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Marguerite, la fille de harkis qui a interpellé Emmanuel Macron : "Il est venu vers moi et m'a demandé pardon"

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Emmanuel Macron recevait des représentants de harkis lundi à l'Elysée
Emmanuel Macron recevait des représentants de harkis lundi à l'Elysée
© AFP - GONZALO FUENTES

Lundi à l'Élysée, Emmanuel Macron a été interrompu, notamment par une femme, pendant son discours aux harkis. France Inter a retrouvé cette femme, Marguerite, 55 ans. Cette sympathisante RN des Pyrénées-Orientales pourrait finalement voter Macron "s'il tient ses engagements".

"On n'a pas de passé (...) mon cœur est blessé (...). Je suis une Marguerite abandonnée, on est ici comme des mendiants en train de vous supplier" : pendant son intervention lundi, durant laquelle il a demandé "pardon" aux harkis et a annoncé un projet de loi sur la reconnaissance et la réparation, le président de la République a été interrompu à plusieurs reprises par des voix qui s'élevaient dans la salle des fêtes du palais de l'Élysée. 

Parmi les harkis et descendants de harkis qui ont pris la parole, Marguerite Bensalem, voix tremblante et larmes aux yeux. Marguerite est née il y a 55 ans, dans un camp de harkis près de Nîmes : "C'est une militaire qui m'a donné naissance : on m'a appelé Marguerite, comme cette militaire qui a accouché ma mère."

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"On a mis nos parents en prison"

Avec ses cinq frères et sœurs, Marianne, Antoine, Joseph, Béatrice et André, Marguerite vit toute sa petite enfance, jusqu'à 11 ans, derrière des barbelés. "On a fait trois camps", se souvient-elle. "On a mis nos parents dans une prison, on avait l'impression qu'ils avaient fait quelque chose de mal, alors qu'ils avaient défendu la France !". 

"On est rejetés des deux côtés : pour les Algériens, on est des enfants de collabos, et pour les Français, on est des bougnoules."

"Enfin, il a entendu"

C'est ce mal-être que Marguerite a voulu raconter au président de la République, d'abord publiquement, puis un peu plus tard, en aparté, dans la cour de l'Élysée. "Il est venu vers moi, il m'a pris la main et m'a dit "je vous demande pardon". Puis il m'a dit "J'ai entendu votre souffrance", ça m'a beaucoup touchée, j'en ai eu les larmes aux yeux. Il m'a promis que tout se fera. Enfin ! Il a entendu, et je l'ai remercié."

Marguerite est une sympathisante du Rassemblement national, très présent à Rivesaltes, dans les Pyrénées orientales, où elle vit aujourd'hui, car "je suis pour celui qui défend le drapeau bleu blanc rouge", dit-elle. Elle assure en revanche qu'elle votera Emmanuel Macron à la prochaine présidentielle, si le Président tient ses engagements.