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NFT et 49-3 : à quoi va ressembler "Cryptopolitics", le jeu du Gorafi sur les candidats à la présidentielle

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Une partie des cartes du jeu "Cryptopolitics"
Une partie des cartes du jeu "Cryptopolitics"
- Cryptopolitics

Des cartes à jouer à l’effigie des candidats à l’élection présidentielle, des duels, des blagues, et au milieu de tout ça, un peu de NFT et de cryptomonnaies : c’est la recette de "Cryptopolitics", un jeu vidéo co-écrit par l'équipe du site parodique Le Gorafi et attendu pour fin janvier.

Entre Anne Hidalgo et Yannick Jadot, qui l’emporte ? Ou entre Nicolas Dupont-Aignan et Valérie Pécresse ? Autant de questions qui vont se poser… dans un jeu vidéo dont la sortie est attendue d’ici la fin du mois. "Cryptopolitics", conçu par l’association Civicpower, prendra la forme d’un jeu de cartes à collectionner, un peu à la façon des cartes Magic ou Pokémon. 

"C’est un jeu de quêtes, avec des missions à accomplir. C’est aussi un jeu de combat, où l’on va pouvoir affronter une personnalité politique ou une équipe de campagne, seul ou à plusieurs. A chaque fois qu’on réalise un objectif, on remporte quelque chose", explique Nicolas Brait, co-fondateur de Civicpower. Autrement dit, comme on peut faire s'affronter un Dracaufeu et un Pikachu, on pourra faire s'affronter un Mélenchon et un Macron, et celui qui aura la carte la plus puissante, avec les meilleures caractéristiques et les meilleures "attaques", remportera le duel. 

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L'humour du Gorafi dans un "metavers politique"

Pour imaginer ces caractéristiques, ces "attaques" et autres caractéristiques ont été écrites par une équipe réputée pour son humour grinçant : celle du site parodique Le Gorafi. "Nous allons ajouter notre regard, notre côté cynique et nihiliste, à ce jeu", explique Sébastien Liébus, le cofondateur du site. "Les cartes seront inspirées de notre univers, avec des références à des articles, on va jouer avec les codes du jeu sans se prendre au sérieux. Il y aura des armes, des potions magiques, des pouvoirs" inspirées du parcours des personnalités politiques. 

Plus concrètement, les parties se dérouleront sous la forme de "batailles de mots", où les joueurs s’affronteront en montant des "équipes de campagne" dans des arènes aux caractéristiques différentes (le plateau TV, la rue, l’Elysée, l’Assemblée nationale). Certaines cartes pourront utiliser des pouvoirs spéciaux comme l’article 49-3 qui permet de rejouer cas d’échec, ou les attaques spéciales "La République c’est moi" ou "C’est notre projet".  

Des cartes plus ou moins rares, certifiées NFT

Après cette première phase de développement du jeu, où ce sont surtout les collections de cartes qui seront mises en avant, d’autres modes de jeu devraient arriver. Car le jeu ne se limite pas aux candidats à la présidentielle, et on y trouve aussi des personnalités syndicales (Bernard Thibault, Philippe Martinez), des élus locaux (Alain Rousset, Robert Ménard), et des politiques du passé : parmi les cartes "légendaires" on trouvera Charles de Gaulle, Simone Veil, Jules Ferry ou Georges Clemenceau - chacun et chacune assorti de son petit avatar au look cartoonesque. 

Le tout est adossé aux fameux NFT qui peuplent Internet depuis l’an dernier. A la manière de la start-up Sorare qui a développé le concept des vignettes de joueurs de foot virtuelles, Cryptopolitics utilise les NFT "pour assurer la réalité des cartes", explique Nicolas Brait. "Il nous sert à prouver que telle carte existe bien dans telle série, et que par exemple la carte qu’un joueur possède est la trentième sur une série de 4000 cartes". Ainsi, s’il sera possible de récupérer chaque jour des nouvelles cartes au hasard, il deviendra aussi possible de revendre et d’acheter ses cartes, dont les niveaux de rareté seront variés, comme dans un vrai jeu de cartes. 

Le véritable argent vient donc se glisser dans ce jeu politique. "C’est un jeu qu’on appelle play-to-earn, où l’on joue pour gagner quelque chose. La différence avec les jeux normaux, c’est que ce quelque chose vaut de l’argent", car ces cartes NFT sont adossés à une valeur en cryptomonnaie, le $POWER, qui n'existera que dans cet univers mais sera convertible en euros.

Mais, précise Nicolas Brait, "celui qui met de l’argent est plutôt celui qui a un profil d’investisseur, qui vont investir pour faire évoluer leurs cartes et les revendre plus cher après, mais ce sera une infime partie des gens ; 95% des utilisateurs seront là pour jouer, pas pour un business plan d’investissement". A la manière de beaucoup de jeux, les $POWER permettront aussi d'acheter des accessoires ou des "boosters" pour ses personnages. 

"On a deux objectifs : l’objectif de l’association Civicpower, c’est de faire quelque chose de ludique pour que les gens, notamment les jeunes, par le jeu, s’instruisent sur les mécanismes de la démocratie. On va expliquer, sous plein de formes différentes, et notamment en utilisant la dérision et le cynisme du Gorafi, ce qu’est un président, une collectivité, etc. Et le deuxième objectif, oui, c’est de faire marrer les gens", résume Nicolas Brait. Si le jeu est lancé à quelques semaines à peine de la présidentielle, il devrait par la suite continuer à exister : "Chronique de la présidentielle et des législatives" n'est annoncé que comme la première "saison" de jeu de Cryptopolitics, mais d'autres sont en cours de développement.