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On a testé BrutX, le service de streaming du média français Brut

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Dans un univers ultra-concurrentiel, le pari de BrutX est osé.
Dans un univers ultra-concurrentiel, le pari de BrutX est osé.
© AFP - Hans Lucas / Riccardo Milani

Documentaires produits en interne, ligne éditoriale "à la Brut", séries inédites en France : la plateforme 100% vidéo a lancé son offre de streaming payant (4,99 € par mois) début avril. Nous l'avons testé.

C'est une petite nouvelle qu'on n'avait pas vu venir dans le paysage (déjà ultra chargé) des plateformes de streaming. Brut, média d'information français 100% vidéo, connu pour ses formats courts et sous-titrés, a lancé début avril une nouvelle offre payante, "BrutX". Basée sur sa ligne éditoriale et "les valeurs qui fondent Brut" (grands enjeux sociétaux, droits des femmes, questions de genre, lutte contre les discriminations, diversité, etc.), cette nouvelle offre est nourrie de la production de documentaires "faits maison" mais aussi de quelques séries inédites. Le pari est osé mais il y a quand même de quoi s'occuper, pour nos soirées confinées... Nous avons testé. 

Des documentaires originaux courts

BrutX propose une bonne trentaine de documentaires originaux (dont une dizaine produits par Brut en 2021), auxquels s'ajoutent, évidemment, tous les autres, une centaine au total. Au sein des productions internes, réalisés par des journalistes de Brut, les formats sont courts (pas plus d'une grosse vingtaine de minutes), agréables à regarder et les sujets variés. La plateforme en promet un nouveau chaque semaine.

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La marque reste là fidèle à sa stratégie, sur la forme comme sur le fond, avec un travail soigné, mais certains laissent parfois une impression d'entre deux, à mi-chemin entre le format court et le documentaire. Les deux séries "Gang de Paris" valent le détour (sur les skinheads de la capitale), tout comme "Cartels" où l'on suit le reporter Charles Villa, trois épisodes durant, en immersion à la rencontre des narcos au Mexique. Colline du crack, djihadisme, féminicides... On s'arrête aussi, intrigués, sur les 17 minutes de "Bike Life", dans la trace de ces amateurs de rodéos qui, au péril de leur vie, font des acrobaties à moto sur l'autoroute ou le périphérique parisien.   

Quelques exclusivités de qualité

Il faut souligner la présence d'une série, saluée par la critique à l'étranger et présentée en exclusivité en France par BrutX, "Veneno". Elle raconte l'histoire de Valeria, une apprentie journaliste, qui part à la rencontre d'une légende déchue, "la Veneno", une ancienne star trans qui a secoué l'Espagne à la fin des années 1990. 

La série espagnole, séduisante et percutante, adaptée de la biographie de Cristina Ortiz Rodrigues, relate son parcours d'excès, de noirceur et d'extravagances et éclaire Valeria sur sa propre identité. Série évènement des producteurs de "La Casa de Papel" et tête de gondole de la plateforme, elle montre à elle seule l'engagement de BrutX pour les questions de genre. À noter aussi la série britannique "Adult Material", plongée dans la (rude) réalité de l'industrie porno. BrutX promet une série en exclusivité tous les mois. 

Des séries ou films déjà vus ailleurs

Le catalogue de BrutX est aussi complété par environ 80 films, mais déjà vus sur d'autres plateformes plus classiques pour beaucoup (Netflix, MyCanal, OCS ou Amazon Prime) pas d'une fraiche jeunesse pour certains. On trouve pèle-mêle du français ou de l'étranger, des comédies, des drames, du Dolan, du Ken Loach, du Desplechin ou du Almodovar, "L'exercice de l'État", "Dikkenek", "Erin Brockovich" ou "Into the Wild".

À souligner, la présence de quelques introuvables comme "Soyez sympas, rembobinez" (Michel Gondry) ou "Cosmopolis" (Cronenberg) ou bien le rayon court-métrages, à visiter. Côté séries, au-delà des exclusivités promises par Brut ("Veneno" et "Adult Material", voir plus haut), pas de grandes découvertes. On y retrouve la mini-série de David Nicholls, "Patrick Melrose", qui vaut le détour. Elle met en scène Benedict Cumberbatch (Sherlock) dans le rôle d'un séducteur, alcoolique et narcissique. 

Une interface... brute

Côté design, Brut, à son habitude, ne s'encombre pas de fioritures. Sur le modèle des vidéos qui ont fait le succès de la marque, BrutX reprend les codes simples, basiques : fond noir, typographie standard, fluidité parfaite. Que ce soit sur tablette, téléphone ou ordinateur, l'interface fait preuve d'une agréable simplicité tout en s'inspirant de l'existant. 

L'interface permet également, c'est assez rare pour le souligner, de paramétrer les sous-titres. On peut télécharger un contenu pour le visionner hors connexion. Si l'on devait ajouter quelque chose, ce serait la possibilité d'ajouter un programme dans ses favoris directement depuis la page d'accueil. 

► BrutX est accessible sur smartphone (iOS et Android), tablette, ordinateur, les box Free et Orange, Apple et Android TV pour 4,99 € par mois.