Publicité

Nuit Blanche fête ses vingt ans : retour sur dix oeuvres qui ont marqué les nuits parisiennes

Par
"Purple Rain" de Pierre Ardouvin, temps fort de Nuit Blanche, en 2011
"Purple Rain" de Pierre Ardouvin, temps fort de Nuit Blanche, en 2011
© AFP - FRED DUFOUR

Après deux années perturbées par la pandémie, l’événement artistique parisien revient ce samedi dans sa formule complète, pour fêter son 20e anniversaire. L’occasion de revenir sur 10 installations qui sont restées dans les mémoires. Immersives, gigantesques, retour sur ces oeuvres inoubliables.

C’est l’un des grands moments de l’année artistique à Paris : chaque année, pendant une nuit, des lieux connus ou moins connus de la capitale changent d’allure, d’atmosphère, investis par des artistes contemporains. Nuit Blanche, qui se tient en général début octobre, est un événement aussi apprécié que décrié par les habitants de Paris - et les autres.

Après deux éditions "réduites" en raison des conditions sanitaires, l’événement revient en version intégrale, avec des dizaines d’oeuvres à voir une partie de la nuit dans tout Paris, et une occasion spéciale : c’est le 20e anniversaire de la manifestation, lancée en 2002 par Bertrand Delanoë, qui venait alors d’être élu maire de Paris.

Publicité

A cette occasion, nous nous sommes replongés dans l’histoire des oeuvres les plus marquantes de l’événement. En 20 ans, certaines images sont restées gravées dans les mémoires des amateurs d’art et des promeneurs nocturnes. Voici notre sélection.

8 min

2002 : Tetris sur le mur d'un immeuble

Pour lancer la première édition de Nuit Blanche (et pas "la" Nuit Blanche, rappelle régulièrement la mairie de Paris), il fallait un geste visuel fort. Ce fut fait avec l’installation "Arcade", du collectif berlinois Chaos Computer Club. Le temps d’une soirée, ils ont transformé une tour de la BNF François Mitterrand en immense écran d’arcade, chaque fenêtre représentant un pixel lumineux. Tout au long de la soirée, le bâtiment a affiché des images, des textes et même… un jeu, les visiteurs pouvant interagir avec l’oeuvre via un numéro de téléphone interactif.

L'installation "Arcade" à Nuit Blanche en 2002
L'installation "Arcade" à Nuit Blanche en 2002
© AFP - BERTRAND GUAY

En 2007, l’artiste François Chalet donne une autre vision de ce que peut donner une installation sur une tour : sur la Tour de Tolbiac, autre immense tour parisienne, il affiche des petites histoires cartoonesques dans les fenêtres du lieu, comme si, d’un coup, la tour s’animait et qu’une vie de dessin animé apparaissait à l’intérieur.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

2006 : Le Karaoké Choral de Camille Henrot

Camille Henrot fait partie des artistes dont la carrière est très liée à Nuit Blanche : elle y a présenté des oeuvres alors qu’elle faisait ses débuts, en 2002, puis en tant qu’artiste émergente en 2006 et, depuis, en tant que confirmée. En 2006, elle proposait le "Karaoké Choral", une vidéo dans laquelle il ne s’agissait pas de suivre un texte et des paroles, mais une bouche, en train de reprendre des grands airs de chansons d’amour françaises.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Une façon d’évoquer, en une seule vidéo, à la fois l’intime et le collectif. L’installation a été réactivée par la suite.

2007 : H5 met en vente l'un des plus vieux bâtiments de Paris

En 2007, le collectif de graphistes H5 (qui sera plus tard primé d’un Oscar pour le court-métrage Logorama) joue un canular en plein Paris : il place des échafaudages autour de l'Hôtel de Sens, un des vestiges de l'architecture médiévale à Paris, et l'entoure de panneaux publicitaires vantant le projet "renaissance", un immeuble d'affaires bâti sur la base de l'immeuble. Vues d'artiste, permis de conduite, annonces immobilières : tout y est. Mais évidemment (et heureusement), rien n'est vrai. H5, qui travaille en parallèle de ses activités de graphisme, un vrai travail artistique sur la remise en question de l'imagerie publicitaire, signe là un acte visuel fort.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Le choix du lieu n’est pas un hasard : l’hôtel de Sens abrite la Bibliothèque Forney, spécialisée dans les arts graphiques et la publicité.

2009 : Un terrain de foot cabossé, par Priscilla Monge

Tout au long des années, Nuit Blanche a mis à contribution les visiteurs, avec des installations immersives et parfois même participatives… mais parfois pas faciles à pratiquer. Que se passe-t-il quand un terrain de football est rendu impraticable par un champ de bosses ? C’est le projet de l’artiste Priscilla Monge, qui interroge les règles sociales sous l’angle de l’humour.

Priscilla Monge sur son terrain de foot
Priscilla Monge sur son terrain de foot
© AFP - MIGUEL MEDINA

Avec ce terrain de foot, les visiteurs sont face à un dilemme : ils peuvent prendre part à l’oeuvre d’art, mais s’ils le font, ils doivent jongler avec les règles du football, qui deviennent caduques sur un terrain comme celui-ci.

