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Limiter les vols d'affaires : "un moyen clé et rapide de réduire l’impact climatique", selon une ONG

L'ONG Transport & Environnement estime qu'il faut diviser par deux les vols d'affaires pour pouvoir suivre les recommandations du Giec d'ici 2030.
L'ONG Transport & Environnement estime qu'il faut diviser par deux les vols d'affaires pour pouvoir suivre les recommandations du Giec d'ici 2030.
© Getty - The Image Bank

L'ONG bruxelloise Transport et Environnement publie un classement de 230 grandes entreprises internationales, en fonction des efforts alloués à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. 80% des sociétés étudiées sont encore loin du compte.

Faire voyager intelligemment et écologiquement. C’est l’objectif de l’ONG bruxelloise "Transport & Environnement", qui milite pour une mobilité propre. Elle publie ce mardi 10 juin un classement de 230 grandes entreprises américaines et européennes, notées en fonction de leurs efforts pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, par le biais notamment d'une réduction de leurs vols d'affaires.

193 mauvais élèves, dont 16 français

Parmi les 230 sociétés passées au crible de neuf indicateurs, 193 (plus de 80%)  n'agissent pas encore suffisamment pour réduire leurs émissions, selon l'ONG. L’analyse comprend 21 entreprises françaises dont 16 ne remplissent pas assez de critères et sont à la traîne sur le plan des objectifs ou des rapports liés aux vols d’affaires.

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Une société française se démarque tout de même : le Crédit Agricole reçoit le meilleur score du classement (A). La banque s’est engagée à réduire ses émissions de 25 % à l’horizon 2025.

D'autres sociétés, telles que Renault, L’Oréal et LVMH ont toutes établi des objectifs de réduction des émissions importants mais ne se sont pas engagées à réduire les émissions liées aux vols d’affaires. Certains grands noms français, tels qu’Engie, Servier, Publicis et La Française des Jeux affichent le plus mauvais score (D). "Elles ne font aucun effort particulier pour réduire les émissions liées aux voyages d’affaires, ni pour communiquer leurs émissions liées aux vols d’affaires" juge l’ONG.

La meilleure solution pour agir au plus vite pour le climat

Pourtant, il s'agit d'un domaine clé pour lutter contre le réchauffement climatique, selon Denise Auclair, directrice de la campagne de l'ONG Transport et Environnement. "Les voyages d'affaires sont l'un des principaux moteurs de la demande en aviation. Si nous les réduisons de 50 %, cela réduirait les émissions de 32,6 MtCO2 d'ici 2030 en Europe", assure-t-elle.

Cela équivaut à retirer de la circulation 16 millions de voitures polluantes.

Le 4 avril dernier, les experts du Giec publiaient un nouveau rapport consacré aux solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces préconisations avaient pour objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré d’ici 2030. "Si on veut agir vite et être dans les clous du rapport du Giec, il faut des mesures drastiques. Diviser par deux les vols d’affaires, c’en est une", poursuit Denise Auclair.

Une tendance initiée au début de la pandémie

"C’est une tendance qui existe déjà depuis la pandémie. De plus, les entreprises gagnent en argent, en temps et les collaborateurs sont moins fatigués à l’arrivée", assure encore la membre de l'ONG.

Les grandes entreprises ont le pouvoir de montrer la voie

La pandémie a en effet généralisé le télétravail et pérennisé le concept de visioconférence, confirme le Vice-Président de l’Association National des DRH, Benoît Serre : "Les visioconférences font partie de l'organisation du travail des gens, alors qu'avant, c'était plutôt des systèmes qui étaient imposés par l'entreprise", commence-t-il. "On ne se déplace plus trop à l’international. (…) Quand on le fait, c’est pour un long voyage, pour voir plusieurs collaborateurs."

Je ne pense pas qu'on ne reviendra en arrière sur ces pratiques d'entreprise qui finalement se révèlent bonnes et bien ancrées.