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Mort au mauvais moment

Par
Edith Piaf
Edith Piaf
© Radio France

S’il nous est impossible de connaître le moment de notre dernière heure, certaines célébrités se sont retrouvées complétement éclipsées, la grande faucheuse ayant également choisi l’heure fatale d’une autre icône au même instant. Petit aperçu de ces "morts au mauvais moment".

Lady Di et Mère Térésa

Nous sommes le 31 août 1997, sous le pont de l’Alma, la jeune Princesse Diana, âgée de 36 ans, perd la vie. Connue pour son engagement auprès des plus démunis et des malades (on se souvient de sa main tendue à un malade du sida), la Princesse de Galles était devenue, au fil de ses actions, très proche d’une autre femme partageant ses convictions : Mère Térésa. Leur première rencontre en 1992 se fait dans un couvent à Rome, une amitié et un profond respect naît. Les deux femmes se revoient une dernière fois en juin 1997, deux mois avant la tragédie du Pont de l’Alma, Mère Teresa envoie alors ses condoléances : « Elle était vraiment soucieuse de la condition des pauvres. Elle désirait fortement faire quelque chose pour eux, et c’était très beau. Voilà pourquoi elle était proche de moi. » Malheureusement, comme un dernier coup du destin, Mère Térésa décède la veille de l’enterrement de la Princesse, le 7 septembre 1997.

54 min

Jean Cocteau et Edith Piaf

Le vendredi 11 octobre 1963, Edith Piaf meurt à seulement 48 ans. Alors que la France est en deuil, Jean Cocteau, son ami depuis plus de 20 ans, apprend également la terrible nouvelle dans sa maison de Milly-la-Forêt. À Paris, de nombreux proches et artistes s’étonnent que Jean Cocteau n’ai pas encore témoigné ses hommages. En réalité, le poète vient d’être victime de deux arrêts cardiaques et est bouleversé par la nouvelle. Paris-Match lui commande un article sur Piaf qui doit être publié le lendemain. Malheureusement, Cocteau s’éteint avant de l’avoir terminé à l’âge de 74 ans. Le lendemain, le Parisien Libéré titre : « La mort d'Édith Piaf a tué Jean Cocteau ».

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À réécouter : Cocteau et Chaplin
2 min

Jean d’Ormesson et Johnny Hallyday

« Un écrivain doit faire attention à tout ce qu’il écrit. Il doit faire attention à tout ce qu’il dit. Et il doit faire attention à la façon dont il meurt. Vous savez, c’est très mauvais pour un écrivain de mourir par exemple en même temps que Piaf. Piaf a pris toute la lumière pour elle et on n’a pas parlé beaucoup de Cocteau. Il y a un autre écrivain à qui j’ai succédé à l’Académie qui est Jules Romain. Jules Romain est mort le 14 août. C’est désastreux de mourir un 14 août, parce que le lendemain, 15 août… » C’est lors d’une interview prémonitoire, neuf ans avant sa mort, que Jean d’Ormesson s’exprime sur la malchance de mourir au mauvais moment, effacé par les hommages d’un autre. Cette crainte s’avérera vraie : le 5 décembre 2017, l’écrivain décède à Neuilly-sur-Seine, le lendemain, ce n’est pas un chanteur, mais LE chanteur le plus populaire de France qui décède : Johnny Hallyday. Pas de chance.

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À réécouter : Jean d’Ormesson
1h 41

River Phoenix et Federico Fellini

Le 31 octobre 1993 est une date marquée d’une pierre noire pour le cinéma. D’un côté, il perd l’un de ses plus grands réalisateurs, Federico Fellini, victime d'un accident vasculaire cérébral à Rome à l’âge de 73 ans. Comble de l’ironie, le lendemain, il devait fêter ses 50 ans de mariage avec Juliette, sa femme, dont les images de l’actrice aux funérailles marqueront les esprits. D’un autre côté, Hollywood perd son jeune acteur prometteur qui était en train de définir les années 90 : River Phoenix, frère de Joaquim, victime d’une overdose à seulement 23 ans au Viper Room, la boîte de nuit de Los Angeles dont Johnny Depp est le propriétaire. Pour la petite anecdote, Joaquim Phoenix présent lors de cette tragique soirée, interprétera des années plus tard pour son rôle dans le biopic sur Johnny Cash, Walk The Line, une scène similaire, funeste mise en abîme d’une des morts les plus marquantes du cinéma américain.

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Michelangelo Antonioni et Ingmar Bergman

Le 30 juillet 2007, Michelangelo Antonioni et Ingmar Bergman meurent. Ces deux immenses cinéastes de l’après-guerre ont laissé une trace indélébile sur le cinéma en traitant notamment des angoisses existentielles et de l’aliénation sentimentale. Sauf que voilà, la veille, l’acteur Michel Serrault est décédé et pour un certain nombre de médias, la disparition de l’acteur de Garde à vue et de Buffet Froid efface la nécrologie des deux grands maîtres du septième art.

Howard Hawks et Charlie Chaplin

Nous sommes le 25 décembre 1977, et Charlie Chaplin s’éteint à l’âge de 88 ans en Suisse. Seulement quelques heures plus tard, c’est Howard Hawks, un autre réalisateur mythique qui passe l’arme à gauche. Si le premier œuvrait dans le cinéma comique et le deuxième dans le cinéma dramatique, les deux hommes ont beaucoup en commun : ils ont notamment connu tous les deux la délicate transition entre le cinéma muet et le cinéma parlant et font partie des rares à avoir su s’adapter à ce changement historique dans le septième art. Malheureusement pour Hawks, l’aura universelle de Chaplin éclipsera, surtout en Europe, la mort du réalisateur de Scarface.

À réécouter : Charlie Chaplin
1h 48

Michael Jackson et Farrah Fawcett

Juin 2009, les réseaux sociaux et les sites d’information s’affolent. La rumeur court un peu partout que le King of Pop est mort, victime d’une crise cardiaque. L’information circule à une cadence folle avec plus de 1000 tweets par minute, et certains sites d’information frôlent le crash à cause d’un trafic trop lourd. C’est tout d’abord TMZ, plus gros site people aux Etats-Unis à la réputation sulfureuse qui relaie l’information. Très vite, les médias et les réseaux sociaux relayent ce que tout le monde pense n’être qu’une fake news. La rumeur s’avère être vraie et la mort de l’actrice au brushing impeccable, Farrah Fawcett, arrivée quelques heures plus tôt, se retrouve complètement éclipsée par l'aura quasi christique de l'artiste américain. Dans la foulée, de nombreuses rumeurs de décès éclatent comme celles de Jeff Goldblum, George Clooney ou encore Harrison Ford. La mort de Michael Jackson marque donc aussi l’avènement de la fake news à outrance et des rumeurs 2.0.