas compte du soutien qu’il a encore. Nous sommes tout de même 75 millions à avoir voté pour lui ! (Pia reste d’ailleurs persuadée que des bulletins ont été dérobés dans plusieurs États et que la victoire de Trump lui a été volée). "C'est lui qui dans un an et demi nous aidera à reconquérir le Sénat et la Chambre des Représentants !"

Un sondage récent réalisé par la chaîne NBC montre pourtant que désormais, chez les électeurs républicains, ils sont 50% à privilégier le parti plutôt que Trump. Et 44% à dire l’inverse. 

Au 100e jour de la présidence Biden, Donald Trump représente encore une force politique, mais dont l’influence a (un peu) diminué ces trois derniers mois.

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