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Meurtre d'Arthur Noyer : "Je n'ai jamais voulu lui donner la mort", affirme Nordahl Lelandais à son procès

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Les proches d'Arthur Noyer, tué en 2017, à l'ouverture du procès de son meurtrier présumé, Nordhal Lelandais (Chambéry, cour d'assises de Savoie, 3 mai 2021)
Les proches d'Arthur Noyer, tué en 2017, à l'ouverture du procès de son meurtrier présumé, Nordhal Lelandais (Chambéry, cour d'assises de Savoie, 3 mai 2021)
© Radio France - Jean-Philippe Deniau

Le procès de Nordahl Lelandais, accusé du meurtre du caporal Arthur Noyer en 2017, s'est ouvert lundi à Chambéry devant la cour d'assises de Savoie. Une première comparution très attendue pour l'homme déjà impliqué dans la mort de la petite Maëlys.

Allure soignée, silhouette athlétique, Nordahl Lelandais est entré dans le box en balayant le public du regard, sans l’arrêter particulièrement sur le banc des parties civiles où la famille d’Arthur Noyer avait déjà pris place, sans l’arrêter sur cette photo géante de leur fils que Didier et Cécile Noyer ont posée dans un cadre devant eux, bien en évidence.

Chemise bleu pâle, pantalon beige, cheveux courts, Nordahl Lelandais répond poliment aux questions d’identité de la cour. 

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L’avocat de l’accusé s’adresse longuement à la cour

Fustigeant d’abord le contexte médiatique malsain de ce procès, entretenu en particulier dit-il par "ces chaines d’information en continue qui matraquent que vous avez affaire à un tueur en série", Me Jakubowicz lance un long débat sur une expertise psychiatrique qu’il souhaite faire annuler. Parce que l’expert, le Docteur Bensussan, s’est exprimé publiquement sur la personnalité impulsive, chaotique et instable de Lelandais l’an dernier à la télévision. "C’est une entrave intolérable à l’éthique de l’expert, c’est une insulte au droit" s’emporte Me Jakubowicz.

En réponse, l’avocat de la famille Noyer s’adresse directement à Arthur : "Tu vois, Arthur, ce qu’il reste de toi au fond de cette tombe, ça doit se retourner avec ce que tu viens d’entendre. Toi, tu avais un droit essentiel, c’était celui de vivre". Et Me Bertrand Boulloud se tourne le box : "Il avait le droit de vivre M. Lelandais, et vous l’avez tué". L’accusé fait oui de la tête dans son box. 

Dispositif exceptionnel

Ouverture d’audience tendue donc. Mais le président de la cour d’assises donne une première satisfaction à la défense : l’expertise psychiatrique est annulée. Puis François Xavier Marteau s’adresse à Nordahl Lelandais : "un dispositif exceptionnel a été mis en place pour ce procès mais vous serez jugé avec les mêmes droits que tous les accusés, les jurés sauront faire abstraction du contexte médiatique". Puis, à la famille Noyer : "ce procès est pour vous un lieu de reconstruction, mais sachez que vous n’aurez pas forcément les réponses que vous êtes venus chercher, soyez dignes".

"Je lui ai donné la mort mais j'ai jamais voulu le tuer. J'ai jamais voulu lui donner la mort", seront les premiers mots de Nordahl Lelandais avant la suspension.

Les débats s’ouvriront ce lundi après-midi, après la lecture du rapport du président de la cour d’assises de la Savoie. 

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