Licenciements, abonnement, faillite redoutée : on vous résume deux semaines d'Elon Musk à la tête de Twitter

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Licenciements, abonnement, faillite redoutée : on vous résume deux semaines d'Elon Musk à la tête de Twitter

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Le compte Twitter d'Elon Musk, le 9 novembre. Il a depuis supprimé cette description.
Le compte Twitter d'Elon Musk, le 9 novembre. Il a depuis supprimé cette description.
© AFP - Eliano Imperato

En plus du lancement manqué de la vignette "Officiel", les débuts contrastés de la version payante, l'agence américaine de la concurrence vient d'émettre un avertissement contre Twitter. Avis de turbulence pour la plateforme, dont le milliardaire Elon Musk a pris la direction il y a deux semaines.

Twitter prend-il l'eau ? Le réseau social acquis par le milliardaire Elon Musk vient de vivre deux semaines très mouvementées, et ces derniers jours n'ont rien arrangé. Des démissions de cadres en cascade, des licenciements en masse, des annonceurs en fuite et un avertissement émis par l'agence américaine de la concurrence pour couronner le tout. Mercredi, le lancement de la certification payante a semé une grande confusion chez les utilisateurs et provoqué des usurpations d'identité. Retour sur ces deux semaines agitées pour le réseau à l'oiseau bleu.

26 octobre : le rachat par Elon Musk se précise

Dans une vidéo publiée sur Twitter, Elon Musk apparaît dans les locaux de la société avec un lavabo dans les bras, hilare. Quelques heures plus tôt, il s’était rebaptisé "Chef Twit" sur le réseau social. "J'entre au siège de Twitter - je vous laisse absorber l'information !", écrit le milliardaire, ou "let that sink in" en anglais. C’est un jeu de mots avec "sink", qui veut dire "lavabo" (et qui, ironie de l'histoire, peut aussi vouloir dire "couler").

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27 octobre : Musk veut des débats "sains" sur le réseau

Elon Musk affirme qu’il rachète le réseau social parce qu'il est "important pour l'avenir de la civilisation d'avoir une place publique en ligne où une grande variété d'opinions peuvent débattre de façon saine, sans recourir à la violence". L’acquisition n’est pas encore officielle.

28 octobre : Twitter change officiellement de mains

Ça y est. Après plusieurs mois de rebondissements, le fondateur de Tesla et SpaceX prend le contrôle de Twitter jeudi après avoir conclu l'acquisition du réseau social pour 44 milliards de dollars. "L'oiseau est libéré", tweete Elon Musk. Le patron Parag Agrawal et deux autres dirigeants sont licenciés (le directeur financier et la responsable des affaires juridiques).

1er novembre : Musk annonce un abonnement à 8 dollars par mois pour certifier son compte

Alors que la rumeur court depuis déjà quelques jours, le nouveau propriétaire de Twitter annonce (encore dans un tweet) le lancement de Twitter Blue, un abonnement à huit dollars par mois pour les utilisateurs souhaitant faire certifier leur compte comme authentique. Ils seront ainsi moins exposés à la publicité. Jusqu'ici, l'indication d'une petite coche bleue  sur un compte était un gage d'authenticité gratuit, mais réservé aux gouvernements, personnalités médiatiques ou reconnues dans leur domaine.

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Le réseau social propose depuis l'année dernière un abonnement à des fonctionnalités payantes, mais le nouveau directeur général veut une nouvelle offre, plus chère et adoptée plus largement. L’objectif : diversifier les sources de revenus de la plateforme.

"Le système actuel des seigneurs et des paysans, avec ceux qui ont la coche bleue et ceux qui ne l'ont pas, c'est des conneries. Pouvoir au peuple ! Blue pour 8 dollars par mois", clame Elon Musk. Dans cet article, nous vous expliquions ce que risque de changer l’abonnement.

2 novembre : les comptes suspendus ne seront pas rétablis sans un "processus clair"

Les bannis de Twitter pourront-ils revenir ? Les comptes suspendus ne seront pas rétablis sur Twitter tant que le réseau social n'aura pas établi de "processus clair pour le faire", écrit Elon Musk, "ce qui prendra au moins quelques semaines de plus". En tête : l’ancien président américain Donald Trump, exclu de Twitter après l’assaut du Capitole.

Musk rappelle également son projet de former un conseil de modération des contenus, composé "de représentants aux opinions très divergentes, qui incluront certainement la communauté de défense des droits civiques et les groupes confrontés à la violence motivée par la haine".

