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LREM se déchire autour d'une candidate voilée aux élections départementales

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Le délégué général d'En Marche, Stanislas Guérini, a partagé ce lundi un tweet du RN.
Le délégué général d'En Marche, Stanislas Guérini, a partagé ce lundi un tweet du RN.
© AFP - Ludovic Marin / Capture d'écran Twitter

Stanislas Guérini a partagé ce lundi un tweet de Jordan Bardella dans lequel le responsable RN dénonce la présence d'une candidate voilée sur une affiche de campagne de LREM. Son message a fait bondir certains membres de la majorité présidentielle.

Il aura suffi d'une affiche de campagne et d'un retweet pour relancer au sein de la majorité présidentielle le débat ultra-sensible autour de la laïcité, avec en toile de fond le positionnement de La République en Marche sur les thèmes de prédilection du Rassemblement national. 

Tout est parti d'une affiche de campagne, pour les élections départementales des 20 et 27 juin dans le canton de Montpellier 1. On y voit la candidate suppléante Sara Zemmahi poser avec son foulard aux côtés des autres candidats LREM sous le slogan "Différents mais unis pour vous !"

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Un message de Jordan Bardella relayé par Stanislas Guérini

19h21 lundi. Jordan Bardella, vice président du Rassemblement national et tête de liste aux régionales en Île-de-France interpelle Marlène Schiappa sur Twitter en relayant l'affiche : "C'est cela la lutte contre le séparatisme ?", interroge-t-il. 

Une heure et demie plus tard, le message de l'élu RN est partagé par le délégué général En Marche Stanislas Guérini. Habituellement, quand il relaie des tweets du RN, c'est plutôt pour critiquer leur contenu. Mais cette fois, l'élu parisien tire dans le même sens. "Les valeurs portées par LREM ne sont pas compatibles avec le port ostentatoire de signes religieux sur un document de campagne électorale. Soit ces candidats changent leur photo, soit LREM leur retirera leur soutien", écrit-il.

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Sa position a reçu le soutien de certains responsables En Marche, à l'image du député de l'Hérault Nicolas Démoulin. "Trop éloigné de l'idée que je me fais de la laïcité. Ce sera sans moi", a-t-il réagi sur le réseau social. 

"L'extrême droite ne doit pas dicter notre agenda politique"

Mais son message a également fait bondir d'autres membres de la majorité. "L'extrême droite ne doit pas dicter notre agenda politique et encore moins les règles électorales", a dénoncé la député LREM du Val-d'Oise Cécile Rilhac. "La loi, rien que la loi ! Le port du voile n'est pas interdit aux candidats aux élections françaises. C'est le choix de chacun : candidats et électeurs", a renchéri  Stella Dupont, élue dans le Maine-et-Loire. "Écarter cette candidate serait une discrimination", souligne de son coté Naïma Moutchou, députée LREM et avocate. 

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Invité de la matinale de France Inter ce mardi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a reconnu que "juridiquement, rien n'empêche une personne de se présenter à une élection avec un signe religieux, en l'occurence un voile". Il a évoqué un "choix politique". 

"Ce qu’a dit Stanislas Guérini, c’est que, pour la République en marche, on ne souhaite pas présenter de candidat qui s’affiche sur des documents de campagne avec un signe ostensible religieux, c’est une question de choix politique".

Et de rappeler la polémique déclenchée en 2010 par une candidate NPA voilée. "À l'époque, les responsables du parti socialistes - je pense à Martine Aubry, Jean-Luc Mélenchon - avaient considéré que le NPA avait fait une erreur".