"Oups le site a planté" : une association pointe les bugs du site d'inscription sur les listes électorales

Publicité

"Oups le site a planté" : une association pointe les bugs du site d'inscription sur les listes électorales

Par
Les citoyens ont jusqu'au 2 mars pour s'inscrire en ligne et jusqu'au 4 mars en mairie.
Les citoyens ont jusqu'au 2 mars pour s'inscrire en ligne et jusqu'au 4 mars en mairie.
© Maxppp - PHOTOPQR/OUEST FRANCE

À un mois et demi du premier tour de l'élection présidentielle, le gouvernement va lancer une "grande campagne" d'incitation à l'inscription sur les listes électorales. Mais l'association "Tous élus" déplore une opération tardive et de nombreux bugs sur le site officiel.

Il ne reste plus qu'une semaine pour s'inscrire sur les listes électorales. Le compte à rebours est lancé pour pouvoir voter à la présidentielle les 10 et 24 avril prochain. Clôture des inscriptions en ligne le 2 mars et des inscriptions en mairie le 4 mars. Mais dans la dernière ligne droite, un élément met des bâtons dans les roues des mal-inscrits et non-inscrits : le site du service public. D'après l'association "Tous élus", engagée depuis 2017 dans la lutte contre l'abstention, le site affiche régulièrement des messages d'erreur, ce qui décourage certains citoyens.

Début février, elle a lancé la campagne "Tous inscrits", visant à lutter "contre la mal-inscription sur les listes électorales", explique Ninon Lagarde, coordinatrice de l'opération. En France, les spécialistes de la question estiment qu'il y avait 5 millions de non-inscrits et 7 millions de mal-inscrits lors de la dernière présidentielle, essentiellement des jeunes puisqu'ils déménagent plus souvent et ne font pas forcément la démarche de se réinscrire dans leur nouveau bureau de vote.

Publicité

Le site "plante toutes les cinq minutes"

"Tous les jours, on a des animateurs qui accompagnent les citoyens pour faire la démarche en ligne et on s'est rendu compte que le site ne fonctionne pas", explique Ninon Lagarde. "Il plante régulièrement, ce qui amène des tonnes de citoyens à rebrousser chemin. La procédure est déjà complexe à l'origine parce qu'il faut trouver un justificatif de domicile - ce qui n'est pas simple pour les jeunes - et faire tout un parcours sur un site qui n'est pas particulièrement pratique. Mais là, en plus, se rajoutent les problématiques d'un site qui plante toutes les cinq minutes." L'association a réalisé un rapide comptage, sur deux semaines, avec un panel de 200 personnes accompagnées. Verdict : la moitié a rencontré des difficultés. "Ça dépend des jours. Il y a des jours où ça bug pour personne et d'autres où ça bug pour 100% des gens." Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes se plaignent eux aussi de pannes à répétition.

L'association a alerté à plusieurs reprises le ministère de l'Intérieur sur Twitter. "On a eu quelqu'un qui nous a dit qu'ils allaient réparer", indique Ninon Lagarde. Le compte @servicepublic.fr renvoie sur le "service support".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Contacté, le ministère de la Citoyenneté indique ne pas avoir reçu de plainte. Ces derniers jours, des difficultés ont bien été constatées par le ministère mais "le problème a été résolu rapidement".

Mais l'association n'a vu aucune amélioration sur le site. "Par exemple, hier, ça nous a fait une erreur 404. Ça fait 'Oups. Le site a planté.' Et 'merci de revenir à un autre moment'. C'est quand même un peu problématique à huit jours de la clôture des inscriptions", déplore Ninon Lagarde. 

"Il y a plein de gens qui abandonnent !"

Ces bugs constatés par l'association mettent des bâtons dans les roues des citoyens et certains sont découragés. "Il y a plein de gens qui abandonnent ! Nous, on a plein de personnes qui abandonneraient si on n'était pas derrière elles pour leur dire 'Ok, nous, on a compris ce qui ne marche pas sur ce site qui plante. Il suffit de vider le cache. Qu'est-ce que ça veut dire vider le cache ? Comment est-ce qu'on retourne en arrière ?'", souligne la coordinatrice de Tous inscrits. "On a réussi à inscrire pas mal de monde mais on se dit que, quand on fait des campagnes là-dessus, et qu'on fait face à un site qui plante, c'est quand même compliqué." Le ministère de la Citoyenneté rappelle que ces trois dernières semaines, 600.000 citoyens se sont inscrits sur les listes électorales, dont 400.000 via le nouveau site elections.interieur.gouv.fr mis en place par le gouvernement.

"Tous élus" déplore un manque d'anticipation

L'association regrette surtout le manque d'anticipation du gouvernement. Ce dernier a repoussé la date de clôture des inscriptions au 4 mars pour laisser plus de temps aux citoyens, contre le 31 décembre 2016 pour l'élection présidentielle précédente. Le ministère de l'Intérieur a lancé son nouveau site fin janvier ainsi que plusieurs dispositifs pour inciter à voter et le gouvernement va lancer une "grande campagne" d'incitation au vote vendredi. 

Trop tard pour réparer à temps les bugs repérés selon l'association. "Le site est très joli, fonctionne bien. Mais dès qu'on clique sur les boutons pour vérifier son inscription ou s'inscrire sur les listes électorales, on tombe sur la plateforme de service public qui, elle, ne fonctionne pas", justifie Ninon Lagarde. Elle regrette que le gouvernement n'ait pas fait plus durant le quinquennat, par exemple pour faciliter l'inscription automatique sur la liste électorale de la commune du nouveau domicile en cas de déménagement.