Parcoursup : les épreuves du bac passées en mars vont être prises en compte pour la première fois

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Parcoursup : les épreuves du bac passées en mars vont être prises en compte pour la première fois

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La deuxième phase de Parcoursup démarre le 18 janvier 2023 et se terminera le 9 mars.
La deuxième phase de Parcoursup démarre le 18 janvier 2023 et se terminera le 9 mars.
© Corbis - XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

À partir de ce mercredi, les élèves de terminale et les étudiants en réorientation peuvent commencer à formuler leurs vœux dans Parcoursup. Et pour la première fois cette année, les notes de spécialités au bac (celles des épreuves passées en mars) seront prises en compte dans la plateforme.

Les élèves de terminale et les étudiants en réorientation pourront commencer à formuler leurs vœux dans Parcoursup à partir de ce mercredi. Ils ont jusqu'au 9 mars pour le faire, et jusqu'au 6 avril pour finaliser leur dossier. Ils recevront les réponses à leurs demandes d'admission à partir du 1er juin.

Grande nouveauté cette année : les notes des épreuves du bac que les élèves de terminale passeront en mars sur leurs enseignements de spécialités seront prises en compte dans Parcoursup. L'an dernier, les épreuves s'étaient déroulées en mai et les notes n'avaient pas pu être intégrées.

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Une épreuve trop précoce selon les professeurs de lycées

Jusque-là dans Parcoursup, les seules notes du bac qui figuraient dans les dossiers des candidats étaient celles de l'écrit et de l'oral de français, que les élèves passaient en classe de Première. Cette année, celles des épreuves de spécialités de terminale seront ajoutées.

Julien, professeur de sciences économiques et sociales dans l'académie de Créteil, craint que les notes de ses élèves ne soient pas tout à fait représentatives, étant donné que les épreuves ont lieu très tôt, en mars. "La préparation aux épreuves du bac est raccourcie de trois mois par rapport aux années précédentes", explique-t-il. "Il est impossible de faire acquérir des méthodes rigoureuses de réflexion et de rédaction aux élèves dans un délai aussi court. Si c'est déterminant pour telle formation, le risque est que ces notes ne représentent pas le niveau de l'élève", selon lui. "Au milieu de l'année, les acquisitions sont en cours. On ne peut évaluer qu'une maîtrise incomplète des méthodes et des notions. Donc le signal d'une note en mars n'est pas le bon par rapport aux capacités des lycéens, futurs étudiants, à réussir leur première année dans le supérieur", se désole l'enseignant.

"En revanche, c'est un très bon critère si on veut un outil de classement et de hiérarchisation sociale. Moi ce qui m'importe davantage, c'est d'avoir le temps, d'aller au cœur des sujets du programme que j'enseigne et d'avoir le temps de préparer les élèves jusqu'au bout, jusqu'à mi-juin pour qu'en septembre, ils puissent pleinement réussir dans l'enseignement supérieur". Les élèves n'apprennent pas au même rythme et les plus fragiles auraient besoin de semaines ou de mois supplémentaires pour progresser, regrettent certains enseignants. Pour éviter l'incertitude, des lycéens préfèrent s'inscrire à d'autres formations hors Parcoursup.

Julien s'inquiète aussi du mode opératoire : "Si cette note est utilisée par les formations, avec quelle pondération, quel algorithme ?", s'interroge-t-il. Chaque formation fixe ses critères d'appréciation des dossiers.

Une mesure saluée par ceux qui vont évaluer les dossiers

De leur côté, les professeurs chargés d'examiner ces dossiers voient plutôt d'un bon œil ces deux indicateurs supplémentaires. "C'est la même épreuve pour tout le monde, donc c'est le côté positif. Ce sera un moyen de comparaison", estime Cécile, enseignante en classe préparatoire dans l'académie de Bordeaux. Elle évoque les classes aux niveaux très différents : un élève moyen dans une excellente classe aurait pu avoir de meilleures notes de contrôle continu dans une classe de niveau moyen. Les épreuves du bac permettent un lissage des notes.

Le ministère de l'Enseignement supérieur estime que ce choix d'intégrer les notes de spécialités "permettra ainsi de mieux prendre en compte les résultats des élèves, sur un pied d’égalité".

"Ce qui sera facile à vérifier", ajoute Cécile, "c'est si la note de bac est à peu près cohérente avec la note de l'année. Pour nous, ce sera une aide dans ce sens-là. Mais ce qui va être compliqué à gérer, c'est quand on va avoir des notes très différentes entre la note du bac et la note de l'année. Il va falloir que nous aussi, on se mette d'accord sur comment on comptabilise l'une des notes par rapport à l'autre, sachant que dans notre lycée, on n'a pas d'algorithme, on fait un examen des dossiers classique", anticipe la professeure.

L'enseignante de classe préparatoire a déjà un avis sur la question : "Un élève a aussi un peu le droit à l'erreur quand même et je me dis que si un élève a deux notes extrêmement différentes, il faut quand même se poser des questions : Est-ce que c'est un élève qui a paniqué le jour du bac ? Est-ce que c'est un élève qui au contraire a très bien réussi le jour du bac, donc cela veut dire qu'il n'y a pas de stress à un examen ? Ou un élève qui s'est mis à travailler pour le bac ? Il y a tellement de façons d'interpréter des notes que cela va être un peu compliqué. Je refuse de dire que je ne regarderai que cette note. On a aussi les bulletins de Première, les bulletins de Terminale. Je pense qu'il ne faudra pas recruter qu'en regardant les notes du bac. Pour moi, ce ne serait pas très juste. Il y a aussi quand même tout le passif de l'élève", explique Cécile.

Quand les commissions examinent les dossiers d'étudiants en réorientation, elles ont les notes du bac de l'année passée. "On les regarde, en plus du dossier", raconte Cécile. "Si c'est un élève qui a très bien réussi au bac, on lui donne une chance. Donc ça joue. Et je pense qu'on fera exactement la même chose pour les élèves de terminale cette année".

Les candidats connaîtront leurs notes mi-avril, au moment où elles seront communiquées aux formations auxquelles ils postulent. "En amont de la récupération, à la mi-avril, des données des candidats par les formations de l’enseignement supérieur, pour l’analyse des candidatures, détaille le ministère, les élèves de la filière générale et technologique se verront communiquer leurs résultats de façon concomitante sur leur espace candidat au baccalauréat et dans leur espace de candidature sur le site Parcoursup. La date sera précisée avant les épreuves sur les enseignements de spécialités, prévues du 20 au 22 mars."