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Moins de moyens pour l'Office national des forêts : les communes en colère

Forêt du Haut-Rhin
Forêt du Haut-Rhin
© AFP - BRINGARD Denis / hemis.fr

L'Office national des forêts (ONF), qui gère les forêts publiques françaises, va supprimer 475 postes sur 8400 dans les cinq ans selon la direction de l'établissement, lourdement endetté.

Peut-on entretenir correctement nos forêts publiques avec moins de moyens ? L'Office national des forêts  prévoit de supprimer 475 postes dans les 5 ans en ne remplaçant plus les départs à venir. L'ONF est très endetté et espère résorber ses difficultés en réduisant ses effectifs. "Ce n'est pas un plan social, ce sont des départs à la retraite et des départs naturels", a indiqué la direction. 

Les suppressions de postes se feront en tenant compte "des enjeux stratégiques de l'établissement", dont le "maillage territorial est préservé", précise-t-elle.  Cette annonce a été faite le 10 juin par les cabinets de différents ministères, dont l'Agriculture, ministère de tutelle de l'établissement, lors d'une réunion au sujet du prochain contrat d'objectifs et de performances (COP) 2021-2025, avec la Fédération nationale des communes forestières (FNCOFOR), a indiqué cette dernière dans un communiqué vendredi.  

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Les communes forestières en colère

"Les annonces qui nous ont été faites sont inacceptables !", a déclaré cette fédération, selon laquelle une "contribution supplémentaire des collectivités au financement de l'ONF" a été demandée. Les forêts communales représentent deux tiers des forêts françaises, l'enjeu est donc important pour elles. 

"Le projet d'augmentation de la contribution des communes s'élèverait à près de 30 millions d'euros", selon la FNCOFOR. "Pour faire bon poids, le futur COP Etat-ONF prévoit la suppression de près de 500 emplois temps plein à l'ONF. Payer plus pour avoir moins !", conclut-elle. 

Jean-Dominique Jarlier, président de cette fédération de communes forestières, ajoute au micro de France Inter, qu'"aujourd'hui à l'ONF il y a des tas de missions qui ne figurent dans aucun programme officiel, comme la biodiversité par exemple, pour lesquels des moyens n'ont pas été donnés. La seule solution proposée c'est d'augmenter les frais de garderie des communes". 

Cette annonce vient confirmer des craintes exprimées début février par l'intersyndicale de l'ONF.  Elle avait estimé que cette décision était "de nature à amplifier gravement la dégradation des conditions de travail et à porter atteinte à la santé des personnels de l'ONF".  Elle avait notamment souligné que "le changement climatique et le dépérissement des forêts vont nécessiter de plus en plus de travail pour assurer le suivi sanitaire et le renouvellement des peuplements forestiers".  

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Des budgets pour lutter contre la sécheresse

Le volet agricole du plan de relance engagé par la France pour faire face à la crise du Covid prévoit 200 millions d'euros pour la forêt, dont 150 millions d'euros pour reboiser des forêts parfois gravement touchées par la sécheresse et des attaques d'insectes sur les arbres, comme les scolytes, des coléoptères qui creusent des trous dans les arbres fragilisés par la sécheresse.  Ce budget tranche par son ampleur avec les moyens engagés ces dernières années pour le reboisement. 

Le ministère de l'Agriculture a mobilisé 60 millions d'euros de subvention exceptionnelle afin de soutenir l'ONF et renforcer la subvention d'équilibre, dans le cadre du COP, lesquels viennent s'ajouter aux 31 millions d'euros versés dans le cadre du plan de relance à l'ONF pour financer les forêts qui ont subi des crises sanitaires.   

La subvention d'équilibre d'environ 150 millions d'euros versée chaque année à l'établissement a par ailleurs été reconduite pour les cinq prochaines années.  L'ONF employait fin 2020 8400 personnes, dont environ la moitié sont des fonctionnaires ou des contractuels de droit public.  Les forêts publiques représentent environ 25% des forêts françaises. 

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