La cicatrice est un souvenir laissé sur la peau ©Getty - WIN-Initiative/Neleman
La cicatrice est un souvenir laissé sur la peau ©Getty - WIN-Initiative/Neleman
La cicatrice est un souvenir laissé sur la peau ©Getty - WIN-Initiative/Neleman
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Résumé

Un vieux monsieur que la cicatrice a rendu encore plus beau et une dame âgée qui tente d'effacer son numéro de matricule à Auschwoitz.. On est pas tous égaux face aux souvenirs laissés sur la peau. Le sujet du jour, de l'émission Grand bien vous fasse, la peau, a fait resurgir une expérience d’étudiant au médecin.

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Je dois avoir 24 ans. Je suis en stage en gériatrie et parmi les patients du service, il y a celui de la chambre 12. Ce vieux monsieur a une cicatrice qui lui barre la moitié du visage. Un grand point d’interrogation qui descend du coin de l’œil au menton. La vie a mis une étrange ponctuation sur son visage.

Alors nous, dans le service, évidemment, on VEUT savoir. On est curieux. Qui ne l’est pas ?

Mais personne n’ose lui demander l’origine de cette cicatrice.
Un jour, je vais m’asseoir près de lui et je le questionne sans détour :

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– C’est quoi cette marque sur votre visage ?

Lui, il est content de raconter. Aucune gêne dans sa voix. Il raconte le pourquoi du comment et j’écoute avec plaisir. J’aime les histoires.
[…]
Sa conclusion est la suivante :
– J’avais quatre ans quand c’est arrivé. Cela ne m’a pas empêché de vivre, d’être heureux. Des femmes sont tombées amoureuses, l’une d’elles a su m’attraper comme il faut, elle m’a fait QUATRE enfants.  

4 min

Cette cicatrice n’est pas un handicap, elle ne l’a jamais été

Elle fait partie de lui, elle est SON histoire, celle d’un homme parmi les autres hommes. A l’époque, une coïncidence interpelle ma toute jeune humanité, une coïncidence que je trouve étrange, poétique, fulgurante : à côté de la chambre 12, dans la numéro 11, il y a une vieille dame très élégante.
Elle et le Monsieur à la cicatrice ne se voient pas, ils ne se croiseront peut-être même pas dans les couloirs. Pourtant, ils ont ces deux aventures en commun : la vieillesse et une IMMENSE cicatrice.
Il y a celle de Monsieur, il la porte en travers de la figure. Et il y a celle de Madame. Elle me confie, une fois :

Toute ma famille est morte à Auschwitz

Elle a tourné sa main : à l’avant-bras, sous le fond de teint qu’elle applique scrupuleusement tous les matins, un numéro dont l’encre est à moitié effacée…
On est pas tous égaux face aux souvenirs…

Paul Valery disait :

Ce qu’il y a de plus profond chez l’homme, c’est la peau

Ma grand-mère, elle, disait autre chose. Elle disait : “Baptiste, essaie toujours de voir les choses simples derrière les choses compliquées, émerveille-toi des choses compliquées derrière les choses simples.”  Eh bien vous savez quoi ? Ils avaient tous les deux raison. 

Références

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