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On a vu "Abba Voyage" : le groupe Abba de retour sur scène... ou presque

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Les hologrammes du groupe évoluent dans une scénographie futuriste accompagnés de vrais musiciens
Les hologrammes du groupe évoluent dans une scénographie futuriste accompagnés de vrais musiciens
© Radio France - Richard Place

A Londres, le groupe suédois se produit dans une salle de 3 000 places spécialement conçue pour ce show, ce sont des hologrammes qui remplacent les artistes. Ils ont leur apparence d’il y a 40 ans. La série de spectacles vient de commencer.

Une soucoupe volante qui se serait posée dans le parc Olympique de Londres. Voilà à quoi ressemble la salle spécifiquement élaborée pour ce "Abba voyage". A l’intérieur, 3 000 personnes surexcités. Certaines ont revêtus leurs plus belles tenues "seventies" prêtes à replonger 40 ans en arrière. "Nous voulons Abba" scande la foule.

Les 4 silhouettes émergent de la scène, elles sortent littéralement du sol. Pas de trappe et de mécanisme. Comme des plantes qui pousseraient en quelques secondes. Effet garanti. Délire dans les gradins. Le show démarre et l’illusion est parfaite. Sur les écrans géants, des gros plans sur les visages jeunes et souriants des stars suédoises dans leurs tenues moulantes et colorées.

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La ABBA Arena, qui accueille le spectacle à Londres
La ABBA Arena, qui accueille le spectacle à Londres
© Radio France - Richard Place

"C’était tellement fort que j’ai commencé à pleurer", reconnaît Kevin encore très ému. "C’est si émouvant. Ce n’est pas seulement un concert live, c’est un tout ! C’est nouveau ! Personne n’a vu ça avant"

"Vous oubliez que ce n'est pas eux"

Le groupe paraît bien physiquement présent. Il chante, il danse mais il reste assez éloigné loin du public qui se contente de ces silhouettes jamais complètement dans la lumière. Dans la salle, on reprend les tubes et on se déhanche.

Les silhouettes des membres du groupe ne sont jamais complètement dans la lumière
Les silhouettes des membres du groupe ne sont jamais complètement dans la lumière
© Radio France - Richard Place

"J’aime Abba depuis plus de 50 ans. Je dansais en chantant leur chanson devant ma glace dans ma brosse à cheveux", confie Tanya vêtue de paillettes des pieds jusqu’au cou. "Ce soir je l’ai fait avec eux. Incroyable ! Vous oubliez que ce n’est pas eux. C’est comme s'ils étaient là."

Accompagnés d’un groupe en chair et en os par moments, Agnetha, Anni-Frid, Björn et Benny enchainent les tubes. Les hologrammes disparaissent pendant certains titres, laissant la place à des vidéos sur l’immense écran qui occupe une moitié de la salle. On est alors plus dans une cinématique de jeu vidéo que dans un concert, troublant quelque peu le public, sans doute moins habitué à Assasin’s Creed et Final Fantasy qu’au flower power et pattes d’eph. Qu’à cela ne tienne, c’est l’occasion d’aller chercher quelques pintes pour reprendre des forces. La scénographie touche par instants au sublime, tirant son inspiration de l’univers de Star Wars ou de Tron.

Les visages des membres d'ABBA s'affichent parfois sur de grands écrans
Les visages des membres d'ABBA s'affichent parfois sur de grands écrans
© Radio France - Richard Place

Comme dans un vrai concert (mais n’en est-ce pas un finalement ?), les vedettes s’adressent à la foule. "Etre ou ne pas être…" pour démarrer le speech de Björn ou encore Benny qui rappelle au public que le juge britannique ne leur avait donné aucun point quand ils avaient chanté « Waterloo » au concours de l’Eurovision, suscitant l’hilarité dans la salle.

Il manque l'imprévu

Les jeux de lumières sont soignés et innovants, la réussite technique est totale. "A couper le souffle… On va revenir ! s’extasie Wilfried. Nous vivons à Vienne et l’on va revenir bientôt."

Les fans inconditionnels vivent la soirée rêvée. Ils retrouvent leurs idoles et plongent 40 ans en arrière. Pour qui ne cède pas à cette passion collective, la performance technologique ne suffit pas à captiver pendant tout le show. Le temps est un peu long quand, finalement, on ne fait que regarder un clip, certes joli, sur un écran. Et cette sensation désagréable et réelle, que tout est évidemment sur des rails. Lors des prises de parole des membres d’Abba, il y a des silences prévus pour laisser la salle rire ou applaudir.

Parfois des vidéos "cinématiques" remplacent les hologrammes des artistes
Parfois des vidéos "cinématiques" remplacent les hologrammes des artistes
© Radio France - Richard Place

Ces gros plans sur les écrans géants sont en fait des vidéos bien sûr, parfaitement synchronisées avec le show. Pas de caméra qui vient faire un gros plan sur Agnetha auquel elle répond par un coucou de la main. Les coupes de cheveux restent impeccables tout au long du spectacle, pas une goutte de sueur ne perle sur ces visages de cire et certains gestes, rares, manquent de souplesse. Il manque l’imprévu, tout est trop beau et trop parfait finalement. Un avis que ne partageait certainement pas les 3 000 fans venus hier soir, enchantés de cette troublante expérience.