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Livre jeunesse – Blexbolex : "Quand j'écris une histoire pour les enfants, je ne me fixe aucune limite"

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Les magiciens par Blexbolex
Les magiciens par Blexbolex
- La Partie

L'auteur prolifique, primé au Salon de la presse jeunesse en 2017, revient avec "Les Magiciens", un album étonnant qui ravira petits et grands.

Des Magiciens… Ou de vrais méchants à combattre ? Il était une fois, "encore", comme le souligne l'exergue de ce livre, qui nous fait pénétrer dans une longue tradition de contes… C'est l'histoire d'un éléphant mangeur de grenouilles, une véritable crapule qui rackette les enfants, d'un oiseau et d'une petite fille blonde. Face à eux, le Machefer, un gentil chat-tigre, et une jeune fille brune combative, la chasseresse…. On suit les multiples aventures de ces personnages dont les déplacements sont inspirés des jeux vidéo.

L'album en reliure papillon, à la manière des livres chinois ou japonais, et dessiné au pochoir numérique est truffé de références visuelles (dessins japonais, images d'Épinal…)… qui font de sa lecture un exercice agréable et surprenant. Les explications de Blexbolex.

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Il était une fois, "encore,"

Blexbolex : "Il était une fois, "encore," signifie qu’il existe une continuité des contes. Je voulais dire que le conte n’est pas terminé. Ce récit est actuel. Il n’est pas une forme de passé imaginaire, et merveilleux."

La rédaction d'une histoire jeunesse

"Quand j’écris une histoire pour les enfants, je ne me fixe pas de limite. Pourquoi faire ? Je n’en ai pas besoin en dehors de celles qui servent le récit. À partir du moment où les personnages décident de l’action, je les suis. Je n’ai pas de limite morale. Les personnages ne sont que des personnages."

Jouer des peurs enfantines

Grand bien vous fasse !
52 min

"Lorsque j’écris une histoire, il faut que j'y trouve de vrais enjeux, de vraies mises en danger. Je ne peux pas faire agir les personnages s’ils ne risquent rien. Il faut des actions un peu dures ou un peu cruelles, sinon ce n’est pas crédible. Mais n’exagérons pas la méchanceté des méchants de ce livre. Ce magicien est une crapule, c'est tout. Enfant, j'ai eu des copains malicieux comme ça. Un jour dans un bus pour la colonie de vacances, l’un d’entre eux a fait circuler le bruit qu’on n’allait pas retrouver nos parents le soir, mais qu’on nous emmenait dans un orphelinat. Nous étions tous en pleurs. Les animateurs ne comprenaient pas ce qu’il se passait. Donc mon « méchant » qui arnaque les enfants et mange des grenouilles, cela reste très enfantin."

Les personnages

"Le Machefer a une tête de lion comme dans la tradition chinoise. Il a une sorte de masque. Son corps est constitué de balles ou de boules. Sa queue est celle d’un cerf-volant. Il se situe entre la machine et l’animal. Je le vois comme un gros jouet ! La chasseresse est l’héroïne de ses actes, mais pas le personnage principal du livre. Je la vois plutôt comme un personnage bascule. Je ne sais pas pourquoi c'est une fille. Cela s’est présenté comme ça."

Une forme dictée par une envie de légèreté

"J’avais envie de travailler avec un papier très léger. Mais cela rend le recto-verso problématique, puisqu’on voit à travers. J’ai donc trouvé cette solution de reliure papillon qui donne un volume incroyable au livre. Il y a une sorte d’effet de soufflet. J’ai fait ce choix pour des raisons esthétiques, mais en plus, cela donne un côté tactile, agréable. Cela fait sortir les personnages de la page, mais c'est aussi parce que, dans l’histoire, ils cherchent un refuge : la chasseresse est capable de les chercher, donc, il faut qu’ils puissent se réfugier quelque part. Nous vivons dans un monde en trois dimensions, le réduire à une seule, c'est dommage. Là, on peut imaginer qu’entre mes doubles feuilles de papier, il y a quelque chose. On peut sortir du monde en "déchirant" la surface."

Les magiciens de Blexbolex par La Partie

Salon du livre de Montreuil