Publicité

Loft Story a 20 ans : ce qu'on a oublié d'une émission culte

Par
L'entrée du Loft de M6, il y a 20 ans
L'entrée du Loft de M6, il y a 20 ans
© AFP - Philippe Desmazes

Le 26 avril 2001, onze candidates et candidats faisaient leur entrée dans un studio de télévision aux allures de loft. Première émission de télé-réalité française, Loft Story a marqué l'histoire des médias en France... Mais vous souvenez-vous de ce à quoi ressemblait vraiment cette émission à l'époque ?

C'était il y a 20 ans, presque jour pour jour : le début de l'une des émissions les plus cultes, et en même temps, les plus polémiques, de la télévision française. De Loft Story, émission qui a marqué le lancement de la télé-réalité en France, et l'histoire du PAF (Paysage audiovisuel français) que retient-on ? Il y a des moments de télévision marquants, comme les sorties mouvementées des candidats de l'émission, parfois sous des jets de tomates, un présentateur qui finit à l'eau ou, évidemment, une scène torride dans une piscine. Il y a des polémiques, des débats et même des manifestations contre la chaîne M6. Il y a les personnalités fortes des candidats et des candidates, de Loana Petrucciani à Steevy Boulay, aux carrières après-Loft plus ou moins mouvementées. Et, éventuellement, il y a une chanson.

Mais vous souvenez-vous vraiment de ce qu'était Loft Story il y a vingt ans, à son lancement ? Avec vingt ans de recul et des dizaines d'émissions qui ont fait évoluer le concept (Nice People, La Ferme Célébrités, Secret Story, etc.), le regard sur le Loft est aujourd'hui biaisé. Nous nous sommes replongés dans les premières émissions de ce programme inspiré de l'émission néerlandaise "Big Brother" pour retrouver ce qu'était l'ambiance du début de cette émission.

Publicité

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Une émission austère, annoncée comme une expérience avant tout

"Bienvenue à tous pour cette grande première (…). Six garçons, cinq filles, qui ne se connaissent absolument pas, vont vivre une expérience unique, celle de vivre totalement coupés et isolés du monde extérieur pendant 70 jours" : le 26 avril 2001 à 20h50, un tout jeune animateur, Benjamin Castaldi, 30 ans, lance une nouvelle émission, sur un petit plateau avec quelques dizaines de personnes dans le public, sans applaudissements. 

Avec lui, deux professionnels de santé : la psychologue Catherine Blanc et le psychiatre Didier Destal, présents toute la saison pour décrypter les comportements des candidats et des candidates du jeu. "On m'avait parlé d'une émission sérieuse, sociétale, on m'avait dit qu'il y aurait des psys, on va les observer (…). On m'a vendu un truc qui n'a jamais eu lieu", a déclaré Benjamin Castaldi sur le plateau de l'émission anniversaire de Loft Story.

Le but du jeu : observer comment vont se souder les liens, les amitiés, les inimitiés… et pourquoi pas les histoires d'amour. C'est aussi comme ça qu'est vendue l'émission dès ses débuts : qui des 11 célibataires de l'émission trouvera l'amour ? À aucun moment de l'émission le mot de "jeu" n'est prononcé – sauf par les candidats eux-mêmes.

Les règles du jeu : vivre en colocation

Aujourd'hui, les "maisons des secrets" et autres "cube des dilemmes" sont labyrinthiques, immenses, proposent des salles cachées et sont des personnages à part entière de leurs émissions. Le Loft des débuts propose une surface de 250m2 et 380m2 de jardin. Outre les deux chambres (dortoirs) et les commodités, un salon, une cuisine-salle à manger, et le fameux confessionnal – "C'est ici que les candidats devront au moins cinq minutes par jour faire part de leurs impressions et de leurs sentiments", résume sobrement Marie Guillaumond, qui fait la visite des lieux lors de la première émission.

Résultat : le quotidien des "lofteurs" revient avant tout à… s'occuper de la maison. Il y a des poules à élever, un jardin à entretenir, pas de lave-vaisselle ni de lave-linge, cuisine et tâches ménagères sont à la charge entière des participants – et de façon collective : tout est fait pour que les candidats et candidates passent du temps en activité devant les caméras.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Un éloge de la paresse 

Puisque Loft Story n'est pas vraiment un jeu, il n'y a pas vraiment d'épreuves. Pas de cagnotte à alimenter ni de sous à mettre en jeu. Alors de quoi les journées sont-elles faites ? Au fond, de pas grand-chose. Les "lofteurs" et "lofteuses" s'occupent de la maison, bronzent, et, de temps en temps, ont des petites activités, des jeux, des soirées costumées ou à thème. Il s'agit de "jeux de confort" : le seul enjeu, c'est d'augmenter le budget hebdomadaire dédié aux courses, qui est de 250 francs au total (environ 37 euros) pour 11 personnes.

Si l'émission quotidienne, présentée par Benjamin Castaldi, était en général un montage des meilleurs moments de la journée, il est arrivé qu'il s'agisse d'une simple diffusion de ce qu'il se passait en direct dans le loft, donnant lieu à une heure de télévision qui filmait, quasi sans filtre et sans montage, le quotidien de ces jeunes gens.

Un isolement total

"Loft Story" était la première télé-réalité d'enfermement, et celle qui a poussé le concept le plus loin. Après elle, la "Star Academy" a mis en place un téléphone pour appeler ses proches, "Nice People" et "La Ferme Célébrités" ont fait entrer des invités dans le jeu, et "Secret Story" a imaginé "La Voix", maître du jeu autant que confident des candidats. Mais dans le Loft, rien de tout cela. La production s'adresse aux candidats et candidates par courrier. Au confessionnal, les journalistes interrogent les participants par caméras interposées et leur posent un minimum de questions. Seul l'animateur Benjamin Castaldi s'adresse deux fois par semaine aux candidats, pour les nominations puis les éliminations.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Un "espionnage" en continu… au début

C'était l'un des aspects les plus inédits de l'émission – et un de ceux qu'on n'a jamais revus après : il était possible de suivre Loft Story 24 heures sur 24, via un canal satellite dédié ou sur Internet, en échange d'un abonnement. C'est ce canal qui a permis aux plus assidus de surprendre Loana et Jean-Edouard en pleins ébats – épisode qui a poussé la production de l'émission à finalement diffuser les images avec un léger différé pour pouvoir interrompre la diffusion de ce genre de séquences. Autre astuce : le Loft était muni d'un poulailler, que les réalisateurs de l'émission utilisaient régulièrement comme "plan de secours" quand ils ne voulaient pas montrer certaines interactions dans la maison.

Par ailleurs, pendant les premières semaines de l'émission, l'émission est réellement tournée et diffusée 24 heures sur 24. Dès le mois de mai, le Conseil supérieur de l'audiovisuel impose à M6 des changements : une présence moins forte de l'alcool à l'écran, des votes pour "sauver" un candidat et plus pour "l'éliminer", et surtout… la mise en place de deux heures de répit dans la journée, où les caméras ne tournent pas, ainsi que la mise en place d'une salle, surnommée "salle CSA", où les candidats peuvent s'isoler loin des caméras. Deux dispositifs qui n'existaient pas à la création de l'émission, et ont depuis été repris dans toutes les télé-réalités d'enfermement.