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Paris : un homme soupçonné de nombreux vols après avoir séduit ses victimes sur des applis de rencontre

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L'homme mis en examen est soupçonné d'avoir utilisé plusieurs applications de rencontre pour séduire ses victimes
L'homme mis en examen est soupçonné d'avoir utilisé plusieurs applications de rencontre pour séduire ses victimes
© Maxppp - Arnaud Journois

INFO FRANCE INTER - Un homme soupçonné d'avoir dérobé de l'argent et des objets de luxe à des femmes, après les avoir séduites sur diverses applications de rencontre, a été mis en examen vendredi 24 juin à Paris. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir fait au moins une vingtaine de victimes.

Généralistes, thématiques, communautaires… La multiplicité des applications offre de nombreuses possibilités de rencontre, mais aussi de belles portes d'entrée aux potentiels escrocs, comme ont pu le constater, à leurs dépens, plusieurs habitantes de la Région parisienne. Trois personnes ont été mises en examen le 24 juin à Paris, soupçonnées d'avoir utilisé ces réseaux pour séduire au moins une vingtaine de femmes, avant de leur dérober de l'argent et des biens.

L'enquête a démarré à la suite d'une plainte déposée en octobre 2021 par une femme qui se rend au commissariat du XVe arrondissement afin de déclarer un cambriolage à son domicile, pour un préjudice qu'elle estime à plusieurs milliers d'euros. Un motif de plainte courant, dans la capitale. A un détail près : les voleurs sont entrés dans l'appartement de la famille sans effraction.

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Elle reconnaît son amant parmi les suspects

Les vidéos de surveillance de l'immeuble permettent rapidement de repérer un premier suspect, dont la surveillance conduit à un deuxième homme. Tous les deux sont arrêtés alors qu'ils s'apprêtent à aller écouler des bijoux dans une bijouterie de la Gare du Nord. Des objets dont les enquêteurs pensent qu'ils ont été volés.

La plaignante a alors la désagréable surprise de reconnaître, dans le duo, un homme qu'elle a rencontré via une application de rencontre. Elle était en sa compagnie lorsque son logement a été visité. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir dérobé les clés de sa victime dans son sac et les avoir confiées à un complice, avant de tenir compagnie à sa conquête, le temps pour son acolyte d'aller vider l'appartement.

Lors de sa garde à vue, les policiers découvrent sur le suspect, né en 1986, de fausses cartes d'identité, dont celle utilisée pour séduire l'habitante du XVe arrondissement. Des objets de luxe sont également découverts dans la voiture et aux domiciles du duo.

Applications communautaires

Le système semble bien rôdé, et les enquêteurs de la brigade des enquêtes d'initiative (BEI) ont du mal à croire que le séducteur se soit arrêté à une seule victime. D'autant que ce-dernier multiplie les profils sur les applications, allant des plus connues aux sites communautaires, musulmans comme juifs. Au point de se rendre doté d'une kippa à ses rendez-vous, afin de prouver sa prétendue foi à ses conquêtes.

Combien ont pu succomber aux charmes du jeune homme ? Une première analyse de ses multiples profils sur les applications permet, dans un premier temps, d'identifier trois potentielles victimes. Une recherche plus large conclut, à ce stade, à une vingtaine de femmes ainsi flouées, dans toute la région parisienne ainsi qu'en Eure-et-Loir.

Le préjudice n'est pas toujours aussi élevé que chez la première victime. Selon une source proche du dossier, cet homme, décrit comme "présentant bien" pouvait effectivement dérober des objets de luxe (avec un certain penchant pour la maroquinerie, les bijoux et les vêtements) chez ses conquêtes, mais aussi se servir de leurs cartes bancaires pour de plus petites transactions. Préjudice total estimé : environ 200.000 euros.

Détention provisoire

Une information judiciaire a été ouverte et le séducteur a été mis en examen le vendredi 24 juin pour vol par ruse, vol en réunion, escroquerie, abus de faiblesse, ainsi que violences, certaines femmes ayant été brutalisées lorsqu'elles ont protesté. Son possible complice, né en 93, est lui mis en examen pour vol en réunion, vol par ruse, et escroquerie. Déjà connus de la justice, tous les deux ont été placés en détention provisoire. La sœur du principal suspect, née en 1996, a, quant à elle, été mise en examen pour recel, et placée sous contrôle judiciaire.

Les enquêteurs cherchent maintenant à savoir si cet homme aux multiples profils en ligne a fait d'autres possibles victimes.