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Naissance avant terme : des séquelles selon le degré de prématurité, mais aussi une meilleure prise en charge

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On peut améliorer la prise en charge du nouveau-né avec des techniques aujourd'hui bien identifiées
On peut améliorer la prise en charge du nouveau-né avec des techniques aujourd'hui bien identifiées
© AFP - Gérard JULIEN

Une enquête de l'INSERM, dont les résultats sont publiés ce jeudi dans le British Medical Journal, montre que, le selon le degré de prématurité, les séquelles seront plus importantes, mais aussi qu'on peut améliorer la prise en charge des ces nouveau-nés.

L'enquête EPIPAGE 2, publiée ce jeudi dans le British Medical Journal, porte sur le suivi de plus de 3 000 enfants et montre que les séquelles suivent le degré de prématurité du nouveau-né. Ce sont des enfants de 5 ans et demi qui ont été suivis, cet âge correspond à un moment clé du développement de l'enfant. 

20 à 30% vont se retrouver avec des difficultés importantes, un tiers avec des difficultés dites mineures, mais pas sans effet (troubles du comportement ou de la relation). 

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Naitre à 25 semaines, c'est la prématurité extrême ; à 30 semaines, la prématurité modérée ; à 34 semaines : prématurité mineure, et ça n'entraine pas les mêmes séquelles. 

46% des extrêmes ou grands prématurés connaitront des difficultés de développement de la motricité, ou bien sensoriel (comme la vision ou l'audition), et des difficultés cognitives, contre seulement 12% chez les enfants modérément prématurés. 

De ces séquelles va dépendre aussi la scolarisation 

Si quasiment tous les enfants sont scolarisés, seuls 70% des prématurés extrêmes le sont dans des classes ordinaires, sans soutien, explique Veronique Pierrat, coauteur de l'étude et pédiatre au CHU de Lille. "On sait que le besoin de soutien augmente avec l'âge, donc se dire qu'il y a déjà 30% des enfants à 24/26 semaines qui ont besoin d'un soutien à l'école, ça nous semble vraiment important à signaler, d'autant que ces soutiens sont de plus en plus difficiles à mettre en place." 

L'aide précieuse du lait maternel

Autre enseignement de cette étude : on peut améliorer la prise en charge du nouveau-né avec des techniques aujourd'hui bien identifiées, que détaille Jean-Christophe Rozé, coauteur, pédiatre au CHU de Nantes : "en gérant mieux la nutrition en utilisant le lait maternel comme un médicament, entre guillemets, on gagne 5 point de QI pour un enfant allaité, par rapport à un enfant non allaité. Donc on doit informer les mamans sans rendre obligatoire l'allaitement." 

Pour le Docteur Rozé, il est vraiment important "d'intégrer les parents dans les soins, par exemple sur le peau à peau : le bébé est beaucoup mieux entre les seins de sa maman, sur son ventre, il se stabilise. Avec le peau à peau on a beaucoup progressé."

Aux parents inquiets de l'évolution d'une enfant née prématurée, il est rappelé que le développement à un âge donné n'est pas figé. À 5 ans et demi le cerveau est encore en pleine évolution, les difficultés peuvent être prises en charge si elles sont repérées assez tôt.

> Comprendre la prématurité sur le site de l'INSERM