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Métaux, minerais, produits agricoles : jusqu'où ira la flambée des prix des matières premières ?

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Les prix des matières premières continuent leur ascension vers des sommets rarement atteints
Les prix des matières premières continuent leur ascension vers des sommets rarement atteints
© AFP - DPA / dpa Picture-Alliance / Silas Stein

Les prix des matières premières flambent. Métaux et minerais, mais aussi matières premières agricoles ou encore produits alimentaires. Dans un contexte financier d’inquiétude grandissante et des marchés mondiaux vacillants par peur de l’inflation et de fin des taux bas, cette envolée des prix est observée à la loupe.

Alors que les marchés financiers mondiaux vacillent déjà, tant ils anticipent une hausse de l’inflation et la fin des taux bas une fois la crise provoquée par la pandémie de Covid-19 calmée, les prix des matières premières, eux, continuent leur ascension vers des sommets rarement atteints. Aussi bien pour les métaux et minerais, comme le cuivre, l’étain ou le fer, que pour les matières premières agricoles, bois, coton, ou les produits alimentaires, blé, maïs, soja.

La précédente flambée des prix des matières premières n’est pas si lointaine, mais on ne l’a déjà plus en tête. D’autant qu’elle était en partie éclipsée, à l’époque, par la crise financière de 2008. Mais en 2007 déjà, la montée en puissance des besoins de la Chine a provoqué une flambée générale des prix des matières premières jusqu’en 2013.

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La demande explose, l’offre ne suit pas

Aujourd’hui encore, la Chine joue les premiers rôles. Sortie de la pandémie plus vite, l’économie chinoise redémarre à plein régime dès l’été 2020. Puis c’est au tour de l’économie américaine à l’automne suivant. "La demande explose, l’offre ne suit pas", constate Philippe Chalmin, professeur à l’Université Paris-Dauphine, et directeur du rapport annuel Cyclope, la bible annuelle des matières premières. 

Car en face, les capacités de production sont encore à la peine, tout juste sortie de la crise du Covid, elles ont du mal à faire face, ne fonctionnent pas à haut régime. "On ne s’attendait pas à une reprise aussi rapide", reconnait Philippe Chalmin. 

Le dollar, la spéculation et la logistique

La logistique non plus n’a pas suivi, en particulier le transport maritime, principal moyen d’acheminement de ces matières premières. "Il a tardé à réagir", constate Philippe Chalmin. La spéculation joue aussi. Effrayés par des marchés d’actions au plus haut, certains se tournent alors vers d’autres classes d’actifs, comme les matières premières. 

Enfin et c’est un phénomène classique, "un effet de balance", dit Philippe Chalmin, quand le dollar baisse, ce qui est le cas, traditionnellement, le prix des matières premières augmente.

Un diagnostic pourtant optimiste

Malgré tout Philippe Chalmin reste optimiste : "Je ne pense pas qu’on s’achemine vers une crise. Dans nos économies dominées par les services, les matières premières à elles-seules ne devraient pas déclencher un choc inflationniste", prédit-il.