4 novembre : licenciement en cascade

Le patron de Tesla et SpaceX décide de licencier la moitié des 7.500 salariés de l’entreprise californienne. La raison ? Une chute "massive" de son chiffre d'affaires, liée aux baisses des revenus publicitaires, d’après Elon Musk. "Il n'y a malheureusement pas d'autre choix quand l'entreprise perd plus de quatre millions de dollars par jour", assure le milliardaire. "Tous ceux qui ont perdu leur emploi se sont vu proposer trois mois d'indemnités", précise-t-il.

"J'ai appris à mon réveil que je ne travaillerai plus chez Twitter. J'ai le cœur brisé. Je n'arrive pas à y croire", tweete notamment Michele Austin, la directrice des règlements pour les États-Unis et le Canada.

6 novembre : marche arrière sur les licenciements ?

Deux jours après l’annonce d’un licenciement massif chez Twitter, Elon Musk est-il revenu sur sa décision ? Oui, à en croire certains salariés. Certains auraient été licenciés par erreur quand d’autres ont une expertise indispensable au réseau social, selon Bloomberg.

7 novembre : des comptes Twitter suspendus après avoir changé leur nom en "Elon Musk"

La moquerie a-t-elle sa toujours sa place sur Twitter ? Tout dépend qui elle vise. Des utilisateurs de Twitter aux comptes certifiés ayant changé leur nom d'utilisateur en "Elon Musk" sont suspendus par la plateforme. La comédienne Kathy Griffin, qui compte deux millions d'abonnés, avait ainsi remplacé sa photo de profil par une image du milliardaire.

La veille, Elon Musk avait donné la couleur : "Les comptes Twitter qui se font passer pour quelqu'un d'autre, sans spécifier clairement qu'il s'agit d'une parodie, seront suspendus de façon permanente."

9 novembre : lancement cacophonique du badge "officiel"

Après avoir annoncé le lancement de Twitter Blue, pour permettre aux abonnés payants d’obtenir une vignette de vérification bleue, et fait face à une nuée de faux comptes, le réseau social lance une coche grise (et non plus bleue) pour distinguer les comptes "officiels". Un critère gratuit et attribué par les équipes de Twitter.

Car en payant pour obtenir le badge, certains en avaient profité pour usurper des identités. Exemple avec ce faux compte "Nintendo of America" qui publie une photo de Mario faisant un doigt d’honneur :

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"Merci de noter que Twitter va faire beaucoup de choses bêtes dans les mois qui viennent. Nous garderons ce qui marche et changerons ce qui ne marche pas", tweete le multimilliardaire.

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10 novembre : avenir trouble ou avenir joyeux ?

"L'avenir est très enthousiasmant, j'ai hâte de le faire arriver avec vous", déclare Elon Musk lors d’une réunion en interne. Mais le pessimisme d’Elon Musk reprend vite le dessus, évoquant la menace de la faillite, ne sachant à quel point l’entreprise "manquerait de revenus" l'année prochaine. "Il est possible que nous soyons en flux de trésorerie déficitaire de plusieurs milliards." Par ailleurs, plusieurs annonceurs ont suspendu ces derniers jours leurs dépenses sur le très influent réseau social, dont le modèle économique dépend à 90% de la pub.

Dans une lettre diffusée la veille aux salariés, Elon Musk estime que le chemin va être "laborieux", et demande aux salariés "d'être en personne au bureau au moins 40 heures par semaine".

Cette réunion entre Musk et les salariés a duré une heure selon The Verge, qui a obtenu un enregistrement. Le milliardaire y évoque la possibilité d’offrir des services bancaires via le réseau social. Il s’interroge également sur l’intérêt de plus de vidéos sur Twitter, pour les créateur de contenus YouTube et TikTok.

10 novembre : un avertissement des autorités

Nouvelle mauvaise journée pour Twitter. De hauts responsables du réseau social démissionnent et l'agence américaine de la concurrence (FTC) émet un rare avertissement contre la plateforme : "Nous suivons les récents développements chez Twitter avec beaucoup d'inquiétude. Aucun directeur général ou entreprise n'est au-dessus de la loi", déclare un porte-parole de la FTC.

Il rappelle que la plateforme risquait des amendes conséquentes si elle ne se conformait pas aux règles d'un accord passé avec l'agence sur la sécurité et la confidentialité des données. Or de nombreux employés au fait de ces régulations ne sont plus chez Twitter. Des centaines de personnes étaient déjà parties cet été, et les démissions de cadres ont continué ces derniers jours.