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Ni féminin, ni masculin, le pronom "iel" est entré au dictionnaire Le Robert

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Le mot est entré dans le dictionnaire Le Robert, mais pour l'heure seulement dans sa version en ligne
Le mot est entré dans le dictionnaire Le Robert, mais pour l'heure seulement dans sa version en ligne
© Getty

Le pronom "iel", contraction de "il" et "elle" a été ajouté en octobre dernier à la version en ligne du dictionnaire Le Robert. Un mot utilisé notamment par les personnes non-binaires qui ne se reconnaissent dans aucun genre, ni masculin ni féminin.

Ajouter au dictionnaire des noms communs, des adjectifs, c'est chose courante. Un pronom personnel, ça l'est beaucoup moins. "Iel", déclinable en "ielle" et "iels" ou "ielles" à la troisième personne du pluriel, a été intégré courant octobre au dictionnaire Le Robert, du moins sa version en ligne. "Iel", c'est la contraction de "il" et "elle", un pronom neutre en quelque sorte qui permet "d'évoquer une personne quel que soit son genre" nous dit la définition.  

Le dictionnaire est là pour rendre compte d'un usage.

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Si ce mot n'est pas encore entré dans le langage courant, son usage est de plus en plus fréquent, que ce soit dans la vraie vie ou sur les réseaux sociaux. Un mot-valise utilisé notamment par les locuteurs non-binaires, c'est-à-dire des personnes qui ne se retrouvent ni dans le genre masculin ni féminin. "Les nouveaux mots répondent à un besoin", explique Marie-Hélène Drivaud, directrice éditoriale du dictionnaire Le Robert. "C'est le cas du mot 'iel'. La langue française est une langue genrée où il faut choisir son camp, 'il' ou 'elle'. Certains n'ont pas envie de faire ce choix et ils ont trouvé cette solution, qui est bonne ou pas, ce n'est pas à nous de juger. Nous sommes simplement là pour rendre compte d'un usage."

Une avancée sociale, estime une association de personnes transgenres

Un usage grandissant : de fait, la non-binarité est un phénomène qui prend de l'ampleur. D'après un sondage Ifop paru à l'automne 2020, 22 % des 18-30 ans déclarent ne pas se reconnaître dans le schéma "fille ou garçon". Pour Lee Ferrero, fondateur de Transat, une association de personnes transgenres à Marseille, l'arrivée du pronom "iel" dans le dictionnaire est une véritable avancée sociale. 

"C'est presque quelque chose d'historique. Le langage fonde l'existence des choses, alors imaginez une situation où votre identité n'est pas exprimable, une situation où on ne peut pas communiquer de façon simple et être compris quand on parle de soi. Les détracteurs du pronom 'iel' nous disaient, ce n'est pas français, ça n'existe pas, vous dénaturez la langue. Désormais, avec cette reconnaissance par le dictionnaire, ces arguments vont peu à peu disparaître. Cela va faire bouger les choses", s'enthousiasme le militant.

Reste maintenant quelques problèmes grammaticaux en suspens, comme par exemple comment accorder les adjectifs ou les participes passés avec ce pronom ni féminin, ni masculin.