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"Plus on écrit, plus on vit, et plus on vit, plus on écrit" - Best-of de Boomerang

"Plus on écrit, plus on vit, et plus on vit, plus on écrit" - Le musicien Tim Dup dans Boomerang
"Plus on écrit, plus on vit, et plus on vit, plus on écrit" - Le musicien Tim Dup dans Boomerang
© Getty - Elizabeth Fernandez

Rétrospective des plus beaux moments de "Boomerang" cette semaine : le photographe Sebastião Salgado, la comédienne Charlotte de Turckheim, l'architecte Rudy Ricciotti, la réalisatrice et auteure de BD Nine Antico, le musicien et chanteur Tim Dup sont venus ce confier au micro d'Augustin Trapenard.

Ne manquez rien des plus beaux moments des entretiens de Boomerang cette semaine avec le mix réalisé par Anouk Roche :  

Le Best-of de Boomerang du vendredi 28 mai 2021

15 min

Sebastião Salgado

Au micro d'Augustin Trapaenard, le photographe est revenu sur sa façon de transmettre son propre regard de la vie par ses objectifs ; quels sont les pouvoirs de la photographie et quels sont les changements induits par les nouveaux moyens de communication. "Amazonia", sa nouvelle exposition se tient à la Philharmonie de Paris où il présente les sept années qu'il a immortalisées, au contact des tribus indiennes, captant dans son objectif leur mode de vie primitif. 

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SS : "Le langage photographique, c'est un langage purement esthétique. On travaille avec la lumière, on travaille avec des plantes, on travaille avec des espaces. Un langage qui a un pouvoir immense

C'est un pouvoir qui n'a pas besoin d'interprétation, qui n'a pas besoin de traduction. Il est le pouvoir lui-même. Si on regarde une photo en Chine, qu'on regarde une photo en France, elle a les mêmes pouvoirs partout. On n'a pas besoin de l'adapter.

Aujourd'hui, on a un nouveau langage qui est fait à travers de l'image, mais c'est un langage de communication, ce n'est pas la photographie, car la photographie, c'est la mémoire, c'est le miroir de la société. 

Quand on fait un portrait, la relation des photographes avec la personne photographiée marque une intensité énorme. On donne l'attention à la personne qu'on photographie, il faut maintenir ces rapports forts avec le photographe. Quand on photographie quelqu'un avec toutes ses parures, tous ses peintures mélangées à la forêt, il y a une chose de l'autre qui ressort. Mais quand on l'isole dans le studio, là, on a un détachement de toute cette beauté.

Si on va photographier des arbres, il faut qu'on se sente proche de la nature. Il faut qu'on se sente "nature", il faut qu'on respecte l'arbre, tout ce qu'il y a autour de nous. 

L'Amazonie, c'est le paradis, c'est une dimension presque impossible à transmettre même en images. J'ai essayé avec mes photos, en essayant de donner cette générosité, cette immensité, cette beauté. 

J'ai trouvé en Amazonie toutes les lumières. Notamment la saison des pluies : c'est démentiel, ces nuages, ces éclairs, cette densité de pluies, cette évaporation, c'est spécial, c'est unique, c'est presque impossible à expliquer par des paroles. 

On a détruit aujourd'hui à peu près 17,3 % de tout l'espace amazonien… Quand on voit cette blessure, c'est terrible. Jamais on arrivera à protéger l'écosystème amazonien seulement avec les contrepouvoirs brésiliens, on a besoin de toute la planète !"

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Charlotte de Turckheim

La célèbre comédienne et cinéaste vient de faire paraître "Dictionnaire de ma vie", une formidable autobiographie où elle retrace son parcours. Aux côtés d'Augustin Trapenard, elle est revenue sur la génération cinématographique à laquelle elle a fait partie puis notamment l'influence de Coluche sur son style :

CT : "D'un seul coup, sur scène, Coluche disait des gros mots et, pour moi, c'était comme une espèce de révolution de dire "merde", "bite", "poil", "couilles", "connard" sur scène ! Quand j'ai vu Coluche pour la première fois, c'était comme un tsunami dans ma tête. Je me suis dit "mais qu'est-ce que c'est que ce génie ?"

Ça a été plus qu'un soutien parce que, ce qui m'épate, c'est de me rendre compte que des années, même après sa disparition, il y a quelque chose qui me revient de lui : un conseil, une phrase, une façon d'aborder la vie, mais, surtout, une manière toujours décalée de voir les choses. Il nous poussait sans arrêt à aller vers la facilité, alors qu'on est élevé avec l'idée qu'il faut en chier, avec la valeur travail, la valeur souffrance, quand lui disait que, justement, il faut aller vers le plaisir, faire ce qui t'amuse, ce qui fera rire les autres, aller vers la légèreté, et ne pas s'emmerder avec le boulot".

