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Nouveau gouvernement : derrière la parité numérique, une sous-représentation des femmes dans les ministères

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Les 16 ministres de plein exercice nommés par Elisabeth Borne pour son second gouvernement : cinq femmes et onze hommes.
Les 16 ministres de plein exercice nommés par Elisabeth Borne pour son second gouvernement : cinq femmes et onze hommes.
© Radio France - ERIC PIERMONT/LUDOVIC MARIN/XOSE BOUZAS/HANS LUCAS/ DANIEL PIER/ NURPHOTO/ BERTRAND GUAY/XOSE BOUZAS/HANS LUCAS/IP3 PRESS/MAXPPP/ GEOFFROY VAN DER HASSELT

Si le gouvernement Borne II affiche une parité numérique, avec 21 hommes et 21 femmes, la répartition des postes est beaucoup moins égalitaire. Seules 12 femmes occupent un poste de ministre, pour 20 hommes. En revanche, elles sont neuf secrétaires d'État, pour un seul homme.

Ils sont 41 au sein du second gouvernement d'Elisabeth Borne. De nouvelles recrues, comme François Braun, nouveau ministre de la Santé, des figures maintenues, comme Bruno Le Maire à Bercy et des visages bien connus réaffectés, comme Olivier Véran, qui devient porte-parole du gouvernement. Mais quid de la parité ? Promesse de campagne d'Emmanuel Macron en 2017, elle est de nouveau affichée ce 4 juillet, avec 21 hommes et 21 femmes au sein de la nouvelle équipe gouvernementale.

Toutefois, ce chiffre cache une répartition des postes beaucoup moins égalitaire. Les femmes ne briguent que 12 postes de ministres, contre 20 pour les hommes. Elles sont en revanche surreprésentées chez les secrétaires d'État. Une seule femme occupe un poste clé et parmi les ministres sortants, quatre femmes et un homme, tous ont été remplacés par des hommes.

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Pas de parité chez les ministres...

Ce nouveau gouvernement compte 17 ministres de plein exercice, en plus de la Première ministre, contre 18 pour le gouvernement Borne I. Toutefois, contrairement au précédent, la parité n'est ici pas respectée. Seuls six femmes sont ministres de plein droit, contre onze hommes. Parmi celles-ci, Elisabeth Borne, mais aussi Catherine Colonna, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Sylvie Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture et Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques. Toutes ont été reconduites dans leurs fonctions.

Les deux ministres défaites aux élections législatives, Amélie de Montchalin et Brigitte Bourguignon, qui occupaient les postes clés de ministre de la Transition écologique et de ministre de la Santé, laissent leur place respective à des hommes : François Braun et Christophe Béchu. Damien Abad, évincé du ministère des Solidarités, est lui aussi remplacé par un homme, Jean-Christophe Combe ; pas de rééquilibrage donc.

…Ni parmi les ministres délégués

Le déséquilibre existe aussi parmi les ministres délégués. Leur nombre global passe de six à quinze, mais les femmes y restent sous-représentées : elles ne sont que 6, contre 9 hommes. Parmi celles-ci, Isabelle Rome, chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes reste en poste. Olivia Grégoire, ex-secrétaire d'Etat et porte-parole du gouvernement est promue à Bercy : elle y devient ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme.

Quelques femmes font également leur entrée au gouvernement dont Caroline Cayeux, chargée des Collectivités territoriales et Geneviève Darrieussecq est de retour, chargée des Personnes handicapées. Elles sont toutes les deux rattachés à des ministères tenus par des hommes : le Travail, l'Éducation nationale et les Solidarités.

Une surreprésentation des femmes parmi les secrétaires d'État

Très peu représentées aux postes clés, les femmes sont en revanche ultra-majoritaires parmi les secrétaires d'État. Elles sont neuf, pour un seul homme. Déjà, dans le précédent gouvernement Borne, toutes les Secrétaires d'État étaient des femmes. Le seul homme, Hervé Berville, récupère le poste d'une femme : l'ex-secrétaire d'Etat à la Mer, Justine Bénin, éliminée lors des dernières élections législatives. Marlène Schiappa revient au gouvernement, en charge de l’Economie sociale et solidaire et de la Vie associative. Ces nominations dans les secrétariats d'Etat permettent d'atteindre la parité globale dans l'équipe gouvernementale.

Parité de façade ?

À l'image de la répartition des gros ministères, les femmes occupent donc peu de postes clés. Catherine Colonna, ministre de l'Europe et aux Affaires étrangères, reste la seule femme à gérer un portefeuille régalien. Bruno Le Maire, Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin sont respectivement confirmés aux postes clés de l'Economie, de la Justice et de l'Intérieur. Ce dernier voit même ses fonctions élargies à l'Outre-Mer, là aussi un poste important qu'occupait précédemment une femme, Yaël Braun-Pivet, élue présidente de l'Assemblée nationale.

Olivia Grégoire, nommée le 20 mai dernier au poste stratégique de porte-parole du gouvernement, laisse sa place à Olivier Véran, habitué des déclarations publiques depuis la crise du Covid. 30e porte-parole du gouvernement et 7e femme à exercer ce poste, elle n'aura donc tenu qu'un mois et demi devant le pupitre. Et pour son successeur, le poste est élargi ! Jusque-là, le porte-parole du gouvernement était un secrétaire d'Etat. Mais Olivier Véran, ex-ministre délégué des Relations avec le Parlement et de la Vie démocratique...Reste ministre délégué. Pour cela, le porte-parole sera également chargé du "Renouveau démocratique".

Enfin, en termes de missions, les femmes restent chargées des secrétariats d'Etat à l'"enfance", à "la citoyenneté", au "développement et la francophonie", quand les ministres délégués à Bercy (trois hommes sur les quatre postes) sont en charge des "comptes publics", de l'"industrie" et de la "transition numérique et des télécommunications". Aux postes clés des Transports et du Logement, là encore deux hommes : Clément Beaune, promu, et l'ex-socialiste Olivier Klein, nouvel entrant. Olivia Grégoire, seule femme ministre déléguée à Bercy et seule femme promue entre les gouvernement Borne I et Borne II, hérite d'un large portefeuille : "les petites et moyennes entreprises, le commerce, l'artisanat et le tourisme."

Interrogé sur cette répartition des postes, et notamment sur le faible nombre de femmes ministres de plein exercice, Olivier Véran, nouveau porte-parole du gouvernement, a déclaré ce lundi 4 juillet : "ne regardez pas le positionnement des portefeuilles ministériels. Ce qui compte, c'est la mission. (…) Aucune mission n'est plus importante qu'une autre", a-t-il balayé, avant de poursuivre : "donc oui, ce gouvernement est paritaire".