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Parité, profil politique, société civile : radiographie de cinq ans de gouvernement sous Macron

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Une partie du gouvernement de Jean Castex, à l'été 2020, dans les jardins de l'Elysée.
Une partie du gouvernement de Jean Castex, à l'été 2020, dans les jardins de l'Elysée.
- Elysée

Il y a cinq ans, Emmanuel Macron arrivait au pouvoir avec des nombreuses promesses. Une parité au sein du gouvernement, des ministres issus de tous les bords politiques, avec de nouveaux visages. France Inter a analysé ces trois gouvernements et leurs remaniements.

Une page se tourne vendredi avec la fin, à minuit, du premier quinquennat Macron. Mais le Premier ministre ne démissionnera pas avant son retour du Vatican dimanche. Jean Castex va représenter la France à l’occasion de la canonisation du prêtre Charles de Foucault. La grande inconnue reste le futur gouvernement, rien ne filtre. Qui reste ? Qui part ? Et surtout, qui sera nommé Premier ministre ? Emmanuel Macron a déjà donné son portrait robot. Il veut "quelqu'un qui est attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive".

Il y a cinq ans, face à la presse, le 28 mars 2017, le candidat Emmanuel Macron avait donné plus d'indications. Il avait dessiné les contours de son futur gouvernement. Des ministres issus de la droite et de la gauche, une parité totale, et des personnalités nouvelles, issues du monde de l’entreprise, pour faire de la politique "autrement". Cinq ans après, nous dressons le bilan de ces promesses, en partie tenues. Si les différents gouvernements comptaient quasiment autant de femmes que d’hommes, le déséquilibre est total quand on compare les portefeuilles les plus importants, réservés en grande majorité aux hommes. On constate également que de nombreux ministres et secrétaires d’État de sensibilité de gauche ont rejoint Emmanuel Macron.

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Une parité respectée

C’était l’une des grandes promesses durant la campagne. Emmanuel Macron souhaitait un gouvernement paritaire. Une fois élu Président de la République, il a d’ailleurs fait de l’égalité entre les femmes et les hommes une "grande cause nationale" de son quinquennat. En comptant ses premiers ministres, deux hommes, les gouvernements étaient globalement paritaires. L’égalité était parfaite en juin 2017, après les législatives, avec 15 hommes et 15 femmes. En juillet 2020, suite à l’arrivée de plusieurs secrétaires d’Etat, le gouvernement Castex comptait 22 femmes et 21 hommes.

Par exemple, en juillet 2019, les femmes sont devenues majoritaires au gouvernement après la démission du ministre de la Transition écologique François de Rugy, à cause des polémiques sur son train de vie fastueux. Lors de sa nomination, le 3 juillet 2020, Jean Castex avait déclarait : "La parité, ça ne se négocie pas. C'est une force, c'est une chance et une évidence" . À cause de départ de certains ministres en mars 2022, la balance s’est déséquilibrée, on compte dix hommes ministres (Jean Castex compris) et sept femmes.

Si la parité a été respectée durant le quinquennat, cela n’a pas été le cas sur les principaux ministères, appelés régaliens. Ils comprennent les ministères de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice, des Affaires étrangères et de l’Economie. Trois femmes ont occupé l’une de ces fonctions : Sylvie Goulard, Florence Parly et Nicole Belloubet. Dans les trois gouvernements, quatre hommes ont occupé un ministère régalien, contre une femme.

La parité au sein d’un gouvernement n’est pas apparue avec Emmanuel Macron. En 2012, sous François Hollande, la première équipe du Premier ministre Jean-Marc Ayrault était composée à 48,6% de femmes d’après un rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes publié en août 2014.

Des nombreux ministres de gauche, peu d’écologistes

Le "ni de droite ni de gauche" élevé comme principe fondamental lors de sa campagne par Emmanuel Macron se retrouve dans les différents gouvernements du précédent quinquennat. En tout, le Président et ses deux premiers ministres (de droite) ont convaincu 29 personnalités de gauche, la plupart l’avait rejoint lors de la campagne et ont obtenu un siège à l’Assemblée nationale. Parmi eux : Olivier Véran, Christophe Castaner et Richard Ferrand.

On compte également 15 élus et politiques de droite : Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Jean-Paul Delevoye. Sept sont issus du MoDem et du centre (Jacqueline Gourault, François Bayrou) quand seulement trois écologistes ont décidé de sauter le pas : Nicolas Hulot, Barbara Pompili et François de Rugy.

De ministres aguerris à la politique

Emmanuel Macron promettait un vent nouveau, avec des visages inconnus, et des personnalités issus de la société civile. "Mon gouvernement ne sera pas fait avec les états-majors des partis politiques. Il faut en finir avec les ministres qui n’ont d’autre légitimité que celle d’un apparatchik" écrivait le candidat en mars 2017 sur Twitter.

Dès le premier gouvernement, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont confié des ministères et nommé des secrétaires d’Etat à des novices de la politique. Certains étaient issus de la fonction publique, comme Elisabeth Borne, Muriel Pénicaud, Agnès Buzyn ou encore Jean-Michel Blanquer. D’autres, de la société civile : François Nyssen, Sophie Cluzel. Des personnalités avec une solide expérience du "monde du travail" et qui siégeait chez LREM à l’Assemblée nationale ont aussi rejoint le gouvernement, à l’image d’Amélie de Montchalin, Brune Poirson et Jean-Baptiste Djebbari.

Parmi les 69 ministres des différents gouvernements, ils sont une poignée à avoir résisté aux remaniements : Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire, Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin, Annick Girardin, Elisabeth Borne, Frédérique Vidal, Marlène Schiappa et Sophie Cluzel. Le périmètre est resté le même pour cinq d'entre eux comme Bruno Le Maire, Jean-Yves Le Drian et Jean-Michel Blanquer. D'autres ont changé de bureau, comme Gérald Darmanin, d'abord aux comptes publics avant d'être promu au ministère de l'Intérieur.