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Marseille, le Lot, la "ruralité heureuse" : Emmanuel Macron livre à Zadig son "rapport charnel" à la France

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Le président Emmanuel Macron s'exprime dans le magazine Zadig.
Le président Emmanuel Macron s'exprime dans le magazine Zadig.
- Xose Bouzas / Hans Lucas

Dans une interview au magazine Zadig, Emmanuel Macron s'épanche sur ses souvenirs entre Amiens et les Pyrénées. Et sur son amour pour Marseille ou la Seine-Saint-Denis où les talents pullulent. Il n'y "manque que la mer pour faire la Californie", dit-il. Il parle aussi des "gilets jaunes" et de la suppression de l'ENA.

Il caresse une carte des régions en relief, celle de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. Emmanuel Macron assure qu’il les a toutes et les regarde avant chaque déplacement. Cette image peut décrire l’entretien réalisé par le magazine Zadig. Le président cite tour à tour Le Crotoy dans la Somme, Saint-Cirq-Lapopie dans le Lot, puis Marseille, une ville qu’il "aime infiniment". Emmanuel Macron parle aussi de la désindustrialisation qui frappe les régions où il a vécu et revient sur le mouvement des "gilets jaunes".

Son regard sur la "France des territoires", son amour pour Marseille

Sa vision du pays, les images carte postales de ses lieux de vacances, c’est ce qui ressort de cette interview fleuve d’Emmanuel Macron. Avec sa Picardie natale, le département des Hautes-Pyrénées est son "autre centre de gravité", "un vert paradis", où vivent encore certains de ses meilleurs amis, près de Bagnères-de-Bigorre. "J’aime le Lot, Figeac, Cahors" raconte-t-il plus loin, où il retrouve "une forme de ruralité heureuse"

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En Seine-Saint-Denis, il ne manque que la mer pour faire la Californie.

Les mots du président s’envolent quand il faut parler de Marseille. On savait qu’il aimait son club de football, l’OM, moins de cette ville qu'il qualifie "d'extraordinairement attachante", dont il évoque l'histoire, ses rues, son atmosphère, ses habitants. "Je suis sûr que quelque chose va se passer à Marseille, car les conditions de possibilité d’une réinvention du lieu et d’une réappropriation sont là, indépendamment de la vie politique." Plus surprenant, Emmanuel Macron dit "énormément" apprécier la Seine-Saint-Denis. Département le plus jeune de France, il compte deux aéroports, le Stade de France, et "le plus grand nombre de créations de start-up par habitant". "Il ne manque que la mer pour faire la Californie", s’exclame le président.

Ce qu’il retient des "gilets jaunes"

Emmanuel Macron reste marqué par l’incendie de la préfecture du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, lors d’une manifestation de "gilets jaunes", en 2018. "On a redécouvert la violence", remarque le Président, qui tente de remonter à la base des maux. La désindustrialisation, la fermeture de services publics et d’entreprises, "nous avons pensé pouvoir faire un pays sans usines", ajoute Emmanuel Macron. Des grandes villes qui perdent leur aura depuis la création des grandes régions, "beaucoup de services sont partis vers Paris et Lille". Le chef de l’État cite un exemple, vers la baie de Somme, dans sa région natale : "La région de Gamaches (...) s’est totalement appauvrie avec l’effondrement de l’industrie textile. Pareil pour l’Avesnois et la Thiérache, aux confins de l’Aisne et du Nord."

La fin de l’ENA, les raisons

L’une des réponses apportée à la crise des "gilets jaunes" est la suppression de l’ENA. Une mesure symbolique. Emmanuel Macron ne veut pas que l’Ecole nationale d’administration "devienne un bouc-émissaire". "Il fallait mener cette réforme", explique le président. "La maladie de la France ce n’est pas la bureaucratie ni le centralisme, ce sont les corporatismes. C’est-à-dire des intérêts qui protègent l’entre-soi." Emmanuel Macron regrette qu'il y ait moins d’élèves fils d’ouvriers, d’agriculteurs, de classes populaires dans les rangs de l’ENA. "On doit sélectionner différemment, s’ouvrir à des publics plus divers, rassembler dans un tronc commun treize écoles du service public."

Ce qu’il souhaite, c’est une école plus ouverte à la recherche. Emmanuel Macron reste favorable au classement, qui permet d’attribuer les postes, et tient au principe de méritocratie. Mais ce classement "ne doit pas déterminer tout le reste de la carrière". "Être nommé préfet ou ambassadeur à vie", c’est fini, conclu le chef de l’État.

Zadig, numéro 10, paraît le 26 mai, en kiosque, 19 euros.