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Meurtre de Sarah Halimi : l'avocat Christian Saint-Palais met en garde contre "une loi de circonstance"

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Christian Saint-Palais préside l'Association des avocats pénalistes
Christian Saint-Palais préside l'Association des avocats pénalistes
© AFP - ALAIN JOCARD

Face à l'émoi suscité par l'arrêt de la cour de cassation, le président de l'Association des avocats pénalistes appelle à une approche "sereine et réfléchie" sur la question de l'irresponsabilité pénale, afin d'éviter les "conclusions lapidaires".

"La cour de cassation a appliqué la loi", a martelé ce mardi sur France Inter l'avocat Christian Saint-Palais, réagissant à l'arrêt rendu par la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français dans l'affaire Sarah Halimi et à l'émoi suscité par celui-ci. 

Dans leur décision, rendue le 14 avril, les magistrats ont entériné le caractère antisémite du meurtre de la sexagénaire en 2017, tout en confirmant l'irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, pris d'une "bouffée délirante aigüe" après avoir consommé du cannabis. Celui-ci ne sera donc pas jugé.

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"Approche sereine et réfléchie"

Cet arrêt a provoqué une vive émotion. Des rassemblements ont notamment eu lieu dimanche dans plusieurs villes de France. Invité de la matinale de France Inter, le philosophe Bernard-Henry Lévy, a fustigé une "décision révoltante" qui "introduit un désordre insupportable dans les esprits" et "un trouble à l'ordre public".

Président de l'Association des avocats pénalistes, Christian Saint-Palais plaide pour une analyse dépassionnée du sujet. Il appelle de ses vœux une "approche sereine et réfléchie" afin d'éviter les "conclusions lapidaires [qu'il] entend partout sur les estrades".

"L'émotion dans le pays est extrêmement large, et il est normal que les politiques l'écoutent. Mais je pense que beaucoup utilisent cette émotion et tiennent des propos qu'on ne devrait jamais tenir sur la justice et qui sont faux."

Il déplore l'ingérence de l'exécutif dans l'affaire Sarah Halimi. "Le président de la République n'a absolument pas raison d'intervenir dans une affaire en cours", tance l'avocat. Alors qu'Éric Dupond-Moretti a annoncé un projet de loi sur l'irresponsabilité pénale, Christian Saint-Palais regrette que le garde des Sceaux et les parlementaires prévoient "un débat à chaud" et met en garde contre l'écueil de "créer une loi de circonstance". Il rappelle aussi que le rapport diligenté par l'ex-ministre de la Justice Nicole Belloubet préconise de ne pas changer l'article 122-1 du code pénal.

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