2009 : Michel de Broin suspend une boule disco sur le Luxembourg

C’est une des images les plus mythiques de Nuit Blanche : une gigantesque boule à facettes suspendue en plein milieu du Jardin du Luxembourg, éclairée par de grands projecteurs, pour recréer en plein Paris un ciel étoilé que l’on ne voit jamais dans la capitale. Le canadien Michel de Broin a marqué les esprits avec cette oeuvre pleine de poésie et d’une touche d’humour.

La boule à facettes était visible dans le ciel de Paris
La boule à facettes était visible dans le ciel de Paris
© AFP - Jacques Demarthon

2011 : Purple Rain, de Pierre Ardouvin

Cette pluie violette fait bien référence à la chanson à laquelle vous pensez : dans le cadre d’un hôtel particulier du Marais, l’artiste Pierre Ardouvin a fait entrer la pluie. Munis d’un parapluie, les visiteurs sont invités à entrer dans cet espace où il semble qu’un micro-phénomène météo s’est installé, le tout sous une lumière rose intense.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Et, en accompagnement musical, la célèbre chanson de Prince vient boucler l’atmosphère étonnante de cette installation où "les visiteurs sont acteurs de leurs propres fantaisies". Cette oeuvre fait partie de celles qui sont réactivées à l'occasion du 20e anniversaire de Nuit Blanche : cette fois, elle sera visible à l'Académie du Climat, pour lui apporter un nouvel éclairage sous le prisme des changements climatiques.

La même année, Nuit Blanche aborde un autre aspect de la musique : la danse, avec un bal silencieux, l’un des premiers du genre, dans les mures du lycée Edgar-Quinet. Les convives, casque sur la tête, dansent en silence.

2012 : Soirée mousse à la Mairie du 4e arrondissement

700 artistes sont invités dans 180 lieux parisiens pour cette édition. Et parmi eux, un Français, Michel Blazy, qui travaille essentiellement avec des matériaux éphémères, périssables, évolutifs. Il installe dans les salons de la Mairie du 4e arrondissement une immense machine à mousse : celle-ci fonctionne sans arrêt, jusqu’à l’écoeurement - ou jusqu’au ridicule.

L'oeuvre de Michel Blazy avait envahi la mairie du 4e arrondissement
L'oeuvre de Michel Blazy avait envahi la mairie du 4e arrondissement
© AFP - BERTRAND GUAY

Cette oeuvre montre, selon son artiste, "le futur possible de la planète si nous ne prenons pas garde à notre environnement". Cette année, une autre artiste, Stéphanie Lüning, propose aussi un débordement de mousse, mais cette fois sur la place devant le Centre Pompidou… et en couleurs !

2015 : Le Nuage de Stéphane Ricordel sur la Petite Ceinture

Cette année-là, l’édition de Nuit Blanche s’était concentrée en particulier sur plusieurs tronçons de la Petite Ceinture, cette ancienne voie ferrée en partie rouverte au public sous la forme d’une "voie verte". Tout le long de ce parcours, des interventions venaient modifier le paysage. Et au-dessus des têtes des spectateurs, un nuage. Et plus haut, un performeur, qui saute dans le nuage… qui se met à lâcher une neige au-dessus des spectateurs.

Le "Nuage" de Stéphane Ricordel
Le "Nuage" de Stéphane Ricordel
© AFP - THOMAS SAMSON

Dans cette édition dont l’une des thématiques était le rapport à la nature - COP21 oblige, cette oeuvre est aussi poétique qu’elle fait écho à l’effet des humains sur la planète.

2017 : The Master's Tools, de La Horde

En 2017, La Horde n’est pas encore le collectif superstar à la tête de l’Opéra de Marseille et créateur de spectacles joués à guichets fermés au Châtelet. Le collectif composé d’Arthur Harel, Marine Brutti et Jonathan Debrouwer vient de remporter le prix "Danse élargie" et est invité à investir une ancienne halle de la SNCF, dans le 18e arrondissement.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Il en résulte un happening démentiel, où à l’intérieur, des danseurs dansent avec des transpalettes non loin de chanteurs d’opéra qui encerclent des performeurs et performeuses en train d’embrasser une limousine, pendant qu’à l’extérieur, une scène de film est tournée, où des volontaires font face aux jets d’un camion anti-émeute. Une claque, qui marque autant l’histoire de Nuit Blanche que celle de l’art et de la danse contemporaines en France ces dernières années.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

2019 : La Parade de Buren (et les autres)

Quelques mois avant que Paris, comme le reste du monde, se confine, Nuit Blanche voit les choses en grand et imagine de grandes traversées de Paris. La première est une course, un 10 kilomètres ouvert à tous et à toutes, qui a la particularité de passer au milieu de grands monuments comme le Louvre ou le théâtre du Châtelet. La seconde est une promenade à vélo sur le périphérique, rendue possible par la fermeture aux voitures d’un tronçon de cet axe.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Enfin, la troisième, c’est une immense parade organisée le long de la rue de Rivoli : des chars gigantesques imaginés par des artistes remontent la grande artère parisienne, à la manière d’une manifestation fantastique. Ainsi, Daniel Buren propose un "Paris recadré" en reflétant les bâtiments de la rue dans des miroirs géants, quand Vivian Roubaud présente une machine à barbapapa géante, et un temple venu d’une religion inconnue et farfelue, créé par l’artiste Shana Moulton.