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Plus de deux ans après le début du Covid, on soigne mieux le PIMS, cette infection grave chez l’enfant

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Plus de 1000 enfants ont contracté le syndrome Pims depuis le Covid [photo d'illustration].
Plus de 1000 enfants ont contracté le syndrome Pims depuis le Covid [photo d'illustration].
© AFP - Fabrice COFFRINI

Depuis le Covid, près de 1100 enfants ont contracté le syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique, plus connu sous l’acronyme PIMS. Grâce à la mobilisation de la communauté médicale, il est aujourd’hui très bien traité. Explications, à l'occasion de la journée mondiale du cœur.

Petit retour en arrière. Nous sommes en mai 2020, juste après le déconfinement. Des premiers cas graves d’inflammation due au Covid chez des enfants arrivent aux urgences, certains en meurent et les pédiatres ne comprennent pas. En France, le professeur de cardiologie pédiatrique à l’hôpital Necker Damien Bonnet est l’un des premiers à être alerté. "Au début, nous ne comprenions pas puisque nous avions des enfants accueillis en soins intensifs de cardiologie, en réanimation, avec une maladie qui ressemblait à une maladie ancienne, la maladie de Kawasaki", explique-t-il. "Mais des particularités nous troublaient, et ce n'est que secondairement que nous avons pu faire le lien avec l'infection par le Covid-19."

Cette maladie, Ellie, 6 ans, l’a contractée l’année dernière. "Quand on est parents et qu'on rentre dans une phase comme ça, sur une maladie en plus qui n'est quasiment pas connue ou très peu connue… pendant une semaine, dix jours, on n'a pas vécu", raconte son papa. "On était vraiment très très inquiets." Ellie a été traitée et suivie de près pendant plusieurs mois. Aujourd’hui, elle va très bien et n’a aucune séquelle.

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Une grande fatigue, des éruptions cutanées et des troubles digestifs

Les signaux sont parfaitement connus. "Une quinzaine de jours après l’infection par le Covid, l’enfant a de la fièvre, une éruption cutanée un peu rosée, des troubles digestifs et une fatigue inexpliquée", détaille le professeur Damien Bonnet. "Il faut consulter. Il faut ensuite faire quelques tests biologiques pour savoir si on s'oriente vers un PIMS et si tel est le cas, il ne faut pas être inquiet puisque les traitements sont aujourd'hui extrêmement efficaces très rapidement et restituent parfaitement la fonction cardiaque."

En juillet 2021, la Haute autorité de Santé a publié un avis pour mieux reconnaître les PIMS chez l’enfant et pour bien appliquer le traitement adéquat. "On associe des corticoïdes et des immunoglobulines pour lutter contre cette réaction immunitaire et inflammatoire forte", précise Damien Bonnet. "Et c'est ce qui permet de faire régresser en particulier l'œdème cardiaque."

Des enfants avec une prédisposition génétique ?

Une fois que les médecins ont compris les mécanismes inflammatoires, ils ont cherché à comprendre s’il existait des fondements génétiques à cette maladie. "Chez l'adulte, il y a une base génétique pour les formes graves du Covid-19", rappelle Damien Bonnet. "Et la même chose a été identifiée par le consortium 'Human Genetic Effort', coordonné par le professeur Jean-Laurent Casanova. Il a permis d'identifier des gènes de susceptibilité aux PIMS chez les enfants. Autrement dit, certains enfants vont avoir des prédispositions génétiques pour développer cette maladie."