Paris 2024 : le canoéiste Denis Gargaud révolutionne sa technique de pagaie pour les Jeux

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Paris 2024 : le canoéiste Denis Gargaud révolutionne sa technique de pagaie pour les Jeux

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Denis Gargaud a imaginé une nouvelle technique de pagaie
Denis Gargaud a imaginé une nouvelle technique de pagaie
© Maxppp - Daniel Schäfer

Le triple champion du monde, médaillé d'or aux Jeux de Rio, Denis Gargaud qui a un objectif : Paris 2024. Lui qui n'avait pas été sélectionné pour les JO de Tokyo l'été dernier a trouvé un moyen de se relancer : une toute nouvelle technique de pagaie qu'il travaille depuis près d'un an.

L'équipe de France canoë-kayak slalom a lancé sa saison internationale. Ils étaient 13 athlètes tricolores en Slovaquie pour les Championnats d'Europe de ce jeudi 26 à ce dimanche 29 mai. Parmi eux, le triple champion du monde, médaillé d'or aux Jeux de Rio, Denis Gargaud qui a un objectif : Paris 2024. France Inter l'a rencontré en plein stage olympique à Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne).

On a ouvert les vannes du stade d'eau vive à Vaires-sur-Marne, futur site de Paris 2024 pour le canoë slalom. Denis Gargaud s'élance, la pagaie à droite, et loupe une porte qui décidément lui donne du fil à retordre. "En canoë, on pagaie soit à gauche soit à droite parce qu'on n'a une seule rame. On n'a pas une double pagaie comme en kayak et donc, quand on est petits, on nous apprend à choisir un côté. J'ai fait toute ma carrière à gauche et aujourd'hui j'essaye d'apprendre à pagayer à droite et l'objectif est d'être aussi fort à droite qu'à gauche, ce qui est très ambitieux. C'est un peu comme si un joueur de tennis avait deux coups droits et deux revers ".

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Sur l'eau c'est frappant : il change de prise en une fraction de seconde. Ce qui lui permet de ne plus se tordre quand il passe une porte à droite alors qu'il pagaie avec la main gauche. Mais le geste n'est pas encore naturel pour l'athlète. "Il y a déjà un aspect cérébral parce que je suis habitué à positionner mon corps et mon embarcation avec un appui à gauche. Aujourd'hui il faut que j'apprenne à le faire avec une pagaie à droite. Au niveau du regard, on niveau de la compréhension, de la mobilité et de la proprioception, ce sont des choses qui évoluent et qui me perturbent. Et au niveau physique, je ne transmets pas la même force à mon bateau avec la main gauche ou avec la main droite ".

Une technique plus commune chez les femmes

Une technique qui pourrait, à terme, lui faire gagner jusqu'à trois secondes sur une descente : c'est considérable. L'entraîneure nationale Marianne Aghulon suit de près la séance de Denis Gargaud " C'est toujours difficile de sortir de sa zone de confort technique. Là il explore de nouvelles sensations, de nouvelles trajectoires, de nouvelles façons de réaliser un parcours donc c'est beaucoup de chamboulement ". Pagayer des deux côtés, c'est encore rare chez les hommes mais plus commun chez les canoë dames selon la coach : "En général elles pagaient des deux côtés, c'est-à-dire qu'elles changent de bordée. Elles font ça depuis une dizaine d'années. Denis l'avait déjà aussi exploré en canoé biplace ".

En individuel, il n'était pas question d'adopter trop vite cette technique. Mais cette fois ça y est ! C'est même nécessaire pour se relancer avant les Jeux de Paris. Médaillé d'or en slalom à Rio, il y a six ans, Denis Gargaudn'a pas pu défendre son titre olympique à Tokyo l'été dernier, le ticket pour le Japon lui a échappé à une demie seconde lors des sélections. " Un des traits de caractère des grands champions est de savoir se réinventer, savoir se remettre en question, se fixer de nouveaux objectifs. Quand on a tout gagné, comment on refait ? Ou comment on fait différemment ? C'est ce qui m'anime. "

"J'ai l'impression d'avoir une deuxième jeunesse"

Et pour l'instant tous les feux sont au vert pour l'athlète de 34 ans. "Je redécouvre des sensations que j'ai connues quand j'étais jeune au fur et à mesure de ma progression. Du coup c'est très agréable ! J'ai vraiment l'impression d'avoir une sorte de deuxième jeunesse parce que je progresse. Alors que, à mon niveau, progresser c'était du petit détail avant. Et là je sens que je progresse au cours de la séance, c'est jouissif ". Denis Gargaud aura tout le loisir de se tester sur l'eau vive alors que l'été s'annonce intense entre Coupe et Championnat du monde pour les Bleus.