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Mediator : les laboratoires Servier jugés coupables de "tromperie aggravée" et "homicides involontaires"

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Commercialisé en France de 1976 à 2009, le Mediator est tenu responsable de la mort de centaines de personnes
Commercialisé en France de 1976 à 2009, le Mediator est tenu responsable de la mort de centaines de personnes
© AFP - Fred Tanneau

Le groupe pharmaceutique a été condamné ce lundi par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 2,7 millions d'euros. La justice a également reconnu la culpabilité de l'Agence du médicament, qui écope de 300 000 euros d'amende pour avoir "failli dans sa mission de police sanitaire".

Dix ans après le début du scandale du Mediator et au terme d'un procès fleuve, la justice a tranché. Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu ce lundi les laboratoires Servier coupables de "tromperie aggravée" et "homicides et blessures involontaires", en commercialisant un médicament dont ils connaissaient les effets toxiques. Ils écopent d'une amende de 2,7 millions d'euros. 

Jean-Philippe Seta, ancien numéro deux du groupe pharmaceutique et bras droit de Jacques Servier, mort en 2004, se voit infliger une peine de quatre ans d'emprisonnement avec sursis et 90 000 euros d'amende. Le groupe pharmaceutique, relaxé des faits d'escroquerie, a "fragilisé la confiance dans le système de santé", a déclaré le présidente du tribunal.

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Amende maximale pour l'Agence du médicament

Le tribunal reconnaît également la responsabilité de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), jugée pour avoir trop tardé à retirer le Mediator du marché. Elle écope de la peine maximale et devra s'acquitter de 300 000 euros d'amende. 

Mis au point par Servier, le Mediator a été commercialisé en France à partir de 1976. Vendu comme antidiabétique, il a en fait été largement prescrit comme médicament coupe-faim, provoquant de graves dysfonctionnements cardiaques. 

Ce n'est qu'après le long combat de la pneumologue Irène Frachon, que le Mediator a été retiré du marché français en novembre 2009, plusieurs années après les décisions similaires de la Suisse, l'Italie ou l'Espagne. Il est tenu responsable de la mort de centaines de personnes. Ouvert en septembre 2019, le procès s'était clos en juillet dernier.