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Rudy Ricciotti

L'architecte signe "Le beau, le brut et les truands", où il partage un dialogue avec Paul Chemetov, maitre de l’architecture contemporaine, alors âgé de 92 ans. Quelle définition donner au beau ? La beauté n'est-elle qu'apparence, esthétique ou est-elle, au contraire, bien plus subtile que cela ? il y aura ici deux conceptions qui invitent à la réflexion philosophique de l'architecture. Retrouvez l'entretien de Rudy Ricciotti dans Boomerang

RR : "L'architecture est un langage. C'est la moindre des choses. Le vrai sujet, c'est de faire en sorte que ce langage soit présent et à la fois assez distant. Il ne s'agit pas non plus de faire de chaque architecture un déballage de mots et de sens, il y a un effacement nécessaire. Mais, malgré tout, il y a une résistance aussi de l'architecture qui doit permettre de parler à celui qui la regarde.

Ce qui fait la beauté d'une construction, c'est la notion de récit qui l'accompagne, qui porte l'ouvrage et qui développe cette perception poétique. Il n'y a pas de hasard. La valeur du travail structure, conditionne tout le récit émotionnel d'un ouvrage. 

S'il n'y a pas d'effort, il n'y a pas de valorisation poétique. C'est la moindre des politesses de produire de l'émotion. 

La première fois que j'ai ressenti de telles choses, j'étais enfant, j'habitais en Camargue et j'ai vu un blockhaus en béton par lequel j'ai été fasciné. Je ne savais pas de quoi il parlait. J'ai trouvé ça érotique, avec cette idée de solitude, d'abandon, de mal-aimé, et j'essayais de rentrer dedans en profondeur, c'est un endroit qui m'a fasciné par cette romance, par cet objet abandonné, désespéré, dont je ne voyais pas la violence, mais qu'il était seul.

Les mots sont là pour nous aider, et ne pas les utiliser, ça manque de générosité. Je pense qu'il faut s'en servir. Le déficit des mots, lorsqu'on abandonne leur frontalité, est extrêmement pénible". 

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Nine Antico

Si sa passion pour la BD ne l'a jamais quittée, Nine Antico signe son tout premier film Playlist, avec Sara Forestier et Leatitia Dosch, qui sortira le 2 juin. Nine Antico était dans Boomerang

NA : "Je dessinais des femmes. C'était mon obsession. Mais je ne comprenais pas ce que je faisais et je voyais juste que j'avais une attirance pour le portrait. Progressivement, avec l'adolescence, j'ai commencé à beaucoup redessiner les photos de mode, les campagnes publicitaires. Je savais que je cherchais quelque chose et je continuais à dessiner en étant frustrée, en ne sachant pas ce que je faisais. Et le déclic est venu vers vers 20 ans, quand j'ai commencé à éclore tous ces premiers choix qui ont fait que j'ai commencé à dessiner les gens autour de moi, à chopper leur gestuelle et à sortir des bribes de conversation. 

En bande dessinée, j'ai vraiment des façons de croquer les femmes : la façon dont on va se tenir la main sur la hanche, les petites choses, c'est vraiment les gestes que j'essaye de choper quand je dessine". 

J'ai toujours aimé les détails, comme choper des phrases, l'essence de quelqu'un, c'est vraiment le détail qui donne la nature de la sensibilité de l'auteur 

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Tim Dup

Il n'a jamais vraiment souhaité se revendiquer chanteur, mais avant tout musicien. Pourtant, à l'âge de 22 ans lorsqu'il consacre ses premières œuvres, son écriture exprime déjà une maturité extraordinaire, donnant à entendre des textes témoignant de "la mélancolie heureuse", titre de son premier album. Aujourd'hui il a 26 ans et après "Qu'en restera-t-il ?" son troisième album "La course folle" est en voie de sortir prochainement. Il est venu partager sa voix dans Boomerang

TD : "Plus on écrit, plus on vit, et plus on vit, plus on écrit. Ça vide beaucoup et ça remplit aussi. Ça précise beaucoup d'émotion, ça précise des envies. Et puis, ça raconte des histoires surtout.

Heureusement qu'il faut des formes de radicalité dans plein de choses, mais j'aime bien cette idée de nuances, de doute. J'ai une copine qui m'appelle "Monsieur Nuances", ça me fait rire, et ça me va bien. C'est vrai que se poser des questions ce n'est pas forcément bien vu, alors que si on se posait plus de questions, peut-être que le monde serait plus souriant, plus ouvert, plus à l'écoute.

Ce n'est pas toujours bien vu de ne pas avoir des convictions très tranchées, très radicales. Il y a dans le présent cette mélancolie heureuse que je trouve assez formidable. 

Il y a cette phrase de Cocteau qui me suit depuis des années : 

Le temps des hommes et de l'éternité pliés

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Aller plus loin 

🎧  SUIVRE - Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05 

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