Norman Thavaud : YouTube réfléchit à prendre des sanctions (mais ne dit pas quand et comment)

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Norman Thavaud : YouTube réfléchit à prendre des sanctions (mais ne dit pas quand et comment)

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Norman Thavaud est visé par une enquête préliminaire pour viol et corruption de mineurs.
Norman Thavaud est visé par une enquête préliminaire pour viol et corruption de mineurs.
© AFP - JOEL SAGET

La plateforme YouTube affirme se pencher sur la situation de Norman Thavaud. Le vidéaste français, qui figure parmi les plus visionnés, a été placé en garde à vue lundi dans le cadre d'une enquête pour viol et corruption de mineurs, puis relaché sans que des poursuites ne soit engagées contre lui.

La garde à vue de Norman Thavaud s’est terminée mardi soir, sans poursuites à ce stade. Le youtubeur, connu sous le pseudonyme "Norman fait des vidéos" et suivi par 12 millions d'abonnés sur YouTube, était  entendu depuis lundi pour viol et corruption de mineurs, dans le cadre d'une enquête ouverte en janvier 2022 et confiée à la brigade de protection des mineurs de la police judiciaire de Paris.

En parallèle de la procédure judiciaire, la plateforme qui héberge ses contenus depuis janvier 2011, propriété de Google, réaffirme qu'elle considère "le harcèlement sexuel, sous toutes ses formes, comme inacceptable", et expliquait mardi soir se pencher sur la situation et réfléchir à d'éventuelles sanctions, sans toutefois préciser quand elle prendrait sa décision ni ce qui fait peser la balance plutôt d'un côté que de l'autre.

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Situation délicate pour YouTube

Car l'équation n'est pas simple pour la plateforme américaine d'hébergement de vidéos. Lorsque Youtube est confrontée à des vidéos qu'elle héberge, mais qui enfreignent ses règles, il n'y a là aucune ambiguïté : suppression ou suspension. "Si un contenu inapproprié est signalé sur YouTube, nous supprimons la vidéo et/ou les commentaires. Conformément à notre règlement, nous pouvons aussi clôturer les comptes concernés", indique YouTube à France Inter par communiqué. Ainsi, entre juillet et septembre 2022, YouTube a retiré 5,6 millions de vidéos et supprimé plus de cinq millions de chaînes.

En revanche, il est bien plus sensible de prendre une décision lorsqu'un créateur de contenu est accusé de comportements problématiques en dehors du cadre de la plateforme. YouTube, néanmoins, y réfléchit pour Norman Thavaud, affirme un porte-parole à France Inter, confirmant l'information de Mediapart, sans toutefois donner d'échéances précises ni plus de précisions sur les éléments qui pourraient peser dans sa décision.

"Certains comportements (...) en dehors [de la plateforme] peuvent également être considérés comme inappropriés et entraîner des sanctions", indique le règlement de YouTube à la rubrique "Responsabilité des créateurs", qui cite en exemple une "intention malveillante de causer un préjudice à autrui", ou la "participation à des actes abusifs, violents ou cruels, ou à des activités frauduleuses/trompeuses entraînant des dommages réels".

Déréférencement, démonétisation ?

Les sanctions prévues par le règlement vont du déréférencement de la chaîne ou des contenus dans le champ de recherche ou les recommandations (sur la page d'accueil, dans la section "Vidéos à regarder ensuite" ou dans l'onglet "Tendances") en passant par l'exclusion du programme partenaire de YouTube. Il peut également s'agir de démonétisation des vidéos, à savoir la perte des revenus générés par les millions de visionnages que se partagent les créateurs et la plateforme.

Une telle décision ne serait pas, dans tous les cas, irrévocable, précise YouTube, en cas d'éléments nouveaux dans l'affaire qui concerne Norman Thavaud.