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Pegasus : les premières investigations judiciaires confortent nos révélations

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Les premières investigations techniques menées par la police judiciaire attestent de la présence du logiciel Pegasus dans les téléphones de journalistes
Les premières investigations techniques menées par la police judiciaire attestent de la présence du logiciel Pegasus dans les téléphones de journalistes
© Getty - Oscar Wong

Alors que le royaume du Maroc a déposé plainte contre Forbidden Stories, Amnesty International et leurs partenaires français Radio France et Le Monde, les premières investigations techniques menées par la police judiciaire attestent de la présence du logiciel Pegasus dans les téléphones de journalistes.

Par Forbidden Stories, Martin Untersinger (Le Monde) et Elodie Guéguen (cellule investigation de Radio France)

Dix jours après nos révélations  et l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris, les premières analyses techniques menées par la police judiciaire, avec l’appui de l’Anssi (agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) confirment que le logiciel fabriqué par la société israélienne NSO a bien été utilisé pour tenter d’espionner des Français.

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Selon nos informations, un journaliste de France 24 a accepté de faire analyser son iPhone en début de semaine par l’Anssi. Son numéro figure dans la liste de données à laquelle nous avons eu accès, répertoriant des cibles potentielles du client marocain de NSO. L’expertise, réalisée dans un cadre judiciaire, atteste que le téléphone de ce journaliste français a fait l’objet d’un repérage en vue d’une éventuelle attaque de Pegasus. 

Par ailleurs, les téléphones de la journaliste de Mediapart Lenaïg Bredoux et de son directeur Edwy Plenel ont aussi été passés au crible par les experts. Ils sont arrivés à la même conclusion que le Security Lab d’Amnesty international, partenaire technique de notre enquête journalistique internationale. Les deux téléphones ont bel et bien été infectés par le logiciel espion de NSO. 

Des téléphones de ministres examinés, silence à l’Élysée

Les policiers de l’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC), avec l’appui des services de renseignement intérieur, mènent aussi depuis dix jours des investigations dans le volet politique de cette affaire. Il y a une semaine, nous avons révélé que les numéros du président Emmanuel Macron, de l’ancien premier ministre Edouard Philippe et d’une quinzaine de membres du gouvernement avaient été ciblés par le Maroc.

Plusieurs téléphones de membres de l’exécutif ont d’ores et déjà été analysés. Certains ont-ils été infectés ? Sur ce point, l’Élysée souhaite que rien ne filtre. Les ministres contactés ont tous botté en touche. Ni l’Anssi ni le parquet de Paris n’ont voulu confirmer ou commenter nos informations.