Lits fermés, records d'arrêts maladie : à l'hôpital de Digne-les-Bains, les conséquences du vaccin obligatoire

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Lits fermés, records d'arrêts maladie : à l'hôpital de Digne-les-Bains, les conséquences du vaccin obligatoire

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À cause de l'obligation vaccinale pour les soignants, certains hôpitaux sont contraints de fermer des lits, car certains personnels seront absents de force et d'autres se sont mis en arrêt maladie.
À cause de l'obligation vaccinale pour les soignants, certains hôpitaux sont contraints de fermer des lits, car certains personnels seront absents de force et d'autres se sont mis en arrêt maladie.
© AFP - Jeff Pachoud / Image d'illustration

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, plusieurs hôpitaux sont contraints de fermer des lits, faute de bras. Avec l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale ce mercredi, les arrêts maladies explosent.

Depuis ce mercredi, 2,7 millions de travailleurs de la santé doivent obligatoirement présenter une preuve de vaccination, faute de quoi ces salariés verront leur contrat de travail suspendu, de même que leur rémunération. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, ils seraient 300.000 à ne pas avoir reçu au moins une dose, une situation évolutive, puisque certains agents ont décidé d'attendre le dernier moment pour se régulariser. 

Pour autant, faute de personnel et par anticipation, certains hôpitaux ont déjà commencé à fermer des lits. C'est le cas dans les Alpes-de-Haute-Provence, où une trentaine, répartis sur les établissements de Digne-les-Bains et Manosque, en médecine générale et géronto-psychiatrie, vont être fermés. 

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Face à l'obligation vaccinale 

Les réticences des soignants à la vaccination varient selon les établissements et les territoires, mais à l'hôpital de Digne, elles sont particulièrement importantes. Selon le dernier comptage, 82% du personnel était en règle à la veille de l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale. Pour éviter des sanctions, certains agents se mettent également en arrêt maladie. 

"On a des arrêts de travail, beaucoup plus nombreux que d'habitude, notamment de toute une partie des personnes qui ne souhaitent pas se faire vacciner", constate Franck Pouilly, qui dirige le groupement hospitalier des Alpes-de-Haute-Provence.

La semaine dernière, nous avons enregistré 20 arrêts, rien que sur l'hôpital de Digne. C'est un record jamais atteint sur une semaine.

Un absentéisme particulièrement difficile à gérer pour ces hôpitaux de taille moyenne qui ne peuvent pas remplacer leur personnel au pied levé. "Nous n'avons pas de gros établissements de santé à proximité, comme Nice ou Marseille, qui pourraient compenser. Pour nous, c'est donc la double peine : l'éloignement géographie et la taille. Nous sommes des établissements de taille moyenne au sein de petits bassins de population, donc trouver des infirmiers spécialistes du bloc opératoire ou de l'anesthésie, c'est très compliqué sur des territoires comme les nôtres", poursuit le directeur.

Pour pallier ce manque de bras et assurer la continuité des soins, des efforts supplémentaires ont donc été demandés aux personnels vaccinés. "C'est une pression pour les agents. Il y a eu des rappels de soignants, un recours accrue aux heures supplémentaires… Pour tenir la ligne, nous avons eu recours à tous les remplacements possibles, intérimaires etc.", conclut le directeur qui n'exclut pas de nouvelles fermetures de lits, liées aux suspensions de contrats et démissions.