Ocean Viking : l'Elysée dénonce le "vilain geste" de l'Italie

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Ocean Viking : l'Elysée dénonce le "vilain geste" de l'Italie

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Emmanuel Macron et Georgia Meloni.
Emmanuel Macron et Georgia Meloni.
© Maxppp - Yoan Valat/Francesco Fotia

L'Elysée assume le bras de fer avec l'Italie, après l'épisode de l'Ocean Viking. Les migrants accueillis seront retranchés de l'accord avec l'Italie. "La pression migratoire s’est fortement accrue en Europe. Et nos règles ne sont pas bâties pour cette situation", estime l'exécutif.

Le refus de l'Italie d'accueillir l'Ocean Viking est "un vilain geste", tacle l'Elysée. Après le G20 à Bali, le président de la République est à Bangkok pour le sommet de l'APEC, la Coopération économique Asie-Pacifique. Mais même à plusieurs milliers de kilomètres de la Méditerranée, l'épisode de l'accueil par la France de l'Ocean Viking à Toulon ne passe pas.

Le bateau de SOS Méditerranée sur lequel se trouvaient 234 migrants secourus, dont certains nécessitaient des soins, s'était vu refusé par l'Italie l'accès à ses ports. Un refus qui intervenait trois semaines à peine après l'entrée en fonction de Georgia Meloni, la présidente du Conseil d'extrême-droite qui a notamment fait campagne sur l'immigration.

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Les migrants de l'Ocean Viking "retranchés" de l'accord avec l'Italie

"L'important c'est de continuer la coopération et ne pas en rester là", précise l'Elysée, qui veut en même temps afficher une certains fermeté vis-à-vis de l'accueil des migrants. "Les personnes débarquées à Toulon seront retranchées du nombre que nous accueillons cette année au titre de la solidarité avec l'Italie", annonce l'entourage du président. Dans un accord trouvé en septembre dernier, la France s'était engagée à accueillir sur son sol 3.000 migrants présents en Italie, dont 500 d'ici la fin de l'année 2022.

Au-delà des chiffres et de l'Ocean Viking, l'Elysée estime que "nous devons travailler ensemble pour trouver des solutions efficaces pour l’immigration. (...) La pression migratoire s’est fortement accrue ces dernières années en Europe. Et nos règles ne sont pas bâties pour cette situation."

Et le président de la République d'insister sur le droit à l'asile : "Nous devons réussir à bâtir une stratégie qui soit conforme à nos principes et regarde la réalité en face. C’est ça notre défi sur l’immigration. Moi, je tiens à nos principes protéger celles et ceux qui se battent pour la liberté dans leurs pays. Je regarde la réalité."

"Le calendrier sera tenu" sur les retraites

Par ailleurs sur un autre sujet, la réforme des retraites, l'Elysée dit maintenir le cap d'une entrée en vigueur dès l'été 2023 comme annoncé par le président de la République : "Le calendrier sera tenu. Les négociations sont suivies de près." Sans placer nettement le curseur sur une mesure d'âge ou un allongement des cotisations, le palais rappelle sa position : "C'est simple, si on ne fait pas de réforme à ce moment-là, le choix qui sera à faire ce sera soit on baisse les pensions soit on augmente les charges.", estimant par ailleurs qu'il n'y a pas "une énorme marge de manœuvre sur le pouvoir d'achat des travailleurs".