Publicité

On n'a pas d'eau mais ils ont des idées : voici quatre solutions citoyennes pour économiser l'eau

Par
Pour économiser de l'eau, certains agriculteurs paillent leur potager.
Pour économiser de l'eau, certains agriculteurs paillent leur potager.
© AFP - SANDRINE MULAS/HANS LUCAS

Des solutions existent pour faire face à la baisse des cours d'eau et des nappes phréatiques. Dans les champs, au potager, ou à la maison. Voici quatre solutions développées par des Français, à petite échelle, pour économiser l'eau.

La France vit une sécheresse historique*, "la plus grave jamais enregistrée dans notre pays",* selon les mots employés par la Première ministre Elisabeth Borne vendredi 5 août. Et au delà du constat lié au réchauffement climatique, certains ont des idées pour préserver l'eau, l'économiser, ou l'utiliser mieux, dans les champs, au potager ou tout simplement chez soi, à la maison.

Le récupérateur d'eau de douche pour les WC

Sidi Drici, un entrepreneur spécialisé dans l'assainissement basé à Melun en Seine-et-Marne. ll a inventé voilà déjà 10 ans un récupérateur d'eau de douche pour alimenter les toilettes, pas plus grand qu'un ballon d'eau chaude et adapté aux appartements. "L'eau potable on peut la boire et nous indirectement on urine dedans et c'est comme si j'insulte la planète, et je me suis demandé comment on peut faire parce dans les maisons il peut y avoir des récupérateurs d'eau de pluie, mais beaucoup de gens vivent en appartement", explique Sidi Drici qui martèle ce chiffre : 9. Neuf comme le nombre de litre contenus dans une chasse d'eau moyenne. Et si en France Sidi Drici a eu des clients, c'est surtout en Suisse qu'il a installé des récupérateurs d'eau de douche pour alimenter les toilettes, chez des particuliers et même des maisons de retraite.

Publicité
Le récupérateur d'eau de douche inventé par Sidi Drici.
Le récupérateur d'eau de douche inventé par Sidi Drici.
© Radio France - Sophie Constanzer

Irriguer grâce aux eaux usées traitées

Au total ce vendredi 12 août, 93 départements sont concernés par une restriction, au-delà de la vigilance météo, sur au moins une partie de leur territoire. Le nombre de départements en situation de crise, le niveau le plus élevé, est passé à 73 selon le ministère de la Transition écologique. Des restrictions qui touchent notamment les agriculteurs, avec par exemple la baisse des quotas d'irrigation. Dans le Puy-de-Dôme, l'Association syndicale autorisée (ASA) de Limagne noire utilise depuis 1998 les eaux usées traitées de la station d'épuration de Clermont-Ferrand. Quelque 55 exploitations ont ainsi un droit d'eau -limité- pour irriguer leurs champs où l'on cultive blé, pommes de terre, oignons ou encore maîs grain pour l'alimentation.

Il s'agit de la plus grosse réalisation en France, 750 hectares sont ainsi irriguées grâce à ces eaux, qui une fois sorties de la station d'épuration, sont stockées minimum 13 jours et traitées dans des bassins. "C'est un modèle transposable mais il faut des bassins et de la surface", souligne Christophe Cautier, président de l'ASA Limagne noire. Ces eaux usées traitées couvrent 100% des besoins en irrigation dans cette plaine de Limagne.

De la vigne au verger : le cercle vertueux des Caves de la Loire

Dans le Maine-et-Loire, les Caves de la Loire qui regroupent 120 vignerons, mettent à disposition d'un arboriculteur les eaux de production. Les eaux issues du lavage des cuves, du pressoir, des bouteilles, qui après traitement servent à irriguer les vergers de pommes et de poires d'Olivier Brault. 12.500 mètres cubes d'eau ont ainsi été prélevées dans des lagunes cette année et les eaux qui restent servent à l'épandage.

Laure Vaidis responsable qualité des Caves de Loire et Olivier Brault, vigneron et arboriculteur.
Laure Vaidis responsable qualité des Caves de Loire et Olivier Brault, vigneron et arboriculteur.
© Radio France - Sophie Constanzer

Mieux penser son potager et son jardin

Les restrictions concernent les agriculteurs mais aussi les particuliers et notamment les jardiniers amateurs. En Mayenne, le Centre permanent d'initiative sur l'environnement (CPIE) propose des cours pour changer les habitudes et consommer moins d'eau. Exemple dans le potager de Michel à Martigné-sur-Mayenne. Son mantra : "paillez, paillez, paillez !". "Mes choux de Bruxelles vont d'avantage résister grâce au paillage par exemple, ils sont haut et protègent mes blettes", explique ce jardinier passionné. Un arrosage tous les 3, 4 jours seulement y compris en temps de canicule et pas question de gaspiller l'eau. "Je récupère toute l'eau possible et imaginable pour arroser : l'eau du lavage de main, l'eau de la douche, car je n'utilise que du savon de Marseille, et l'eau de lavage des légumes, ça fait 10 ans et ça marche !".

Des salades protégées du soleil dans un potager en Mayenne.
Des salades protégées du soleil dans un potager en Mayenne.
© Radio France - Sophie Constanzer