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Pédiatrie : le gouvernement débloque 150 millions d'euros et annonce un "plan d'action d'urgence"

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Les soignants ont alerté sur les conditions difficiles de travail
Les soignants ont alerté sur les conditions difficiles de travail
© AFP - Lionel Bonaventure

Après une lettre ouverte de 4 000 soignants en pédiatrie vendredi, le ministre de la Santé François Braun a annoncé dimanche le déblocage immédiat d'une enveloppe de 150 millions d'euros pour aider les services "en tension". Cette enveloppe accompagne notamment la mise en place du "plan blanc".

Dimanche, le gouvernement a lancé un "plan d'action immédiat" pour venir en aide aux services de pédiatrie "en tension" à l'hôpital, a annoncé le ministre de la Santé François Braun, quelques minutes après une première annonce d'Olivier Véran, porte-parole du gouvernement.

Une lettre ouverte de 4 000 soignants

Une mesure qui fait suite à la publication vendredi d'une lettre ouverte signée par 4 000 soignants en pédiatrie, dénonçant des conditions de travail et une prise en charge inadaptées, sur fond d'augmentation des cas de bronchiolite chez les tout petits depuis deux semaines.

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Le "plan d'action" prend plusieurs formes : "On déclenche là où c'est nécessaire les fameux plans blancs, pour rappeler du personnel supplémentaire et avoir une meilleure coopération dans les territoires", a déclaré Olivier Véran dimanche matin. Le ministre de la Santé, François Braun, a ajouté le déblocage de 150 millions d'euros pour ces services en tension.

"Répondre à des besoins urgents"

Ces sommes seront disponibles "de manière immédiate" et seront concertées avec les agences régionales de santé et toutes les patries prenantes, afin de déterminer comment cette enveloppe sera répartie, selon l'entourage du ministère. "L'objectif est de pouvoir répondre à des besoins urgents" notamment la mise en place de renforts du personnel.

Si le gouvernement a assuré que ces mesures d'urgence avaient vocation à "faire la jointure avec des mesures plus pérennes", les réactions à l'annonce de ce plan étaient plus mesurées : "Le problème ce n'est pas les sous, mais reconnaître le statut des soignants, leur donner envie de travailler en hôpital, mettre des vrais ratios soignants par enfant" affirme Isabelle Desguerre, cheffe du service de neuropédiatrie à l'hôpital Necker, à Paris.

Des "assises de la pédiatrie" au printemps

Pour Mélodie Aubart, neuropédiatre à l'hôpital Necker, explique : "On explique qu'on veut des réformes structurelles, urgentes, et on nous répond par un plan blanc utilisé une fois par an depuis 2019 (...) ça ne fait que tendre la façon dont on pratique le soin".

François Braun assure qu'après ce plan d'urgence, des "assises de la pédiatrie" mettront "autour de la table toutes les parties prenantes concernées afin de travailler sur l'ensemble des difficultés structurelles". Deux semaines après le début de l'augmentation des cas, les soignants dénoncent des services déjà "exsangues". "Bien entendu nous prendrons en charge tous les enfants qui nécessitent d'aller à l'hôpital, mais il faut nous aider en évitant d'aller à l'hôpital quand ce n'est pas nécessaire", a répondu le ministre de la Santé.