Le médecin Baptiste Beaulieu a gaffé et ramé
Le médecin Baptiste Beaulieu a gaffé et ramé ©Getty - Westend61 - WEST
Le médecin Baptiste Beaulieu a gaffé et ramé ©Getty - Westend61 - WEST
Le médecin Baptiste Beaulieu a gaffé et ramé ©Getty - Westend61 - WEST
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L’humour et l’auto-dérision sont les meilleurs moyens de ne pas couler parfois... Le médecin chroniqueur Baptiste Beaulieu n'a pris qu'une semaine de vacances cet été. Il le paye déjà.

Alors voilà, j’ai assuré une consultation toute l’année (pas tous les jours, comme… la plupart des médecins qui ont la chance d’exercer en cabinet de groupe où l'on peut se relayer les uns les autres), et j’ai aussi fait nombre de visites à domicile pour les patients incapables de se déplacer (résultat : j’ai d’énormes cuisseaux de cheval à la place des jambes).

Cet été, j’ai pris une petite semaine de vacances, mais ce n’était pas suffisant, je crois parce que la fatigue a eu raison de mon attention la semaine dernière. Vous voyez les phrases un peu passe-partout qu’on a tendance à sortir quand on manque d’attention ou quand on a pas grand chose à ajouter ?

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La semaine dernière, j’en ai sorti une au pire des moments, je crois. Et après j’ai patiné dans la semoule. Et ce n’était pas la bonne semoule de ma patiente préférée, Madame Chahid. C’était de la bonne grosse semoule, épaisse et lourde, plus sable mouvant que semoule.

Un patient que j’aime beaucoup, je m’occupe de ses deux grandes filles depuis longtemps, vient consulter. À la fin de la consultation, au moment de se quitter, je lui demande : "Et au fait comment va Julie ? Et Manon ?"

Il me répond, "Ça va, Julie est expert comptable, et Manon, elle, termine ses études. Elle pourra s’installer comme sexologue dans quelques mois".

Je ne savais pas quoi répondre, alors j’ai dit :

- "Ah sexologue ? C’est top, on en a besoin !"

Puis je me suis aperçu de ce que j’avais dit, ou de qu’il pouvait comprendre, alors que c’était un "on en a besoin" du même genre que "Ah ! Tiens experte comptable, on en a besoin" ou "Il fait beau aujourd’hui, on en avait bien besoin !".

Et là (erreur fatale) j’ai jugé opportun d’ajouter :

- "Enfin… pas moi !"

Il y a eu un grand silence, et bien sûr, plutôt que de d’arrêter là le massacre, j’ai ajouté :

- "Ce que je veux dire, c’est que je vais très bien."

Nouveau grand silence.

Et j’ai un petit "Vous voyez ce que je veux dire ?" qui est sorti.

C’était le "Vous voyez ce que je veux dire", le plus suspect/bizarre/je rame/ de l’histoire des "Vous voyez ce que je veux dire".

Je ne ramais plus, je coulais

Vous avez remarqué combien cette rentrée est plombante ? L’inflation, la guerre, les coronavirus et les varioles, le dérèglement climatique. Et vous avez remarqué comme l’humour et l’auto-dérision sont les meilleurs moyens de ne pas couler parfois ? De se remettre à marcher droit ? Le rire est le plus court chemin entre deux personnes ? Tant mieux, on manque cruellement de chemins entre les gens.

Bisous sur votre front et bon courage en cette rentrée difficile : tenez le cap !

L'équipe

Baptiste Beaulieu
Production