Publicité

Métal Hurlant, le retour de la revue mythique !

Par
La revue culte des années 70-80 est de retour ! Le premier numéro est consacré au futur proche et la couverture signée par Ugo Bienvenu.
La revue culte des années 70-80 est de retour ! Le premier numéro est consacré au futur proche et la couverture signée par Ugo Bienvenu.
- © 2021 Humanoids, Inc. - Los Angeles

La nouvelle fera plaisir aux fans de BD et de science-fiction, ceux qui ont épluché ses pages durant les années 70 et 80 : Métal Hurlant revient. "Le futur c'est déjà demain" est en vente dès aujourd'hui en kiosques et libraires. Après des échecs en 2002 et 2006, le cultissime Métal Hurlant est bel et bien de retour !

Sur la couverture : un couple. Un robot et une femme, dans ses bras un bébé, en métal qui hurle. Le clin d'œil s'arrête là. Métal Hurlant est de retour avec du neuf. "C’est un titre génialissime, qui a bouleversé la bande-dessinée européenne dans les années 70 et 80, qui a vraiment tout révolutionné, qui était rebelle, anticonformiste. C’était toute une époque et l’époque n’est plus la même : donc c’est impossible de refaire le Métal Hurlant des origines. Alors, on sait qu’il y a des gens qui nous attendent un peu au tournant, mais moi j’ai envie de leur dire que Métal Hurlant c’est ce qu’on en fait ", explique Vincent Bernière, le rédacteur en chef de cette nouvelle formule. 

Aujourd'hui, on vit aussi dans la science-fiction. On a des pass sanitaire, on doit porter des masques : c’est la science-fiction ! L’auteur qui avait imaginé ça, il y a deux / trois ans… C’est de la science-fiction ! "

Publicité
18 min

Pas question pour lui de regarder en arrière. Métal Hurlant a des choses à nous dire. La revue revient sous forme de trimestrielle avec, à chaque fois, un thème décortiqué. Le premier numéro, "Le futur c'est déjà demain", est composé de 288 pages : une soixantaine de rédactionnel et plus de 200 histoires courtes. Le sujet ? Le near future, soit l’anticipation proche. "Le coronavirus n’était pas encore là quand on a choisi ce thème. Quand la pandémie est arrivée, on s’est demandé si on n’avait pas eu du nez… ! ", détaille Vincent Bernière, qui a également repris Les cahiers de la BD. 

La science-fiction imprègne toujours autant les pages de Métal Hurlant. La différence ? "C’est qu’aujourd’hui, on vit aussi dans la science-fiction ! On a des pass sanitaire, on doit porter des masques :  c’est la science-fiction ! L’auteur qui avait imaginé ça, il y a deux / trois ans… C’est de la science-fiction ! Même l’auteur qui parle du monde aujourd’hui, on dirait qu’il fait de la SF ! Et dans le rédactionnel, on donne les clés pour comprendre d’où ça vient", ajoute le rédacteur en chef. Au fil des pages, aucun tabou bien sûr : on y parle de l’écologie, de la mort, de l’impact des réseaux sociaux. Des sujets d’actualité en réalité. Le style, lui, est toujours aussi franc, dans les planches comme dans les articles. 

"E-Balade" à découvrir dans le dernier Métal Hurlant. Dessine et scénario de Merwan Scénario et Sandrine Bonini.
"E-Balade" à découvrir dans le dernier Métal Hurlant. Dessine et scénario de Merwan Scénario et Sandrine Bonini.
- © 2021 Humanoids, Inc. - Los Angeles

Laisser la place à de nouveaux auteurs

Qui dit nouvelle formule, dit nouvelles signatures. Moebius, Paul Gillon ou encore Jacques Tardi laissent place à la jeune génération. "L’idée d’un journal, ce n’est pas d’en faire un générique avec des noms connus. Donc le nouveau sommaire de Métal Hurlant, ce sont des noms plus ou moins connus. Mais des noms importants. Il y a Mathieu Bablet, l’auteur de bande-dessinées français qui vend le plus de livres de science-fiction actuellement. Il y a Ugo Bienvenu, il y a Berliac… Il y a des auteurs/autrices qui viennent de Pologne, d’Australie, d’Amérique de Nord. En ça, j’espère qu’on a gardé l’ADN du Métal des origines", glisse Vincent Bernière.

Un projet auquel a adhéré Ugo Bienvenu, qui a dessiné la couverture. Un honneur pour ce jeune dessinateur, lui qui admet ne pas s’être trop plongé dans les archives de Métal Hurlant afin de ne pas s'imposer de pression. "Mes parents avaient le premier numéro. C’est le seul que j’ai eu et que j’ai lu. Petit, ça m’avait beaucoup impacté mais c’était pas mal aussi de ne pas trop en savoir sur les auteurs pour pouvoir venir libre. Justement Métal Hurlant, c’est le lieu des erreurs, le lieu des tentatives compliquées, sans parachute", explique l’auteur de "Préférence système". Le co-fondateur de la société de production "Remembers" a également pu faire participer de jeunes talents à ce premier numéro. "On m’a proposé en plus de faire partie du comité de rédaction, donc j’ai pu mettre en avant le travail de jeunes qui ne sont pas encore connus dans le milieu de la bande-dessinée. Et ce sont ces auteurs qui vont créer en réalité le magazine dans la durée"

Le retour du fondateur de Métal Hurlant : Jean-Pierre Dionnet

Preuve que cette nouvelle sortie devrait fonctionner, Métal Hurlant a bénéficié d’un budget participatif pour financer son retour. Plus de 3 500 personnes y ont participé et 14 000 préventes ont été enregistrées. Quant aux nostalgiques, patience : le prochain numéro, "Le Cantique des cantiques", sera composé de 25 histoires courtes. Les plus marquantes des premières années de la revue culte. Un numéro dirigé et commenté par Jean-Pierre Dionnet, le créateur de Métal Hurlant.